Agression sexuelle : le conseil municipal de Corcelles-lès-Citeaux démissionne en bloc pour demander le départ du maire

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Les douze conseillers municipaux de la commune de Corcelles-lès-Citeaux (Côte-d'Or) ont démissionné d'un seul bloc durant le week-end du 22 et 23 janvier. Une situation de crise face un maire qui ne veut pas quitter son poste, alors qu'il l'avait annoncé. Ce dernier ayant été condamné à 8 mois de prison avec sursis pour agression sexuelle.

C'est une situation inattendue pour les habitants de Corcelles-lès-Citeaux, en Côte-d'Or, qui ont découvert dans un communiqué déposé dans leurs boîtes aux lettres, le week-end dernier, la démission des douze élus restants du conseil municipal.

"Les Corcellois en ont marre"

C'est après une plainte pour agression sexuelle que les appels à la démission du maire Hervé Petit ont été lancés : le maire aurait imposé un baiser forcé sur une jeune fille de la commune. Des faits qui se sont déroulés fin août 2021.
Le maire a reconnu ces faits et a été condamné à 8 mois de prison avec sursis en novembre 2021.
Suite à quoi le maire s'était pourtant engagé publiquement à quitter ses fonctions.

Pour Sylvie Pezzani, élue démissionnaire, la situation ne devenait plus tenable et l'ensemble du conseil municipal a démissionné : "Depuis deux mois, on recherche des solutions avec tous les élus pour que la commune retrouve son apaisement. Les Corcellois en ont marre. Ils attendent la démission du maire. Nous, en qualité d'élus, nous lui avons demandé de se retirer. Il ne veut pas. Mais nous, on ne peut pas rester. On trouve que l'intégrité et la moralité ne sont plus."

Suite à sa condamnation, la loi n'interdit pas au maire de rester en poste. En revanche, aux yeux du conseil municipal, la démission s'imposait.

Sylvie Pezzani rajoute : "Je ne vais pas refaire son procès. Par contre, tenir un poste de responsable de la mairie, pour nous, ce n'est pas possible, vis-à-vis des Corcellois, mais aussi vis-à-vis de la communauté de communes, de toutes les instances dans lesquelles il peut siéger. "

Des habitants amers

Si, à l'extérieur dans le village, rien ne montre une réelle agitation, il y a néanmoins quelques signes : une banderole affichant "maire démission" suspendue à la corniche d'une maison traduit l'état d'esprit de certains habitants.

Benoît Renard, habitant de Corcelles-lès-Citeaux,  trouve "vraiment triste que eux soient obligés de démissionner pour que quelque chose se passe. C'est lui qui aurait dû démissionner."

Une autre habitante, Sophie Boledovic, qui est née dans le village, déplore : "C'est la première fois que cela arrive, que c'est la pagaille comme ça ! On est dans le flou total. On attend la suite."

Dans l'immédiat, le maire peut toujours exercer ses fonctions, même en l'absence de conseil municipal.
Seul le Préfet de Côte-d'Or peut désormais intervenir sur cette situation pour demander de nouvelles élections et renouveler le conseil municipal dans les prochains mois.