Dijon : les auto-écoles traditionnelles face à la concurrence d'Internet

La conduite sur simulateur peut désormais prendre plus de place dans la formation. / © Isabelle Rivierre / France 3 Bourgogne
La conduite sur simulateur peut désormais prendre plus de place dans la formation. / © Isabelle Rivierre / France 3 Bourgogne

Le secteur des auto-écoles a connu de nombreux changements ces dernières années. Les professionnels du secteur estiment que la rentabilité de leurs entreprises est en danger.

Par M. F.

Le permis de conduire est l'examen le plus passé en France. C'est un rituel, mais aussi un budget conséquent : il coûte en moyenne 1 600 euros en France. Un prix conséquent, mais loin d'être le plus élevé en Europe. Entre l'Espagne avec un prix moyen de 1 300 euros et les Pays-Bas à 2 050 euros, le prix dans l'Hexagone est juste au milieu.

C'est malgré tout trop cher pour le gouvernement qui souhaite faire baisser son prix. Les changements réglementaires et l'arrivée des plates-formes numériques qui cassent les prix font grincer des dents dans les auto-écoles.

À Dijon, l'auto-école Notre Dame est la plus ancienne de la ville et la plus importante. Quatre agences, 21 enseignants de conduite et un million d'euros de chiffre d'affaire. Mais pour la première fois, depuis trois ans, il est en baisse. "Il est en baisse parce qu'on a une diminution de la fréquentation. Et puis on a une impossibilité de pouvoir répercuter sur notre taux horaire l'augmentation des charges", indique Stéphane Cretin, le directeur de l'entreprise.

Entre le carburant, les polices d'assurances et les taxes, les coûts augmentent bien plus vite que le pouvoir d'achat des élèves. Une des solutions pour limiter les prix pourrait être la conduite sur simulateur. L'heure de leçon est moins chère : 30 euros au lieu de 45.  Et un moniteur peut donner cours à trois élèves en même temps.
 
Dijon : les auto-écoles traditionnelles face à la concurrence d'Internet
Le secteur des auto-écoles a connu de nombreux changements ces dernières années. Les professionnels du secteur estiment que la rentabilité de leurs entreprises est en danger. - France 3 Bourgogne - Gabriel Talon, Isabelle Rivierre, Cyrille Fouquin, Patrick Jouanin, Yoann Danjou
 

Simulateur et boîte auto

Le gouvernement a récemment modifié la législation sur la conduite sur simulateur. Elle peut désormais représenter dix heures, contre cinq précédemment, sur les vingt nécessaires pour passer l'examen. Pour autant, les auto-écoles estiment que leurs marges restent trop faibles. "On est de l'ordre de 4 à 5% quand tout va bien. On ne peut pas plus baisser les marges, elles sont trop faibles", affirme Stéphane Cretin.

Le gouvernement entend également favoriser l'apprentissage sur boîte automatique, en réduisant de six à trois mois le délai pour pouvoir ensuite conduire une boîte manuelle (après une formation complémentaire). De maniement plus simple, la formation à la boîte automatique est plus courte (13 heures au lieu de 20 heures) et donc moins chère. 

L'arrivée des plates-formes en ligne a aussi changé la donne. Elles proposent des leçons à 35 euros de l'heure et d'une certaine façon tirent les prix vers le bas. Pour survivre les auto-écoles misent sur ce qui fait leur atout : un suivi plus personnalisé des élèves. Aujourd'hui en France, elles sont encore 12 000 à avoir pignon sur rue.
 

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