Logements sociaux insalubres à Talant : une cinquantaine de locataires excédés

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A l'approche de fêtes de fin d'année, c'est la détresse pour certains habitants de Talant. Une cinquantaine de locataires du quartier du Belvédère font face à de gros problèmes d'isolation thermique. Dans les appartements, de la moisissure et de l'humidité. La colère monte dans l'attente de la réponse du bailleur.

Le quartier du Belvédère à Talant a été construit à la fin des années 70. La part de logements sociaux y est de 43 % pour environ 3200 habitants.

Des logements "insalubres"

Dans une trentaine d'appartements du parc HLM du Belvédère, les locataires subissent des problèmes récurrents de chauffage et d'humidité. Dans l'appartement de Magalie et de ses 6 enfants, il y a des murs noircis et couverts de moisissures. 

Dans la chambre de sa fille, le papier peint a été décollé par la moisissure : "le papier a été recollé peut-être une semaine après et il s'est écroulé" montre Magalie.
Magalie s'inquète pour la santé de sa fille : "la grande est tout le temps malade, à tousser, à faire des bronchites, des crises d'asthme, alors qu'elle n'a jamais été asthmatique de sa vie, ma fille."

Pour Marine, locataire d'un 3 pièces dans l'immeuble voisin, les problèmes sont similaires. Dans la chambre de ses filles, moisissures et humidité au sol et au plafond : "je suis obligée de faire dormir mes filles dans notre chambre, cette chambre-là n'est plus praticable du tout."

Des travaux qui se font attendre

Cela fait des mois que les locataires ont alerté le propriétaire, un bailleur social (CDC Habitat, ex-SCIC Habitat). Ils ont lancé plusieurs procédures et une pétition. Mais la rénovation promise par le bailleur tarde à venir, et la situation se détériore.

Le bailleur avait annoncé en février 2021 le démarrage de travaux de réhabilitation de son parc de 331 logements (onze bâtiments) à loyer modéré au cœur du quartier du Belvédère à Talant.
Des travaux de rénovation thermique pour améliorer le confort et la sécurité des locataires.

Le maire de Talant s'engage

Interviewé jeudi 23 décembre, le maire de Talant, Fabian Ruinet (LR), a tenu a montrer son engagement dans ce dossier :  "dans la réalité, on ne peut pas défendre le bailleur social. Effectivement, Il y a un problème de VMC et de chauffage, même si j’ai beaucoup œuvré pour qu’il y ait du chauffage temporaire pendant la panne et que la VMC soit mise en route très rapidement. J’ai eu CDC Habitat au téléphone, ils s’engagent : 1- à refaire des travaux de peinture pour les pièces qui sont endommagées, 2- à remettre en route la VMC car c’est un problème de changement du moteur, dans l’attente du remplacement complet de la VMC qui va dans le cadre de la rénovation, 3- à mettre à disposition dès aujourd’hui des convecteurs électriques, si les locataires l’acceptent, pour qu’il y ait du chauffage dans les logements. »

Un conseiller municipal d’opposition dénonce « l’attitude et le mépris du maire et du bailleur »

Dans un courrier parvenu à la rédaction de France 3 Bourgogne, Denis Cordier, conseiller municipal d’opposition à Talant, dénonce l'attitude du bailleur social et du maire : « ce qu'écrit CDC est totalement différent de ce que le maire a annoncé. Je souhaite réellement dénoncer ce mépris du bailleur et du maire.

L’élu d’opposition dit soutenir les locataires : « ces personnes doivent obtenir des abattements sérieux et en rapport au préjudice qu'ils subissent. Je veux les aider à obtenir un geste sérieux du bailleur. »
Denis Cordier estime que :« la proposition de prêt d'un convecteur est honteuse et inqualifiable. Les locataires sont écœurés. Une locataire qui a été entendue hier par votre journaliste me disait avoir voulu utiliser ces convecteurs pour apporter un appoint de chauffage et avoir une température supportable dans son logement. Ces convecteurs, souvent appelés "grille-pain", lui ont valu une régularisation de charges de 1200 euros. Elle a dû assumer, s'endetter et accuser des retards de loyers pendant plusieurs mois pour liquider cette somme sans aucune aide des services sociaux [...] Alors permettre au maire de faire semblant de s'inquiéter de ses administrés et laisser les choses dans l’état m'est franchement insupportable. »