TÉMOIGNAGE : j’ai cassé mes lunettes pendant le confinement

Publié le Mis à jour le
Écrit par Armandine Castillon
De la colle sur des lunettes vaut mieux que pas de lunettes du tout.
De la colle sur des lunettes vaut mieux que pas de lunettes du tout. © Armandine Castillon

Que pouvait-il m'arriver de pire chez moi pendant le confinement ? Casser mes lunettes, sans aucun doute ! La situation fait rire mon entourage, moi beaucoup moins. Alors voici mes péripéties et quelques petits conseils dont vous pourriez avoir besoin s'il vous arrivait la même chose que moi...

Quand j'ai entendu le mot confinement, je me suis tout de suite interrogée sur les courses : faut-il attendre très longtemps avant de pouvoir entrer dans les magasins ? Et les laveries sont-elles encore ouvertes ? Mais jamais je n’aurais pensé avoir besoin d’un opticien… en urgence !

C’est arrivé un soir, alors que j’étais en train de me recoiffer. Rien de plus banal. Mes lunettes sont tombées par terre. Brisées en deux là où on les pose sur le nez (j’apprendrai plus tard au cours de recherches qu’on appelle ça "le pont"). Je comprends vite que le pire est arrivé : je ne peux pas vivre sans mes lunettes puisque je ne vois rien sans (-4,50 aux deux yeux). Moi qui n'ai jamais été adepte des lentilles, je n'ai donc pas de solution de rechange.

Mes journées sont rythmées par le télétravail, sur ordinateur, il va donc falloir que je trouve une solution très rapidement pour les jours - enfin non - le mois à venir. Surtout que là, dans l’instant, je n’ai ni scotch ni colle forte avec moi.


Système "C" (Confinement)


Alors la reine du DIY (Do it Yourself, le "faire soi-même") que je prétends être essaie bien de recoller les morceaux avec un bâton de colle classique mais autant dire que ça ne sert… à rien. Dans ma profonde détresse, j’avoue avoir aussi tenté le chewing-gum (on fait avec ce qu’on a…), sans plus de succès.

Me vient alors une autre idée : je me rappelle d’affiches scotchées dans l’entrée de mon immeuble. J’y cours, je décolle le scotch du bas de deux annonces mais c’est loupé : le collant est déjà bien usé et mes deux branches de lunettes ne s’accrochent pas. On ne pourra pas dire que je n’ai pas tout essayé…
 

La course à la colle


Il est tard, je ne peux rien faire d’autre qu’attendre le lendemain. Jeudi matin, la journée commence donc par une virée urgente et indispensable au supermarché. J’espère que le commerce aura ce dont j’ai besoin. Avant d'y parvenir, il faut affronter le chemin. Et sans rien y voir. Heureusement que peu de voitures circulent car je ne suis même pas sûre que je les verrais arriver lorsque je traverse les passages pour piétons. Pas facile de ne pas voir net à un mètre devant soi…

Le confinement change nos habitudes, je ne suis donc allée dans ce magasin qu'une seule fois auparavant. Je me souviens à peu près où se situe le rayon des fournitures scolaires. Pour choisir des produits, je suis obligée de m'approcher très, mais alors, très près des étiquettes de prix. Je demande donc l’aide d’un vendeur pour la colle. Heureusement que ce rayon-ci n'a pas été dévalisé... Plusieurs marques et je n’ai aucune idée de laquelle choisir. Tout ce que je veux, c'est que ça tienne !

Je me rabats sur une colle qui se dit "super résistante". Ce qui me convainc de la choisir, c’est que si elle a permis à un "4x4 d’environ 4 tonnes [d’être] soulevé par une grue pendant une heure", elle peut bien rabibocher mes deux bouts de plastiques. Marketing mensonger ou pas, je m’en empare, ainsi que d’un rouleau de scotch classique. Retour à la maison pour de nouveaux travaux pratiques !


95% des lunettes sont réparables 


Alors, au début, les résultats ne sont pas probants. La colle ne tient pas du tout. L’expérience du 4x4 était donc vraiment bien inventée ! Et puis la colle prend et je réussis à scotcher pour maintenir le tout. C’est grâce à ce stratagème que je vis/vois depuis.
 


Le système "C" est enclenché mais il me faut trouver une solution plus durable. Je repense alors à un article d'une consoeur vu la veille : comment trouver un opticien d’urgence pendant le confinement. J’appelle l'un des numéros en espérant avoir un rendez-vous très vite. L’opticien me propose le dernier : 12h30 le lendemain. Je m’empresse d’accepter. Au téléphone, l’opérateur se veut confiant : "95% des lunettes sont réparables". L'homme a l'air sûr de lui, moi moins. Il n'a pas vu l'état de mes lunettes. J'attends donc le moment du rendez-vous avec impatience et beaucoup de doute.
 

Colle et scotch pour tout soutien

Je finis presque par m'habituer à ma réparation de fortune. Dans la rue vers l'opticien, j'en oublie presque que lorsqu'on me voit j'ai un morceau de scotch sur la tête. À n'en pas douter, j'ai l'air d'une enfant en classe de maternelle...

Arrivée au rendez-vous, l’opticien me dit qu'il ne fera pas mieux pour réparer. C'est même étonnant que la colle ait réussi à faire tenir mes lunettes me dit-il les yeux dans les yeux. Changement de discours par rapport à la personne que j’ai eu au téléphone donc.

Ma dernière stratégie : récupérer mon ordonnance, qui est assez récente, afin d'obtenir une nouvelle monture. Je dois donc reprendre rendez-vous.
 

L’opticien ne fera donc rien de plus cette fois-ci que nettoyer la colle que j'ai faite déborder sur les verres et que je n’avais osé enlever par peur de rendre ma situation pire qu'elle n'était. Cette visite s'avère presque être un coup pour rien, enfin, pas grand-chose...Comme quoi, parfois, la vue ne tient qu'à un bout de scotch ! Le confinement est loin d'être terminé et mon problème reste quasi entier. Mais, fidèle à mes principes, je ne lâche rien. Suite au prochain épisode !

 

Remplacer les montures mais pas les verres


Mardi matin donc, nouveau rendez-vous chez un autre opticien. Chaussant ma paire d'(in)fortune, je me rends à la boutique en tramway cette fois-ci, avec toujours l'air de celle qui a cassé quelque chose... Précautions obligent, je suis la cliente à l'ouverture et l'opticienne - affublée de masque et de gants - me fait même rentrer un peu avant l'heure du rendez-vous.

J'explique à nouveau mon incident. La professionnelle me propose quatre paires dont les verres font la même taille que les miens. Car le but est de remplacer la monture et de ne pas avoir à découper les verres. En effet, les retailler pourrait affecter ma vue et ce n’est pas le moment d’avoir des soucis oculaires en plus…
 

Pour l’instant, on pare donc au plus urgent : la monture. En plus d’avoir une nouvelle paire, j’en trouve une à mon goût et qui me va : tachetée marron clair et foncé, avec des touches de violet.

Les lunettes, un bien plus que jamais irremplaçable

À cause du Covid-19, les laboratoires ont du mal à livrer des verres alors j’attendrais la fin du confinement pour les changer. Tant pis si un peu de colle subsiste sur mon verre droit - l'opticienne m'assure "que ça ne se voit pas". J’ai désormais une paire de lunettes digne de ce nom !

Et pour tout vous dire, des lunettes, à l'heure où je vous écris, je n'aurais jamais dû avoir à courir après. Je ne devrais même plus en porter... J'avais prévu de me faire opérer... pour ne plus jamais avoir à vivre ce genre d'incident. La vie en a décidé autrement !

Je me retrouve aujourd'hui avec une nouvelle paire et un problème résolu en urgence grâce à la mobilisation de professionnels. Un grand merci à eux ! Dans cette période où tout est en suspension, je ne peux que vous conseiller de prendre autant soin de vous que de vos lunettes. Elles sont plus précieuses que tout et, en ce moment, plus que jamais irremplaçables !
 

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