Changement de vie : Ils ont fui la région parisienne pour s'installer dans l'Yonne

Le département de l'Yonne gagne des habitants grâce aux citadins de la région parisienne qui ont décidé de tout quitter pour changer de vie. Beaucoup de franciliens y ont une maison secondaire. Mais depuis le confinement, ils sont nombreux à faire le choix de s'y installer pour y rester.

Changement de vie en perspective pour ce jeune couple qui a quitté Paris pour se lancer dans la création d'une exploitation agricole dans l'Yonne.
Changement de vie en perspective pour ce jeune couple qui a quitté Paris pour se lancer dans la création d'une exploitation agricole dans l'Yonne. © France 3 Bourgogne
Deux tiers des propriétaires de maisons secondaires dans l'Yonne, sont des franciliens. Leur attirance pour ce département n'est pas un fait nouveau. Au sud de la banlieue parisienne, c'est le premier territoire qui offre à la fois les paysages et le bon air de la campagne.

Rien de nouveau, sauf que depuis le confinement et la crise sanitaire du coronavirus-Covid 19, cette tendance a pris une ampleur que l'on n'avait jamais connue jusqu'à présent. L'exode rural a vidé les petites villes et les villages au 19e siècle. On assite aujourd'hui au phénomène inverse. 

Les citadins prêts à venir s'enraciner au vert

A 150 kilomètres du coeur de la capitale, la bourgade de Champignelles (un peu plus de 1000 habitants) a tout pour plaire à ceux qui veulent avoir une vie tranquille mais en ayant sous la main les commodités de la ville : médecins, écoles, magasins, etc... Le prix de l'immobilier y est très accessible, comparé au prix en région parisienne pour un bien à peu près équivalent.
 
Une vaste propriété, des rêves plein la tête et beaucoup de projets pour ce jeune couple qui a décidé de s'installer dans l'Yonne.
Une vaste propriété, des rêves plein la tête et beaucoup de projets pour ce jeune couple qui a décidé de s'installer dans l'Yonne. © France 3 Bourgogne

Une grande maison avec 8000 m2 de terrain pour 117 000 euros : c'est l'acquisition faite par un jeune couple qui souhaite se convertir à l'agriculture avec un projet de micro-ferme. Un changement de vie radical : Théo, travaillait à la SNCF et Marine, dans la finance. 

En faisant le tour du (nouveau) propriétaire, ils ne cachent pas leur joie : " là il y aura un poney, ici un poulailler, on mettra deux serres là-bas, on aura un potager, il faudra tailler pas mal d'arbres...". Une nouvelle vie s'ouvre à eux avec plein de projets.


Sens, la préférée de ceux qui travaillent en Seine-et-Marne

Pendant le confinement, les recherches de logement à Sens, ont bondi de 81%. La clientèle était essentiellement francilienne. 

Le Sénonnais a gagné des habitants entre 2012 et 2017. Cette augmentation est de  +0,6% .

Parmi ceux qui habitent dans le Sénonnais, beaucoup font la route tous les jours pour aller travailler dans un rayon de 50 à 60 kilomètres. Melun, Nemours sont des villes pourvoyeuses d'emplois dans le secteur industriel.

La proportion de cadres ne seraient que de 7%, soit trois fois moins que dans les autres secteurs d'activités du bassin parisien. 
 
Ces retraités ont trouvé un cadre de vie sympathique pour leur retraite dans l'Yonne.
Ces retraités ont trouvé un cadre de vie sympathique pour leur retraite dans l'Yonne. © France 3 Bourgogne


Un cadre de vie agréable pour les parisiens retraités

S'installer dans l'Yonne, c'est aussi le choix que font de nombreux retraités qui ne souhaitent pas trop s'éloigner de la région parisienne. Eux aussi, y trouvent le cadre idéal qu'ils recherchent pour couler des jours paisibles sans s'ennuyer.

A Pont-sur-Yonne, à Joigny, entre autres, ils apprécient particulièrement les promenades sur les quais de l'Yonne. Pas besoin de se déplacer en voiture, ils ont tout à proximité.

Décrit dans les livres de Colette (née à Saint-Sauveur-en-Puisaye où sa maison est toujours un lieu de visite très attractif) le charme de la Puisaye a depuis longtemps convaincu les franciliens qui y viennent passer l'été et pour certains profiter du festival de musique classique qui y a lieu chaque année. 

Beaucoup finissent par s'y ancrer définitivement et sont actifs dans les milieux associatifs. Le département qui avait perdu, au dernier recensement, un peu plus de 3600 habitants, pourrait bien en regagner si la tendance dûe au confinement se poursuit encore dans les mois et les années à venir.

Reportage :  Y. Etienne - C. Gaillard
Montage : M. Martin
Interviews :
- à Champignelles : Théo Séguret et Marine Audic-Cornet
- à Pont-sur-Yonne (Yonne) : Pierre-Louis Di Stefano et Claudette Duhamel  
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