Bourgogne : la gendarmerie marque le 300e anniversaire de ses brigades

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Écrit par Matti Faye
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Illustration. © MOURAD ALLILI / MAXPPP

Cette année, l'institution célèbre dans chacune de ces brigades cet événement qui souligne "l'attachement de la gendarmerie au territoire". En Bourgogne, 31 brigades de gendarmerie existaient déjà il y a trois siècles. En 300 ans, le métier a changé du tout au tout.

Les brigades de gendarmerie célèbrent cette année leurs 300 ans. "En 1720, c'est la première décision de créer un maillage territorial pour assurer à l'époque la sécurité des grands chemins. Les unités ont été implantées sur les lieux de passage, les gros points de circulation du territoire à l'époque", raconte le colonel Emmanuel Guillou, adjoint au commandement de la région de gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté. 

Depuis, le réseau s'est considérablement développé. Des 500 unités de la Maréchaussée de 1720 au niveau national, on est passé aujourd'hui à 3 100 brigades de gendarmerie.

En Bourgogne, sur les 133 brigades existantes aujourd'hui, 31 étaient déjà là il y a 300 ans. Pour marquer cet anniversaire, décalé d'un an en raison du Covid, des cérémonies sont organisées dans chacune des brigades tricentenaires.

L'occasion d'apposer une plaque au niveau de la brigade, mais aussi à la mairie, pour rappeler l'implantation ancienne de la gendarmerie. C'était le cas par exemple le 29 septembre dernier à Vitteaux, en Côte-d'Or. "Au-delà du symbole, cela montre aussi l'attachement de la gendarmerie au territoire", affirme Emmanuel Guillou.

Évolutions technologiques

En 300 ans, le métier a radicalement changé. Les gendarmes sont passés des chevaux aux autos. Ils ont aussi été dotés de moyens de communication de plus en plus perfectionnés. 

En 1998, la gendarmerie s'est dotée d'un réseau de communication numérique, le réseau Rubis, à l'époque une première mondiale pour un service de sécurité publique. "Il permet un maillage des télécommunications au niveau territorial. C'est un réseau qui est disjoint du réseau civil. Il s'est appuyé sur les brigades pour faire comme une toile d'araignée, qui permet que lorsqu'on perd un point de le raccrocher à un autre et de communiquer entre brigades ou vers le niveau supérieur", détaille Emmanuel Guillou.

Depuis 2015, les militaires sont équipés de Néogend, "un smartphone sur lequel le gendarme peut avoir toutes ses applications professionnelles comme l'accès au fichier".

"Avec les derniers développements que l'on a, avec des ordinateurs portables dont on est maintenant largement dotés, cela renverse la notion de service. La personne qui a besoin de la gendarmerie n'a plus besoin de se déplacer. C'est le gendarme qui peut venir chez la personne et remplir tous les actes."

Ancrage local

Contrairement aux policiers, les gendarmes qui sont des militaires, sont tenus d'habiter sur leur lieu d'affectation. "Dans le statut du militaire de la gendarmerie, il est précisé que le logement dont il dispose conditionne sa disponibilité. Il est tenu d'occuper ce logement et ça crée vraiment son ancrage local", rappelle le colonel.

"Quand on remonte aux fondements de la gendarmerie, le découpage territorial c'était une brigade par canton, et c'était à peu près ce que pouvait faire un cheval au cours de la journée. Évidemment, ça a évolué parce que les moyens de locomotion ont évolué. Maintenant, on est davantage sur une logique de bassins de vie", poursuit-il. "Cette densité du maillage, c'est la raison d'être de la gendarmerie."

La gendarmerie nationale couvre une zone qui correspond à 96 % du territoire national, mais qui ne comprend que la moitié de la population. L'autre moitié, en ville, est gérée par la police nationale.

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