Contrat engagement jeunes : ce qu'en pensent les jeunes dijonnais

Publié le Mis à jour le
Écrit par Claire Lebret, Virginie Cook

500 euros par mois en échange d’une formation, c’est le nouveau contrat engagement jeune présenté le 2 novembre dernier par Emmanuel Macron. Un dispositif qui sera réservé aux jeunes de 16 à 25 ans sans emploi, formation ou étude. Explications et réactions à Dijon.

Emmanuel Macron a annoncé mardi 2 novembre la création d’un contrat engagement jeune. Effectif au 1er mars 2022 il sera destiné aux moins de 25 ans qui ne sont pas en étude, en formation ou en emploi depuis plusieurs mois. Il s’agit d’une allocation allant jusqu'à 500 euros par mois en échange de 15 à 20 heures par semaine de formation ou d'accompagnement.

Une nouvelle mesure destinée au retour à l’emploi des jeunes "sans ressources et sans perspectives" et "pour mettre fin à ce gâchis", explique le président de la république sur le compte facebook de l’Elysée.

C’est pour mettre fin à ce gâchis que j’ai décidé, à la suite de ce que je vous avais annoncé le 12 juillet, de lancer le Contrat Engagement Jeune.

Emmanuel Macron

Le dispositif devrait concerner environ 400.000 jeunes de 16 à 25 ans par an.

A Dijon le dispositif suscite déjà des réactions auprès des jeunes bourguignons. A 24 ans, Mylène est au chômage. Elle a une licence d’art plastique mais elle a du mal à trouver un travail dans son secteur. Récemment arrivée sur la ville, elle se rend pour la première fois à la mission locale pour y être accompagnée.

La jeune femme qui a moins de 26 ans pourrait bénéficier du tout nouveau contrat d’engagement jeune. 500 euros mensuels mais avec l’obligation de suivre 15 à 20 heures de formation par semaine. “Cela m’apporterait une sécurité, je pourrai payer mon loyer le temps de trouver un emploi et que ma situation soit plus fixe. Cela serait moins stressant et je ne dépendrais pas de mes économies”, explique Mylène, jeune suivie par la Mission Locale.

Certains employeurs sont séduits par ce dispositif, c’est le cas de ce boulanger qui emploie souvent des jeunes au parcours scolaire cabossé. Chaque année, ce patron propose des stages à une vingtaine de jeunes. Selon lui, ce nouveau contrat est une bonne chose. ”Des jeunes qui ne font rien, qui sont dans la rue, c’est un but pour moi de leur proposer un stage afin qu’ils voient ce qui est faisable, ce que l’on fait et découvrir aussi nos métiers”, explique Maxime Paroty, gérant de boulangerie. “Le fait qu’il y ai une rémunération cela poussera peut-être le jeune à venir en stage”, ajoute-il.

400 000 jeunes concernés

Pour certains professionnels de l’emploi qui vont être chargés de mettre en place ce dispositif, cette nouvelle aide est insuffisante. “Les mesures préconisées n’apportent rien d’innovant et de nouveau aux mesures qui existent actuellement et je le déplore. Je pense qu’il aurait fallu aller beaucoup plus loin”, précise Hamid El Hassouni, président de la mission locale de Dijon.

Le contrat d’engagement jeune entrera en vigueur en mars prochain. Un dispositif qui coûtera plus de 2 milliards et demi d’euros à l'État français.