Couvre-feu : Gilles Platret "refuse que la Police municipale soit le garde-chiourme des indications faussées de l'État"

La Côte-d'Or et la Saône-et-Loire sont désormais concernées par le couvre-feu et un protocole sanitaire renforcé. Une décision parfois contestée par les élus locaux, comme Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône ou Alain Suguenot, maire de Beaune.

ILLUSTRATION. Gilles Platret, le maire de Chalon-sur-Saône, reproche au gouvernement de pas "poser clairement les règles".
ILLUSTRATION. Gilles Platret, le maire de Chalon-sur-Saône, reproche au gouvernement de pas "poser clairement les règles". © Damien Rabeisen / France 3 Bourgogne
Depuis le 24 octobre, le couvre-feu est instauré en Côte-d'Or et en Saône-et-Loire, entre 21h et 6h. Une mesure accompagnée de la fermeture des bars et d'autres établissements recevant du public, comme les salles de sport.

Gilles Platret dénonce une "réglementation illisible"

Certains élus contestent la décision du gouvernement. Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône et candidat Les Républicains aux élections régionales, parle d'"une réglementation illisible [...] Ce n’est pas en contraignant un restaurateur à mettre ses clients dehors à 20h45 qu’on arrêtera le virus ". Il va même jusqu'à refuser que sa police municipale fasse appliquer les mesures dans sa commune.
 
Le maire de Chalon "refuse que la Police municipale soit le garde-chiourme des indications faussées de l’État", renvoyant toutes les responsabilités à la police nationale : "Nous laisserons l’État gérer lui-même la pagaille qu’il a instauré".  

Très vite, Raphaël Gauvain, député de la 5ème circonscription de Saône-et-Loire, a répondu : "Les propos outranciers de Gilles Platret ce dimanche à l’encontre du gouvernement sont particulièrement abjects [...] Pour éviter de nouvelles restrictions, nous devons faire preuve de discipline collective, et chacun doit adopter un comportement responsable". Les attaques entre les deux élus sont devenues régulières. 

En Côte-d'Or, c'est Alain Suguenot, maire de Beaune sur Facebook, qui s'est exprimé "Je déplore une fois encore, que les Maires soient mis devant le fait accompli, alors que le Gouvernement vante au quotidien, le couple Maire/Préfet". 

Les associations de maires calment le jeu

Du côté des associations des maires de département, Ludovic Rochette (Côte-d'Or) et Marie-Claude Jarrot (Saône-et-Loire), pourtant tous les deux maires Les Républicains, n'ont pas la même position que Gilles Platret et refusent toute polémique. "Il ne faut pas avoir de positions tranchées de ce type" déclare la présidente de l'association des maires de Saône-et-Loire. "La situation est grave. L'État et les collectivités doivent travailler ensemble" ajoute Ludovic Rochette. Lui demande à ce que la communication du gouvernement sur les mesures soit faite "le plus en amont possible, même si nous comprenons que la situation d'urgence entraîne des contraintes.

Sur le refus de Gilles Platret de faire intervenir sa police municipale, Marie-Claude Jarrot rappelle que "la police municipale tient un rôle de prévention." Elle doit inciter les riverains à respecter le couvre-feu et tout le protocole sanitaire. "Mais il est de tradition, dans des périodes difficiles, que la police municipale travaille avec la police nationale et la gendarmerie." Elle ajoute que dans "cette période difficile, il faut partager les responsabilités." 

Julien Charles, préfet de Saône-et-Loire en appelle "à la nécessaire cohésion des autorités en charge de la protection des populations face au virus. Il revient ainsi au préfet et aux maires, en s'appuyant sur les forces de sécurité placées sous leur autorité, de faire respecter l'intégralité des dispositions législatives et réglementaires qui organisent la lutte contre la covid-19. Il s’agit tout autant d’une obligation juridique qu’une nécessite opérationnelle." 

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société