Covid-19 : “Pourquoi on nous prive d’entourer les élèves ?” s’inquiète un syndicat d’infirmières scolaires

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Écrit par Sophie Courageot
© Michèle Constantini - maxPPP

Le SNICS-FSU, syndicat majoritaire des infirmières scolaires dans l’académie de Besançon monte au créneau. Il s’inquiète de l’arrivée des tests antigéniques dans les établissements pour tester les enseignants. Une nouvelle tâche qui, selon lui, se ferait au détriment des élèves.

On parle rarement de leur métier, pourtant essentiel dans les écoles, collèges ou lycées, universités. L’infirmière scolaire n’est pas là que pour distribuer un cachet pour le mal de tête, elle est souvent la première à qui un élève va confier ces difficultés, la première à s’apercevoir qu’un élève ne va pas bien.

Et depuis la crise du Covid, Marie-France Maghdad, Secrétaire académique - SNICS Besançon estime que beaucoup d’élèves ne vont pas bien. “Du fait du premier confinement, la charge de travail a augmenté, il y a du mal-être chez les jeunes, de la violence, du stress, de l’angoisse” dit-elle. Le syndicat a d’ailleurs alerté dans une lettre ouverte le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer : “Depuis mars, les infirmier.es de l'Éducation nationale se mobilisent sans faille et continuent de se mobiliser dans la bataille contre le coronavirus. Saturé.es par les demandes légitimes des élèves et de l’ensemble de la communauté éducative, elles-ils travaillent à flux tendu avec du matériel inadapté, des protocoles mouvants et difficilement réalisables occasionnant une surcharge réelle de travail.Les élèves subissent de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire et économique que traverse notre pays, auxquelles s'ajoute la menace terroriste qui vient de frapper durement l'École.”

Certaines infirmières scolaires appelées à réaliser les tests antigéniques des enseignants...

Le SNICS alerte sur la surcharge et la dégradation des conditions de travail des infirmier.es de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. 

Pour la représentante des infirmières scolaires, l’arrivée des tests antigéniques dans les établissements risque un peu plus détourner les infirmières de leurs élèves. “Ces tests vont se mettre en place dans les prochains jours. Les infirmières scolaires vont être mobilisées sur la base du volontariat. On y est fortement opposé, non pas parce qu'on ne veut pas participer à la lutte contre l’épidémie, loin de là, mais parce que notre travail à nous c’est la santé des élèves, on n’est pas la médecine du travail” résume Marie-France Maghdad. ”Les enseignants ont réclamé des protocoles sanitaires, pas des tests antigéniques. Les enseignants réclament de la sécurité sanitaire dans les établissements, comme les familles des élèves", ajoute-t-elle. “Ils sont prioritaires dans les centres de dépistage, pourquoi demander aux infirmières scolaires de faire leurs tests ?." 

...sur la base du volontariat, rappelle le Rectorat


Selon le rectorat, la réalisation des tests antigéniques par les infirmières scolaires va se faire sur la base du volontariat, selon les disponibilités des infirmières. Les premiers tests vont débuter dans le Jura, puis en fin de semaine viendra le tour du Doubs, Haute-Saône et Territoire de Belfort. 59 infirmières scolaires sur 169 se sont portées volontaires selon l'académie. Certaines participeront un jour par semaine à cette tâche de dépistage. Les infirmières iront dépister sur rendez-vous, en équipe mobile, d'établissement en établissement selon la demande.
 

Le syndicat réclame des moyens supplémentaires dans les établissements

Dans certains établissements de l'académie de Besançon, il y a une infirmière pour 700 élèves. “Nous sommes 169 infirmières scolaires dans l’académie, il en faudrait une dizaine de plus" estime Madame Maghdad. “On nous demande également de prendre en charge le contact tracing, il faut rappeler, informer les familles, expliquer. Cela prend du temps” explique-t-elle. Et le quotidien ne s’arrête pas pour autant, dans les collèges, les élèves sont encore 100% en présentiel. “On parle avec ces jeunes, on ne se débarrasse pas d’un jeune qui va mal en 10 minutes” argumente la syndicaliste. Elle ne comprend pas qu’on demande, ne serait ce qu’une journée par semaine, aux infirmières scolaires de participer à des tests antigéniques dans des équipes mobiles. “Il est plus que nécessaire de solliciter la sécurité civile et les professionnels de santé libérales et libéraux volontaires qui subissent une nouvelle perte d’activité” estime le syndicat dans sa lettre ouverte.

Selon Marie-France Maghdad, en France, les infirmières scolaires sont au nombre de 7.500. Elles réalisent 18 millions de consultations par an. Le syndicat estime que les infirmières scolaires ont été les grandes oubliées du Ségur de la santé. “Une prime de 10 euros par mois et un point d’indice gelé” déplore Marie-France Maghdad.

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