Communication, amendes à 135‎€ : la Ville de Besançon passe à l'offensive concernant le stationnement sauvage

La Ville de Besançon à l'intention de s'attaquer au problème récurrent de stationnement sauvage en centre-ville. La stratégie : communication, concertation puis répression. Détails. 
"Si la campagne de communication que nous allons démarrer ne porte pas ses fruits rapidement, il y aura de la répression" prévient Anne Vignot, ce jeudi 3 septembre, devant les journalistes massés grande rue, lieu privilégié pour le stationnement sauvage, depuis de nombreuses années. En 2019, la police municipale a d'ailleurs distribué 12 214 contraventions pour stationnement gênant, dans toute la ville. 

En centre-ville, le problème persiste et les mauvaises habitudes semblent s'être installées durablement. Les premières victimes sont évidemment les piétons, contraints de se déplacer sur la chaussée à de trop nombreuses reprises, mettant à mal leur sécurité. 

Anne Vignot et ses adjoints l'avaient annoncé durant la campagne des municipales 2020. L'espace, et notamment en centre-ville, doit être partagé intelligemment entre tous les usagers. 

"Ce qui est important, c’est de montrer une autre organisation. Nous sommes en période de rentrée et bien nous redémarrons cette année scolaire avec de bons comportements. On est bien d’accord, c’est fait pour faciliter la vie de tout le monde, pas pour gêner une activité" déclare la maire de la capitale comtoise. En effet, lutter contre le stationnement sauvage en centre-ville, la journée en tout cas, c'est potentiellement crisper certains usagers, comme les artisans ou commerçants, habitués à décharger leurs stocks en se garant sur les trottoirs. "Nous souhaitons trouver des alternatives et des lieux où ils vont pouvoir se stationner et trouver le moyen d’avoir un temps d’arrêt adapté à leur activité professionnelle. On veut mettre en place une plateforme numérique pour plus de fluidité" détaille la maire.

Des amendes à 135 euros

Pour réussir à trouver un consensus, la mairie organise des rencontres, en "co-construction", avec les professionnels notamment les commerçants et artisans. Le but étant de trouver un terrain d'entente pour ne pas nuir, par exemple, à la politique de rénovation en centre-ville. 

La mairie s'engage à modifier l'arrêté de circulation régissant les "zones rencontres", ces zones en centre-ville où piétons et vélo sont nombreux. "Le stationnement en dehors des emplacements marqués sera désormais considéré comme très gênant, conformément aux dispositions du code de la route (R414-11). L'amende de 4e classe sera attribuée et mise en fourrière pourra être engagée. le coût de l'amende sera désormais de 135 euros. Un tarif cette fois-ci dissuasif.

"Nous allons mener des opérations flash avec la police municipale et la police nationale" ajoute Anne Vignot, tout en concédant que face à des mauvaises habitudes bien ancrées : "On ne va pas régler tout du jour au lendemain". 

Et les aménagements spécifiques ?

Pourquoi ne pas développer les aménagements pour interdire l'accès aux trottoirs des voitures ? "Les plots gênent les personnes à mobilité réduite et certaines de nos rues sont étroites" nous explique Benoît Cypriani, en charge de la sécurité, de la lutte contre les incivilités, de la tranquillité publique. Mais les voitures mal stationnées ne sont-elles pas la principale cause de nuisance pour les personnes mal voyantes ou en fauteuil roulant ?

"Ce n'est pas vrai, les plots ne gênent pas les personnes à mobilité réduite, ils sacralisent les trottoirs et c'est ce que nous souhaitons. Moi je préfère un trottoir avec des quilles tous les 3 mètres mais où je suis en sécurité" rétorque Yves Ketterer, de l'association bisontine "Trottoirs Libres !", lui-même en fauteuil roulant. 

"On est très contents d'avoir une maire piétonne et cycliste. On a beaucoup d'espoirs, mais honnêtement, si on ne prend pas des décisions fermes ce sera compliqué. Il faut communiquer, aménager, verbaliser, mais il faut aller vite. C'est dur dans cette ville, tout le monde se sent dans l'impunité pour le stationnement. On ne fera pas l'économie de certains aménagements de la voie publique" conclut Yves Ketterer, tout en ajoutant que les commerçants de la boucle ont tout à gagner de voir l'entrée des voitures freinées en centre-ville.

Communiquer et verbaliser, c'est le plan d'action d'Anne Vignot. Une campagne de sensibilisation sur les bus et le tramway sera lancée la semaine prochaine. Concernant les aménagements spécifiques, pour l'instant, seules des places de livraisons supplémentaires vont être implantées en centre-ville et dans le quartier Battant. Pour finir, dans un souci de transparence défendu par Anne Vignot durant sa campagne : la Ville de Besançon publiera sur les réseaux sociaux un bilan des verbalisations une fois par mois.
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