Besançon : la forêt de Chailluz petit à petit rendue à son public

Le 31 octobre 2019, les promeneurs avaient eu la mauvaise surprise de rester aux abords de la forêt de Chailluz. La municipalité avait pris la décision de l'interdire au public, les arbres étant devenus dangereux. Depuis le 5 décembre, les abords des enclos animaliers sont à nouveau accessibles.

Par Fabienne Le Moing

Au départ, il y a eu des faits divers. Cinq forestiers ont trouvé la mort au travail suite à la chute de branches dans l'Est de la France explique Anne Pierrangelo, chef du service forêt et boisement urbain à la ville de Besançon.

Et puis, il y a eu le constat d'arbres de plus en plus nombreux, malades ou secs en forêt de Chailluz et sur des collines autour de la ville de Besançon.

La Mairie de Besançon, propriétaire de la forêt a réagi dès le 30 octobre avec un arrêté municipal interdisant temporairement l'accès au public d'une partie des 1708 hectares de la forêt. La partie comportant les arbres les plus mûrs, les plus anciens.
L'arrêté a été appliqué dès le 31 octobre. Trop d'arbres affaiblis par la canicule et la maladie menaçaient de tomber et rendaient la forêt à risque.

Pour nous rendre compte de la situation, nous sommes allés sur place accompagnés d'Anne Pierangelo.
 

Le constat en forêt


Les hêtres sont les plus nombreux à être affaiblis et ce sont les plus dangereux. Les deux étés de canicule les ont asséchés. Leurs branches sont désormais très cassantes. Elles peuvent tomber à tout moment.
Les frênes eux, souffrent de chalarose, ce champignon invasif et dévastateur qui nécrose les arbres.
La chalarose attaque aussi bien les jeunes arbres que les spécimens les plus matures. Les frênes touchés par la chalarose prennent rapidement un aspect dépérissant : flétrissement du feuillage, mortalité des rameaux, décoloration sur différentes zones, cime dégarnie, nécrose des branches, empêchant la circulation de la sève.
Le premier foyer de chalarose du frêne a été découvert en 2008 en Haute-Saône.
Pour les épicéas, le manque de chaleur et le manque d'eau les font rougir puis mourir.
 
Anne Pierangelo est en poste à Besançon depuis le 1er novembre.
Anne Pierangelo est en poste à Besançon depuis le 1er novembre.

 


En forêt, on n'est pas habitué à des changements si rapides, notamment avec l'arrivée de la chalarose sur le frêne et les phénomènes de dépérissement sur le hêtre... c'est inédit 

 
Ludovic Estavoyer est bûcheron pour la ville de Besançon depuis 10 ans.
Ludovic Estavoyer est bûcheron pour la ville de Besançon depuis 10 ans.


La forêt a changé depuis 2, 3 ans avec la maladie. Sur le hêtre ça a été rapide. Ça change énormément l'allure de la forêt


Quand les bûcherons auront fini leur travail, seront abattus 3200 m3 au total, soit environ 2.400 arbres.
Le travail d'abbatage se réalise de septembre à février. De mars à août, c'est la trève en raison des enjeux pour la faune, la nidification.
Si le chantier ne prend pas de retard, la forêt entière et les collines de Chaudanne, Rosemont, Planoise, Bregille et Chapelle-des-Buis seront rendues au public printemps 2020.

En attendant, depuis le 5 décembre, après l'abbatage de plusieurs centaines d'arbres, le temps est à la réouverture progressive sur le secteur de Chailluz. Secteur Grandes Baraques : l'accès aux enclos animaliers est autorisé uniquement par le parking Nord des Frasillots. Ailleurs, les accès restent fermés.

La consigne ailleurs reste la même, respectez bien les panneaux d'interdiction et pas seulement quand les bûcherons sont au travail, il en va de votre vie, rappelle Anne Pierangelo.


 

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