Besançon : malaise aux urgences

D. Martin
D. Martin

Le malaise grandit aux urgences du CHRU de Besançon et les personnels ont débuté une grève ce mardi 9 octobre. Le mouvement va durer au moins jusqu'au 25 octobre. Une mobilisation pour sensibiliser la population, première concernée par les conditions actuelles de prise en charge.

Par Aline Bilinski

Les urgences vont mal et les personnels sont au bout du rouleau à Besançon. Le malaise n'est pas nouveau mais il est reconnu depuis le 30 août, date à laquelle un cabinet d'expertise indépendant a rendu sa copie après la tentative de suicide d'un médecin urgentiste en mars 2018. Dans le cadre de cette expertise 115 personnes du centre d'appel, le 15, du SMUR, du service d'accueil des urgences et de réanimation ont été reçues en entretien individuel. Le rapport pointe des erreurs de management comme des problèmes de harcèlement, de souffrance au travail ou de non prise en compte des risques psycho-sociaux. Il a été remis au CHSCT, à la direction et à l'Inspection du travail. C'est elle qui a mis en demeure la direction de l'hôpital d'agir au plus tard fin octobre en proposant un éventail de mesures à court, moyen et long terme et les chiffrer. 


Les personnels sortent de l'ombre

En attendant le verdict de leur direction, les personnels des services d'urgence ont décidé d'afficher leur malaise. Banderoles sur les grilles, brassard sur leur blouse, réquisitionnés, ils assurent la continuité des soins mais souhaitent sensibiliser le grand public à cette problématique qui le touche aussi de plein fouet. Aujourd'hui, les temps de prise en charge sont de plus en plus en longs, les locaux sont trop exigüs, le service d'accueil débordé (une infirmière pour 20 patients). 
La direction a décidé de présenter ses propositions le 25 octobre. Elle ne souhaite pas s'exprimer avant. Les personnels, qui attendent des véritables mesures en profondeur, ont décidé de poursuivre leur mouvement au moins jusqu'à cette date. 
 
Malaise et grève aux urgences de Besançon
6 mois après la tentative de suicide d'un médecin aux urgences du CHRU de Besançon, le rapport d'expertise demandé par le CHSCT a livré ses conclusions et elles sont accablantes. Les personnels concernés ont donc entamé aujourd'hui un mouvement de grève symbolique, et ce jusqu'au 25 octobre, date à laquelle le CHRU doit communiquer une batterie de mesures à l'inspection du travail sous peine de poursuites.ITW de Antoine Leclerc, auxiliaire de régulation médicale Centre 15, Célie Ferrer, infirmière de nuit Service d'accueil des urgences, Marine Pruniaux infirmière SMUR/SAU et Gérald Binétruy, ambulancier. Reportage de Stéphanie Bourgeot et David Martin

 

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