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Citadelle secrète : ces choses que vous ignorez sûrement sur la Citadelle de Besançon

La Citadelle de Besançon est l'un des monuments les plus visités en Franche-Comté. Vous pensez le connaître ? Vous ignorez sûrement beaucoup de choses à son sujet. Nous vous emmenons en visite secrète, à la découverte des trésors cachés de ce géant de pierre.

Par Sarah Rebouh

La Citadelle de Besançon surplombe fièrement la capitale comtoise, bien posée au sommet de la boucle bisontine. Elle représente une attraction touristique incontournable. Chaque année, 300 000 visiteurs la découvrent. En été, ils sont environ 70 000. Nous prenons peu de risques en écrivant que la grande majorité des Francs-Comtois ont déjà grimpé en haut de ses remparts, visité ses musées et découvert l'intérieur de cette forteresse impressionnante.

La plupart du temps, on la visite librement, sans guide. On déambule à travers les différents espaces. On parcourt le muséum en famille, avec les neveux et nièces, les grands-parents ou entre amis. Les plus intéressés connaissent bien l'histoire de la déportation durant la seconde guerre mondiale et ont découvert cette page sombre à travers le remarquable Musée de la déportation et de la résistance, l'un des premiers à avoir ouvert ses portes en France, en 1971.
 

Chacun pense connaître suffisamment Vauban, le créateur de génie, à l'origine de nombreuses citadelles à travers la France, inspirant des dizaines de monuments dans le monde entier. Sa statue, aux proportions hors normes, trône d'ailleurs fièrement à l'entrée du site bisontin.

Saviez-vous que Vauban ne s'appelle pas Vauban ? Son vrai nom est Sébastien Le Prestre. On y rajoutera à la fin de son nom "de Vauban", puisqu'il est né sur la terre de Vauban dans le Morvan.
 

Ces petits détails qui façonnent l'histoire, nous les avons découverts à travers une visite guidée proposée par la Citadelle de Besançon. Ce jour-là, nous sommes deux à nous joindre au groupe. Nous avons chacun déjà visité librement plusieurs fois l'édifice et pensons bien le connaître. La visite s'intitule "Citadelle secrète". Allons-nous y découvrir des choses ? On vous raconte...

La visite "Citadelle secrète", proposée depuis plusieurs années, permet aux visiteurs de mieux connaître les petites histoires et anecdotes de cet ouvrage, de ses moments de vie, de son créateur... avec comme clou du spectacle, l'entrée dans un "tunnel enterré" ouvert au public seulement durant l'été.

Hermine Chapron, médiatrice culturelle, joue son rôle à merveilles. Durant 1h15 de balade, elle nous plonge dans l'Histoire et nous raconte l'oeuvre de Vauban, l'histoire de la ville, sa conquête, les particularismes de l'architecture du lieu ou encore la vie quotidienne des soldats entre le 17ème et le 19ème siècle.
 
 

Vauban, un génie visionnaire


Vauban était un génie militaire. Ce dernier était capable de prendre n'importe quelle ville en 48 jours en moyenne. "Sur 40 sièges effectués, il en a gagné... 40 !" nous explique Hermine en poste à la Citadelle de Besançon depuis 5 ans. La jeune femme pleine d'entrain ponctue ses explications d'anecdotes et de blagues devant un groupe de 18 personnes, apparemment bien captivées. 

Elle nous explique que les deux tours, celle du roi et celle de la reine ont été érigées en l'honneur de Louis XIV et de sa femme Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne. "Vous remarquerez qu'il y a deux fleurs de Lys sur celle du roi, et une seule sur celle de la reine. À cette époque, ils ont évidemment une vision bien précise de la place de la femme" ironise Hermine. 
 

On s'aperçoit au fil des explications que Vauban a conçu la Citadelle dans son ensemble, en ne laissant aucune place au hasard et à l'improvisation. Ici, un mur en briques qu'on appelle mur traverse. Pourquoi ? Pour que les briques s'effritent sous l'effet des boulets de canon ennemis, contrairement à la pierre qui blesserait les soldats. Là, des trous rappelant les grilles de cachots à prisonniers, à la place de la billetterie et la boutique actuelles. Pourquoi ? Pour montrer aux visiteurs, dès leur arrivée dans la Citadelle, la puissance, la force et la dureté de ceux qui l'occupent. 
 

Besançon l'Espagnole


Saviez-vous que Besançon appartenait aux Espagnols, entre 1664 et 1674 ? Ces derniers avaient commencé à dresser une petite citadelle, dont Vauban dira qu'"elle n'avait que les os". En 1674, Louis XIV alors Roi de France décide de faire tomber les Espagnols et de reprendre Besançon. Il confie le siège de la ville à Vauban, qui très vite se rend compte des points forts de la ville, mais également de ses faiblesses : les collines avoisinantes. Après avoir placé des canons sur ces dernières, il fait tomber la ville en... 3 semaines. 
 


Vauban l'architecte


Hermine nous décrit avec passion les changements majeurs et les constructions qu'entreprend Vauban à Besançon. "Les murs sont élevés à 20 mètres, pour éviter les boulets de canon depuis les collines justement. Vauban s'adapte constamment au territoire. Ce sont les murailles qui suivent la colline, et pas l'inverse" explique notre guide du jour. On y découvre la technique de la tour bastionnée, créée avec du remblais de terre. On apprend que jusqu'à 1000 ouvriers travaillaient à la construction du monument, bâti sur 11 hectares, et qu'il fut achevé en 8 ans pour une somme mirobolante. Louis XIV se demande alors si les murs de cette forteresse n'ont pas été construits en or...

Sébastien Le Prestre met tellement d'efforts à rendre cette citadelle imprenable qu'elle ne sera jamais attaquée au 17ème et au 18ème siècle. On se demande alors si l'architecte militaire n'en a pas un peu trop fait. Enfin, ça a le mérite de freiner l'envahisseur.
 

Plus tard, la Citadelle sert de caserne militaire. Les soldats s'entassent dans les bâtiments qui jouxtent la place centrale, là où se trouvent désormais la brasserie et le snack. "Les soldats étaient 15 par chambre, pour 5 lits. Et à l'époque, on pensait que l'eau emmenait les maladies, donc on ne se lavait pas ! Je vous laisse imaginer" détaille Hermine, qui pointe ensuite du doigt un enduit sur le mur datant du 17ème siècle. Il servait à donner des cours de balistique aux jeunes soldats. Nous sommes passés des dizaines de fois devant ce rectangle blanchâtre par le passé, sans imaginer qu'il avait une réelle utilité à cette époque. 

La jeune femme nous compte l'histoire du puits et de la roue, de la chapelle, de l'occupation allemande, des résistants fusillés durant la seconde guerre mondiale et de la libération par les Américains. Elle finit par nous emmener au tunnel tant attendu, situé derrière une porte bien fermée à l'aide d'une grosse clé en bronze. "Ici, c'est la climatisation naturelle. Attention, c'est en pente et ça glisse" plaisante-t-elle en tirant vers elle la vieille porte en bois. "Ah !!! Super ! On reste là" s'exclame le groupe, plombé par une chaleur pesante, en entrant dans la galerie bien fraîche. On termine la visite avec quelques anecdotes supplémentaires et on apprend pour finir que la Ville de Besançon, après avoir hésité à racheter la Citadelle à l'armée en 1959, finira par l'acquérir pour la modique somme de... 720 euros !
 

On en aura appris des choses durant cette visite secrète, et humoristique. Grâce à Hermine, son bagou et son humour nous avons tous passé un très bon moment. "Moi, je n'avais rien vu de tout ça avant, pourtant j'étais déjà venu plusieurs fois. La seule chose que je connaissais, c'était l'histoire des murs traverses. Cette guide est vraiment très bien" témoigne Nicolas, un jeune Bisontin accompagné de Mélanie, Franc-Comtoise expatriée à Madrid.

Vous l'aurez compris, on partage cet avis et on vous conseille, même si vous tenez à votre autonomie, de vous joindre au moins une fois à une visite guidée aux côtés d'Hermine, pour percer tous les secrets de cette merveille de calcaire. 
 


Infos pratiques


Durée : 1 h 15.
Tarifs en complément de l’entrée Citadelle : adulte 2,30 € ; enfant 8-17 ans 1,20 € ; moins de 8 ans gratuit.
Réservation sur place le jour de la visite en fonction des places disponibles.
Ven. 26 Juil, 2019 15:30 - 16:45
Chaque semaine jusqu'au 1er septembre 2019
 

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