Enseignante menacée avec une arme factice à Besançon : les mineurs en juin devant le juge, un poste supplémentaire créé au collège Clairs Soleils

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Écrit par Sarah Rebouh

Mardi 17 mai, deux jeunes munis d'une arme factice ont menacé une enseignante au collège des Clairs Soleils à Besançon. Un poste supplémentaire va être créé par l'académie pour améliorer la vie scolaire. Détails.

Mardi 17 mai, deux jeunes de 13 ans ont menacé une enseignante au sein du collège des Clairs Soleils à Besançon, alors qu'elle était en train de donner un cours d'anglais. L'un des deux, ancien élève du collège expulsé en octobre 2021 de ce même établissement, était muni d'une arme factice achetée plus tôt dans un magasin de vente de produits à deux euros. L'enseignante victime a été extrêmement choquée et s'est vue attribuer 7 jours d'incapacité totale de travail.

"L'émotion vive à la suite de cet événement est tout à fait légitime. De son expulsion, le jeune de 13 ans en a conçu un certain dépit, ce qui l’a conduit le 17 mai à vouloir pénétrer dans l’établissement" a détaille Étienne Manteaux, procureur de la République, accompagné de Patrice Durand, directeur académique du Doubs ainsi que du commandant Christophe Touris, adjoint à la sûreté départementale.

"Approche, viens on va te tuer !"

Après une première tentative avortée, ils ont réussi à entrer dans le collège vers 15h30-16h puis ont déambulé dans un couloir. L'une des portes de classe était ouverte en raison des chaleurs du moment. Ils sont alors restés sur le pas de la porte et ont exhibé l'arme, "sans volonté de réelles menaces, mais plus pour jouer les caïds", selon Étienne Manteaux. "Il ne connaissait même pas cette enseignante" explique-t-il.

Les deux jeunes se sont enfuis dans le couloir après avoir été repérés par l’enseignante, qui est finalement sortie de sa classe. "Approche, viens on va te tuer !" aurait alors dit l’un des jeunes en pointant l’arme en direction de l’enseignante.

"Une très mauvaise imitation"

"Ils ont quitté le collège vers 16h10 et ensuite ont été interpellés rue de Vesoul vers 16h30. Ils ont été aperçus par un témoin, victime d’un vol de vélo, détaille le procureur de la République de Besançon. 
La fouille diligentée sur eux a permis de retrouver l’arme, une très mauvaise imitation mais qui dans l’émotion peut apparaître comme une arme réelle et créer une peur certaine chez la personne menacée".

Ils ont été entendus, et ont, au début, formellement contesté les faits pour finalement les reconnaître, niant tout de même avoir menacé l'enseignante, extrêmement meurtrie psychologiquement par la scène. "L’un explique que l’arme serait tombée.
Ils contestent tout acte positif de violence" détaille Étienne Manteaux.


Les deux individus, mineurs, sont en cours de déferrement devant le juge pour enfants. D’ici le mois de juin aura lieu leur présentation devant le tribunal pour enfants, pour intrusion dans un établissement scolaire afin d’y troubler la tranquillité, en réunion et armé ; violences commises dans un établissement scolaire et tentative de vol en réunion. L'audience devant le tribunal des enfants se tiendra à huis clos.

Un poste supplémentaire créé pour la vie scolaire


La victime a reçu une ITT de 7 jours, "liée au retentissement psychologique très intense subit, surtout dans un établissement scolaire alors qu'elle exerçait son métier".

Interrogé par nos soins concernant les conditions qui semblent se détériorer, selon plusieurs témoins, au sein du Collège des Clairs Soleils à Besançon, le directeur académique du Doubs a précisé qu'il ne fallait pas faire d'amalgame entre "un événement particulier" et le quotidien de cet établissement scolaire. Même si des faits problématiques sont reconnus par l'académie. Néanmoins, Patrice Durand a précisé : "Nous allons renforcer l’équipe de la vie scolaire avec un emploi supplémentaire d’assistant de prévention sécurité."