GRAPHIQUES. Pourquoi crée-t-on moins de richesses en Bourgogne-Franche-Comté qu’ailleurs en France ?

C’est le constat de l’Insee : la Bourgogne-Franche-Comté est la région qui enregistre la plus faible croissance économique en France métropolitaine entre 2000 et 2020. Un territoire particulièrement touché par les crises depuis le début des années 2000.

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La Bourgogne-Franche-Comté n'est pas la meilleure élève en ce qui concerne la création de richesse, d'après une étude de l'Insee, publiée début décembre. La grande région connaît la plus faible croissance économique de ces vingt dernières années et 2020 n'a rien arrangé. Elle se situe loin derrière l'Île-de-France, qui représente 30% du PIB du territoire.

La crise sanitaire a particulièrement ralenti la création de richesse en Bourgogne-Franche-Comté, et a entraîné une baisse du produit intérieur brut local de 7%. Le PIB régional s’élève à 76 millions d’euros en 2020, presque l’équivalent de celui du Luxembourg…pour une population quatre fois supérieure. Dans le détail, lorsque l'on s'intéresse au PIB par habitant, celui s'élève à 27 000 € en Bourgogne-Franche-Comté. C’est 7500 euros de moins que celui de la moyenne de la France métropolitaine.

Comment expliquer de tels écarts ?

Si on observe l'année 2020, la crise sanitaire a pu avoir des conséquences directes sur les secteurs de l’hôtellerie-restauration, du transport et de la logistique et de la construction. Cependant, dans une perspective plus longue, la richesse régionale s’érodait déjà dans les années 2000.

D’abord, les emplois proposés en Bourgogne-Franche-Comté peuvent expliquer sa faible performance. En effet, la région est très dépendante de l’industrie « en relative décroissance, alors que la création de richesse des vingt dernières années est avant tout portée par le tertiaire marchand. »

Ce phénomène s’accentue d’autant plus que la population vieillit : les « baby-boomers », les personnes nées entre 1946 à 1965, arrivent à la retraite. S'ajoute aussi aussi un manque d'attractivité du territoire : les jeunes actifs ne s'installent pas en Bourgogne-Franche-Comté. En conséquence, les personnes en âge de travailler sont de moins en moins nombreuses, alors que ce chiffre progresse dans les autres régions. Cependant, ¾ de ces personnes sont actives, c’est-à-dire en emploi ou au chômage. Une évolution positive, c'est un gain de 5 points par rapport à 2000.

La Bourgogne-Franche-Comté fait aussi face à une concurrence très forte. En effet, l’Insee souligne que « les opportunités d’emploi de la Suisse et des régions francilienne et lyonnaise attirent chaque année de plus en plus d’actifs de la région ». Or, ces emplois créent de la richesse localement dans d’autres territoires. La seule compensation, c'est que les revenus sont dépensés autour du lieu de résidence, c'est-à-dire dans la région.