Maison du don de Besançon : "La situation est vraiment tendue pour certains groupes sanguins"

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Cette semaine, l'Etablissement français du sang a alerté sur le niveau des réserves en produits sanguins. La Franche-Comté dispose de 10 jours de réserve, alors que le seuil de sécurité se situe à 14 jours. Une situation critique causée en grande partie par la vague Omicron.

C'est un appel que l'on entend régulièrement. Mais cette fois-ci, l'Etablissement français du sang (EFS) fait véritablement "face à une situation critique"

Ce mardi 8 février, l'EFS a publié un "bulletin d'urgence vitale". Actuellement en France, 70 000 poches de globules rouges sont en réserve, alors qu'il en faudrait 30 000 de plus. Cette situation, qui "pourrait s'avérer dangereuse à court terme pour soigner les patients", s'explique en grande partie par la crise sanitaire, et la vague liée au variant Omicron notamment. 

Une problématique à échelle nationale, qui, de facto, touche aussi la Franche-Comté. Cette dernière dispose de 10 jours de réserve, alors que le seuil de sécurité se situe à 14 jours.

Mobiliser ses proches quand on est donneur régulier

Ce jeudi 10 février, la Maison du don de Besançon peine à se remplir. La plupart des personnes présentes, venues donner plasma, plaquettes et globules rouges, sont des habituées. Elles ont répondu à l'appel lancé par l'EFS. 

"Je viens assez régulièrement, mais pas aussi souvent que je le devrais, reconnaît Emelyne. Quand on l'interroge sur son entourage, elle reconnaît que peu de personnes donnent leur sang. "Je passe des coups de fils de temps en temps pour inciter des amis à venir avec moi, mais ce n'est pas souvent entendu." 

Mathilde, elle, préfère les réseaux sociaux. "Je publie régulièrement sur Facebook sur le don du sang en disant que ça ne fait pas mal, que c'est vite fait et ça sauve des vies". Dans le siège d'à côté, Anthony, venu pour un don de plasma : "Quand le sujet vient sur la table, j'en cause. Après, je connais des gens qui ont des peurs phobiques des aiguilles." 

En cause : la vague Omicron

Justement, l'objectif de la Maison du don de Besançon, et par extension de l'EFS, est de toucher désormais les potentiels primo-donnants. Car les donneurs réguliers se rendent moins souvent disponibles. "C'est vrai qu'on a une baisse de fréquentation sur les collectes depuis le début de l'année", regrette Myriam Martaing, infirmière. 

Auparavant, le planning de rendez-vous (obligatoires depuis le début de la crise sanitaire) affichait toujours complet à la Maison du don. Mais depuis janvier, environ 15% des créneaux restent vacants.

Pour Christophe Barisien, pas de mystère : c'est bien la vague Omicron qui est passée par là. "Elle a touché énormément de citoyens, explique le responsable des prélèvements de l'EFS Bourgogne-Franche-Comté. Or, ils savent qu'ils doivent attendre 14 jours après avoir été testés positif au Covid-19 avant de donner. Et il y a aussi la crainte d'être contaminé sans le savoir par un proche". Sans compter le fort taux d'absentéisme du personnel de l'EFS.

1 don de sang = 3 vies sauvées

D'autant que la vague Omicron est venue aggraver une situation déjà inquiétante depuis deux ans. "De nombreux lieux ont été réquisitionnés pour la vaccination. Beaucoup de nos partenaires ne pouvaient plus nous recevoir, la collecte n'étant pas compatible avec le protocole sanitaire. Et il y a aussi les confinements, les couvre-feux, le télétravail et les cours à distance qui ont impacté nos donneurs réguliers", énumère-t-il. 

D'où l'appel au don de sang lancé cette semaine par l'Etablissement français du sang. "La situation est vraiment tendue pour certains groupes et sous-groupes sanguins", confirme Christophe Barisien.

Mais il est encore temps d'inverser la tendance. Le don de sang nécessite 1 heure maximum et est ouvert à tous de 18 à 70 ans (sauf quelques contre-indications).