« Où est Angela ? », un nom de code pour les personnes victimes de harcèlement de rue à Besançon

Publié le
Écrit par Sophie Hienard .

Une personne victime de violences dans l’espace public pourra se réfugier dans certains commerces, restaurants et bars en demandant « où est Angela ? ». Ce dispositif né en Grande-Bretagne sera effectif à partir du 25 novembre à Besançon.

A Besançon, 36 bars, commerces et restaurants afficheront désormais une vignette violette sur leur vitrine : « Où est Angela ? ». Entrer dans une boutique et prononcer cette phrase, c’est une nouvelle manière de demander de l’aide discrètement, lorsque l’on est sujet au harcèlement de rue. Un nom de code qui garantit la discrétion.

86% des femmes victimes de harcèlement de rue

Ce dispositif a été mis en place par la Ville de Besançon, le Centre d’Information sur les Droits de Femmes et des Familles (CIDFF) ainsi que l’Union des Commerçants de Besançon (UCB). « Il était nécessaire d'implanter ce mécanisme », lance Mélody Goux, juriste au CIDFF.

Chiffres à l’appui, elle déroule son explication : 86% des femmes ont déjà été victimes de harcèlement de rue. 76% ont déjà été suivies dans la rue. En ce jour dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, le déploiement de « Où est Angela ? » est un symbole fort.

La méthode des 5D 

Tous les participants ont été formés au préalable pour réagir à ces situations. « Le CIDFF a mis en place un cours dédié, explique la juriste. Pendant deux heures, nous évoquons les outrages, le harcèlement et les agressions sexistes, d’un point de vue juridique. » D'autres sessions seront organisées dans l'année pour tous les commerces qui souhaitent rejoindre l'opération.

Plusieurs points sont évoqués lors de cette formation. « Nous faisons des rappels tels que la différence entre la drague et le harcèlement : l’un est consenti par les deux parties, et l’autre non », reprend la juriste du CIDFF. La méthode des 5D est aussi expliquée : Distraire, Documenter, Diriger, Déléguer et Dialoguer. Mélody Goux détaille : « C’est une méthode qui peut être utilisée aussi bien pour les personnes victimes, que témoins, en cas de harcèlement de rue ».

 « Où est Angela ? », partout en France

En plus de mettre la personne en sécurité, les commerçants pourront également donner des informations comme des coordonnées d’associations, des numéros. En cas d’urgence, il pourra aussi évacuer la personne discrètement, voire appeler un taxi ou demander à la police d’intervenir.

Ce dispositif, importée de la Grande-Bretagne, existe déjà dans plusieurs grandes villes de France comme à Nîmes, Rouen, Caen, Amiens ou Reims ou Saint-Brieuc.

 

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