Quand "nounours" passe au bloc opératoire, les enfants n'ont (presque) plus peur du docteur

Comment faire passer l'angoisse, voire la peur, d'aller chez le médecin ou à l'hôpital ? En informant dès le plus jeune âge. C'est le sens de l'opération "l'hôpital des nounours". Toute la semaine à Besançon (Doubs), des enfants de maternelle sont accueillis par des étudiants en santé à l'UFR Santé de Besançon.

Jusqu'au 29 mars 2024, l'Association Nationale des Étudiants en Médecine de France organise l'Hôpital des Nounours. Des étudiants bénévoles y soignent les peluches d’élèves de maternelles pour dédramatiser les actes médicaux et éduquer les enfants. Cette action vise aussi à leur faire découvrir le monde hospitalier.

Dédramatiser les actes des soignants

Dans les locaux de l'UFR Santé de Besançon, les enfants et leurs nounours malades sont accueillis par des bénévoles étudiants en médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, kinésithérapie, soins infirmiers, et même orthophonie. Le faux bloc opératoire, installé pour l'occasion, peut parfois être impressionnant pour les enfants. "Tout de suite, on doit instaurer une relation de confiance avec l'enfant. Mais on garde le sourire, même avec le masque et ça les met à l'aise", raconte Lili-Jeanne Lancguillaume, étudiante en 3ᵉ année de médecine. "Si l'enfant est stressé, on ne va pas sortir les aiguilles tout de suite".

Il faut leur montrer que c'est une douleur éphémère et c'est pour leur bien

Louane Philippe, étudiante en soins infirmier

France 3 Franche-Comté

Parce que oui, les aiguilles des vaccins et prises de sang peuvent être une source d'angoisse chez les tout-petits. "Ça peut faire peur à tout le monde, mais il faut rassurer les enfants, car ils en feront sûrement plusieurs dans leur vie. Que ce soit pour les vaccins ou tous les dépistages en général. Il faut leur montrer que c'est une douleur éphémère et c'est pour leur bien", explique Louane Philippe, étudiante en soins infirmier. Elle continue : "L'aiguille, elle peut faire peur, c'est normal, on se dit que ça rentre en nous donc c'est un peu stressant pour eux. Alors, on doit leur expliquer clairement ce que c'est, et leur dire que s'ils veulent regarder, ils peuvent."

"On est vraiment dans un échange avec les enfants"

L'étudiant bénévole, accompagné de l'enfant, pose un diagnostic sur le doudou puis présente le matériel pour sensibiliser l'enfant. Enfin, les peluches et leur jeune propriétaire sont conduits auprès des spécialistes pour être soignées. Après la consultation, un étudiant en pharmacie va leur donner des (faux) médicaments pour nounours. Chaque spécialité va soigner la peluche, en expliquant le déroulement des actes et leur rôle. "On est vraiment dans un échange avec les enfants. On va sensibiliser les enfants au matériel, aux possibles médecins ou chirurgiens qu'ils vont pouvoir rencontrer dans leur vie", précise Lily-Jeanne Lancguillaume, étudiante en 3ᵉ année de médecine.

Le module permet également de montrer aux jeunes des gestes très simples. "On peut aussi leur faire pratiquer en leur faisant poser un plâtre ou même juste un pansement. Je pense que le plus important, c'est de les mettre à l'aise et surtout d'échanger". Si l'enfant se sent bien, il peut également essayer le stéthoscope.

Passer un bon moment avec les futurs soignants

A priori, pas d'angoisse en allant chez l'orthophoniste. Mais pour Marie Defontaine, étudiante en 2ᵉ année d'orthophonie, : "L'angoisse chez l'enfant n'est pas la même que pour des piqûres ou des opérations où l'on peut se dire que ça peut faire mal. Il n'y a pas forcément de douleur en orthophonie, on va davantage intervenir sur des gènes, sur de petites angoisses, des moqueries. C'est vraiment aider toutes les personnes qui ont besoin de se sentir mieux avec leur élocution, à communiquer au mieux avec les autres, car c'est en communiquant qu'on apprend à se construire", souligne-t-elle. Elle rajoute qu'il "y a beaucoup de bienveillance dans ce métier".

"Je pense que la plupart des enfants passent un bon moment et on le voit bien. On va faire en sorte de s'adapter à l'enfant pour qu'il passe un bon moment avec nous", conclu Lili-Jeanne Lancguillaume.

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