Romain Grégoire remporte le Tour du Limousin, le coureur de Besançon confirme encore un peu plus son statut de futur grand du peloton

Le cycliste bisontin de 20 printemps s'offre un été mémorable, en remportant deux étapes et le classement général du 56e Tour du Limousin. Celui qui va s'aligner dans une semaine sur son premier grand Tour, la Vuelta, continue son ascension.

Avec 38 secondes d'avance sur Benoît Cosnefroy (Ag2r-Citroën) avant cette dernière étape du Tour du Limousin-Périgord-Nouvelle Aquitaine, ils étaient peu à parier sur une défaillance du Bisontin ce vendredi, déjà vainqueur, de la tête et des épaules, de la première et troisième étape de l'épreuve. 

Parce que Romain Grégoire n'est pas seul sur ce Tour. Il est le jeune leader d'un commando de six coureurs à son service qui aura maîtrisé la course depuis mardi et muselé les Ag2r.

Et parce que cette étiquette de futur grand du peloton ne semble vraiment pas trop imposante pour l'ancien coureur de l'Amicale Cycliste Bisontine, capable d'assumer un rôle qui pourrait en bloquer certains. Jeudi, dans l'émission de la chaîne l'Equipe, son directeur sportif, Philippe Mauduit, expliquait pourquoi le Comtois dégageait de la confiance.

Romain gère bien la pression, ce n'est pas facile pour un garçon de 20 ans. Les protocoles sont super longs, il arrive au bus 45 minutes après ses copains tous les jours. Il ne dort pas toujours très bien parce que ses coéquipiers roulent pour lui toute la journée et que ça ajoute une pression supplémentaire. Il apprend tous les jours, et il apprend super vite. 

Philippe Mauduit, Directeur sportif de la Groupama-FDJ

Chaîne L'Équipe

Ce vendredi, pour la dernière étape de 170 km entre Glandon-Pays de Saint-Yriex et Limoges, le puncheur bisontin n'aura pas eu besoin de forcer son talent (il l'avait fait la veille sur l'étape la plus dure de l'épreuve). 

Mais comme le discret Romain se sent pousser des ailes, il n'a pu s'empêcher, à 500 mètres de l'arrivée, de servir de poisson pilote pour tenter de faire gagner son sprinteur Lewis Askey. C'est finalement Hugo Page, de l'équipe Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux, qui remporte le sprint. Le britanique se contentant de la 6e. 

Une quatrième et dernière étape qui n'aura aucune incidence sur le classement général, Grégoire devance Benoît Cosnefroy de 38 secondes, qui a bien tenté un coup en début de course ce vendredi, mais qui aura vite été repris par le peloton et son partenaire à la FDJ, Michael Storer, à 50 secondes derrière son jeune leader.

C'est cool ! 

À l'arrivée, sur le plateau de la chaîne l'Equipe, Romain Grégoire est revenu sur cette victoire et sur son rôle de poisson pilote ce vendredi. "C'est fait, je suis content d'en finir car sur ce genre de circuit on ne sait jamais ce qu'il peut se passer. On avait une grande équipe pour contrôler la course et j'avais prévenu Lewis ce matin que l'objectif numéro un c'était la défense du maillot jaune mais que si tout se passait bien, on essayerait de le faire gagner au sprint."

Quelle belle première année chez les pros pour le Bisontin ! Il en est désormais à 5 victoires en course et épingle déjà un deuxième Tour après les Quatre Jours de Dunkerque remportés en  mai dernier. Tout ça en quelques mois seulement. 

"Je suis rassuré sur ma forme " poursuit-il en direct. "J'ai fait le plein de confiance pendant ce tour. Je sais qu'à la Vuelta ce sera une autre concurence et une autre difficulté, mais c'est bon pour le moral."

Et quand on lui annonce que ses 5 victoires d'étapes cette année pour sa première saison représentent 31% des victoires de l'équipe il répond un sincère et désarmant "c'est cool !". "J'ai conscience que c'est vraiment cool. C'est génial."

Par téléphone, Pascal Orlandi, le président de l’Amicale cycliste bisontine, est impressionné par son ancien poulain. Impressionné mais pas étonné.

Je vois ça comme une progression linéaire. Il a quitté le club au plus haut niveau mondial de sa catégorie des juniors et depuis qu'il a rejoint la FDJ, sa volonté et ses grandes qualités physiques et mentales lui permettent de s'installer comme un futur grand champion. Je suis même convaincu qu'il a apporté un nouvel état d'esprit à la FDJ avec l'envie de vaincre. Il a passé les 4 jours comme un vrai leader, en sachant mobiliser ses équipiers et en leur donnant une pleine confiance. Je pense que dans sa tête trotte déjà 2024 avec de nouveaux objectifs !

Pascal Orlandi, Président Amicale Cycliste Bisontine

Dans une semaine maintenant, le cycliste de 20 ans va basculer encore dans une nouvelle dimension avec la Vuelta, le Tour d'Espagne. Ses capacités d'adaptation semblent tellement élevées qu'on imagine qu'il va apprendre vitesse Grand V. Et pourquoi pas montrer ses talents de puncheur au plus haut niveau. Son histoire ne fait que commencer.

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