Tarifs de l’électricité: "C’est 500 euros d’augmentation par an pour une famille", alerte la CGT d’EDF

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Alors que la hausse des tarifs de l’électricité est limitée artificiellement par le gouvernement, à Besançon les représentants CGT d’EDF tirent la sonnette d’alarme à la fois sur les conséquences financières pour leur entreprise et sur les conséquences sociales à venir pour les clients.

Les prix de l’électricité flambent, et le gouvernement contraint EDF à vendre son électricité à bas prix à ses concurrents afin de protéger le pouvoir d’achat des Français.  

La situation préoccupe le comité social et économique de l’entreprise, qui vient de déclencher un droit d’alerte, mais aussi les représentants CGT d’EDF à Besançon.

Au final, c'est le contribuable qui paiera

Christophe Lime, délégué CGT - EDF et élu municipal PCF à Besançon

« C’est 8 milliards de manque à gagner pour EDF », dénonce Pascal Jeanmougin, secrétaire général de la CGT Energie pour le Sud-Franche-Comté. Nous sommes obligés de vendre à nos concurrents privés au prix de 42 euros le mégawatt/heure alors que les prix du marché sont montés jusqu’à 600 euros la semaine dernière. On demande à EDF de racheter GE, de caréner les centrales… On charge la barque d’EDF ».  

La faute, selon les syndicalistes, à la libéralisation du marché. Avec des conséquences très concrètes sur la facture des Français, de leurs entreprises et de leurs collectivités. « C’est 500 euros d’augmentation par an pour une famille. Pour la Ville de Besançon, c’est 35% d’augmentation, annonce Christophe Lime, délégué CGT et élu municipal PCF. On passe de 4,8 millions en 2021 à 6,5 millions pour 2022. Au final, c’est le contribuable qui paiera ! »

On ne veut pas apparaître comme les ayatollas du nucléaire, mais il faut rouvrir Fessenheim.

Christophe Lime, délégué CGT - EDF et élu municipal PCF à Besançon

Dans ce contexte, comment s’en sortir ? Pour les représentants syndicaux, il n’y a pas d’autre solution que de renationaliser EDF et de revenir au tarif régulé pour toutes les collectivités locales. « La renationalisation, ça coûte 5 milliards, estime Pascal Jeanmougin. Or l’Etat va mettre 16 milliards pour limiter la hausse des tarifs sur le marché. »  

Les cégétistes prônent un « plan Marshall » pour les économies d’énergie même si, de l’automobile au chauffage en passant par les nouvelles technologies, tout concourt à l’augmentation de la consommation électrique. « Il faut relancer la production électrique au niveau européen, abonde Christophe Lime. On ne veut pas apparaître comme les ayatollas du nucléaire, mais il faut rouvrir Fessenheim. Les mini-centrales, Emmanuel Macron n’en fera aucune. Il faut aussi développer massivement les énergies renouvelables, sous la responsabilité d’EDF. C’est vrai que la CGT n’a pas été suffisamment porteuse des énergies renouvelables dans le passé ».

Sur le nucléaire, les syndicalistes défendent de nouveaux investissements dans la filière, davantage de formation et une stratégie industrielle, regrettant l’abandon des projets Astrid ou Super Phoenix.  

Et si rien n’est fait ? « On court à la catastrophe », prédit Christophe Lime. Comprendre des coupures d’électricité, faute de production suffisante en France.