"C'est un beau coup de projecteur" : le château de Roche-lez-Beaupré tape dans l'œil du magazine Des Racines et Des Ailes

Ils se battent pour redonner vie au Château de Beaupré, près de Besançon (Doubs). Leur incroyable défi a touché l'émission Des Racines et Des Ailes qui va les suivre dans leurs efforts pour restaurer la bâtisse et sa chapelle construites au XIXème siècle sur le site de l'ancien prieuré du Moyen-Âge.

Pas une seconde à perdre. Les nouveaux propriétaires du château de Roche-lez-Beaupré multiplient les prises ce dimanche 12 mai 2024. Depuis la veille, l'équipe de télévision enchaîne les séquences dans le parc, la chapelle ou dans les chambres à l'étage. Il y a beaucoup (trop) à voir et à dire. Le planning est serré pour ces deux premiers de tournage.

Des Racines et Des Ailes, la célèbre émission de France télévisions, consacrée au patrimoine, à l’histoire et à la connaissance, présentée par Carole Gaessler, a été touchée par le pari fou de Perrine Guillery et François Kleinclauss. Elle est vétérinaire, lui chirurgien. Le couple a eu un coup de cœur pour cet édifice du XIXème siècle et a décidé de le remettre en état.

C'est l'aventure d'une vie qui démarre pour eux. Un chirurgien et une véto, qui se mettent à restaurer un patrimoine comme celui-là, c'est étonnant. Et ce qui m'a surtout plu, c'est qu'ils ne veulent pas le garder pour eux. Ils veulent l'ouvrir au public. C'est chouette !

Julie Zwobada, réalisatrice Des Racines et Des Ailes.

Diffusion en janvier 2025

Et ils figureront en bonne place dans toute la galerie de personnages de ce grand film de 115 minutes que l'on pourra seulement découvrir en janvier 2025 sur France 3. Un épisode de la collection "Terroirs d'excellence" entièrement dédié à la Franche-Comté, dans lequel la réalisatrice s'arrêtera notamment sur l'héritage des protestants du Pays de Montbéliard et le temple Saint-Martin, le savoir-faire horloger ou celui des lapidaires du Haut-Jura, ou encore sur les efforts du Centre Athénas pour la préservation du lynx dans la région.

"C'est un beau coup de projecteur, une belle mise en lumière, reconnaît François Kleinclauss Ça nous a boosté pour relancer et accélérer le chantier des chambres d'hôtes, on a un peu la pression là mais on ne se plaint pas." Car les maîtres des lieux espèrent que cet éclairage médiatique sera un atout pour défendre l'inscription aux monuments historiques de l'ensemble du domaine. Un classement utile pour parvenir à financer l'ensemble des travaux à venir et qui s'élèvent à plus de deux millions d'euros.

Un lieu chargé d'histoire

Le château de Roche-lez-Beaupré mérite indiscutablement cette reconnaissance selon Pascal Brunet, historien à Besançon. C'est lui qui accompagne Perrine Guillerey et François Kleinclauss dans leur projet, qui les guide dans leurs recherches pour reconstituer le passé du château.

C'est une propriété qui est intimement liée à l'histoire de Besançon et de la Franche-Comté. C'est une histoire complexe que ce soit avant ou après la Révolution. Avec notamment François Bonvalot, le beau-frère de Nicolas de Granvelle, un grand ecclésisatique qui était Prieur de Beaupré.

Pascal Brunet, historien.

"Le château a également accueilli un centre d'apprentissage pour les ouvriers horlogers de 1792 à 1802, ajoute l'historien. Il a été surtout le domaine familial de Claude Charles Mallié qui était le gendre de Jean-Agathe Micaud, le maire de Besançon (qui a donné son nom au fameux parc de la ville au bord du Doubs, NDLR)."

De quoi rendre ce voyage dans le temps encore plus palpitant pour Pascal Brunet. "C'est très excitant de pouvoir m'emparer de ce sujet et d'ouvrir des liasses de documents jamais consultés. C'est comme un puzzle, il faut trouver les bonnes pièces."

Chantier collaboratif

Et il n'est pas le seul à avoir été embarqué dans l'histoire. Ils sont plus d'une vingtaine à pied d'œuvre ce jour-là pour redonner des couleurs aux encadrements extérieurs des fenêtres et au grand auvent de la ferme attenante au château. Certains n'ont pas hésité à faire des kilomètres depuis Paris ou la Meuse pour donner un coup de main.

Au pinceau ou au rouleau, ils appliquent une couche d'ocre rouge sur le bois. Et ils ont du pain sur planche. Au sens figuré comme au sens propre. Car ici, on ne transige pas : c'est une "peinture à la farine" pour respecter l'authenticité du lieu.

"Cela vient des Vikings apparemment, sourit Séverine, venue de Valdahon (Doubs) prêter main-forte à sa petite cousine Perrine. On risque de manquer de peinture pour passer la deuxième couche. Elle ajoute un à un les ingrédients — ocre, sulfate de fer, farine de blé, eau, savon, huile de lin — dans un gros réchaud, en suivant scrupuleusement la marche à suivre indiqué dans son petit livre. "C'est comme la recette d'un gâteau, lance-t-elle en riant. Il ne faut pas de grumeaux. Il faut porter à ébullition et laisser cuire pendant deux heures !"

"Ils ne font pas de compromis", assurent d'une même voix Yann et Stéphanie, des amis du couple. "On a fait des essais avec des peintures industrielles mais ça n'allait pas, explique Perrine Guillerey. Il fallait retourner à l'essentiel. On cherche à rester dans une certaine vérité, même si ce n'est pas toujours simple."

Une volonté et un enthousiasme à toute épreuve qui a motivé la famille les amis ou les collègues de travail à les aider. "Ils sont assez pragmatiques dans la folie, ils savent ce qu'ils veulent et ils le font, souligne Franck qui a tout de suite répondu présent pour ce chantier collaboratif. "On va même bientôt venir planter aussi des arbres à l'automne", ajoute Marie à ses côtés.

"Cette aventure, on est très contents de pouvoir la partager avec la famille et les amis", confie François Kleinclauss. L'équipe de Des Racines et Des Ailes, elle, c'est sûr, reviendra sur place en septembre prochain pour compléter le tournage. En espérant que les chambres d'hôtes seront terminées à temps. La suite au prochain épisode.