EN IMAGES. De plus en plus de cigognes : fière, cette commune du Doubs met une caméra au-dessus de son nid

Il y a des bonnes nouvelles dans la vie. En France, on compte aujourd’hui plus de 5.000 couples de cigognes. À Allenjoie dans le Doubs, la mairie chouchoute son couple de cigognes qui vient de donner naissance. Du monde entier, on peut les regarder vivre en direct leur vie.

Bébé cigogneau est déjà bien grand. Ses parents se relaient pour le nourrir. Deux à trois heures par jour, le couple fait sa toilette. On ramène des branches, du matériel pour solidifier le nid, ou le rendre plus douillet. Ainsi va la vie des cigognes. À deux pas de l’Alsace, le nord de la Franche-Comté accueille aussi la cigogne blanche au long bec, celle qui dans les histoires, livre les bébés.


Avec la ligue de protection des oiseaux et Enedis, un mat a été installé en 2020 avec un nid intégré. Un palace presque luxueux pour éviter que la cigogne ne s'installe dans le village sur une installation électrique. 

Elles se fichent pas mal de nous, elles vivent leur vie là-haut dessus. Dans la commune, ça a ajouté un peu de piment. C’est quand même poétique d’avoir de si grands oiseaux installés dans un village.

Jean Fried, maire d’Allenjoie

Jean n’est pas peu fier de ce couple qui revient chaque année nicher sur le même site. Accouplement, pontes successives tous les deux jours, éclosions des petites puis nourrissage, la caméra reliée au réseau wifi de la mairie permet de diffuser la vie de Mr et Mme Cigogne sur YouTube en direct.

Voir le vivant et le protéger


Pour la ligue de protection des oiseaux, l’idée de la caméra est bonne. Elle permet de sensibiliser les habitants. 

“Ici dans le secteur, on a beaucoup de population de cigognes d’Allemagne ou de Hollande, car elles se portent très bien. Donc le débordement se fait naturellement. Et une population de cigognes en bonne santé, qui génère des jeunes, c’est la dynamique habituelle. Après, ça dépend des ressources qui sont là. D’où l’importance de préserver nos zones humides” souligne Georges Lignier, LPO au micro de nos journalistes Emmanuel Rivallain et Rémy Poirot.

Car la Cigogne blanche se nourrit essentiellement d'invertébrés (en particulier les coléoptères et les orthoptères), de mollusques, limaces, escargots, lombrics, de micro-mammifères et désormais d'écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii).

Des migrations moins lointaines qu'avant

En France, on comptait 11 couples de cigognes en 1974. Aujourd’hui, elles sont plus de 5.000. C’est en Charente-Maritime qu’elle est le plus présente avec plus de 500  individus.


Comment expliquer ce retour en force de l’oiseau ? Des efforts ont été menés, avec l’installation de nids. Il y a moins de décharges où les cigognes pouvaient s’empoisonner, moins de produits chimiques utilisés en agriculture. La cigogne est moins chassée aussi en Afrique. Qui plus est, une large part de la population de cigognes ne descend désormais l’hiver que jusqu’à la péninsule ibérique ou à la frange du Maghreb sans traverser le Sahara et ses 70 degrés de jour. Cela facilite le trajet aller et retour des cigognes. L’espèce va mieux. Georges Lignier et les spécialistes qui étudient la cigogne ont pu constater une maturité sexuelle plus précoce des cigognes. À Allenjoie, la femelle s’est reproduite pour la première fois à l’age de quatre ans au lieu de 5-6 ans en général pour l’espèce.