Nécropole militaire de Rougemont : un repos pour l’éternité

À Rougemont, dans le Doubs, 2169 stèles de soldats morts durant la deuxième guerre mondiale. Parmi eux, se trouvent de nombreux musulmans, venus du Maroc, d’Algérie... Visite de ce lieu symbolique à l’occasion du 8 mai, date de la reddition sans conditions de l’Allemagne nazie.
© Pascal Sulocha
Ils sont morts pendant la deuxième guerre mondiale. Certains durant la campagne de 1940, la plupart au cours de la libération, à l’automne 1944.
Ils s’appelaient Jean, Niamba, René, Abdelkader ou encore Van Quon ou David… Ils étaient chrétiens, musulmans, juifs… Ils sont tombés lors des combats au col de Bussang, à Fresse, en Haute-Saône, ou encore à Pontarlier, Mouthe... Ils appartenaient à la Première armée Française commandée par le général de Lattre de Tassigny. 
À Rougemont, bien alignées, 2169 stèles, dont 1251 musulmanes, sans oublier les 152 qui portent juste la mention « inconnu »…

Pourquoi Rougemont

Plusieurs corps étaient déjà enterrés dans d’autres cimetières civils, en Côte d’Or, Haute-Saône, Doubs, Vosges… Ils ont été rassemblés ici, entre 1951 et 1958 pour faciliter l’entretien des sépultures, assuré par l’Etat français. Cette nécropole militaire est installée sur 1,4 hectare. À quelques kilomètres du château de Bournel, où le général de Lattre de Tassigny avait installé son QG.
Le château de Bournel appartient à la famille de Moustiers. Léonel de Moustiers, homme politique et son gendre, tous deux résistants, sont morts en déportation.

Pourquoi tant de morts

Le 15 août 1944, a lieu un autre débarquement : celui de Provence, à Saint-Raphaël.
Trois semaines plus tard, les troupes libèrent Besançon, Mouthe, Pontarlier… Puis, le front se stabilise, s’enlise dans la vallée du Doubs : les munitions et le carburant manquent. De plus, les Nazis ne veulent pas céder du terrain si proche de leur « mère patrie », compte tenu du fait qu’ils considèrent l’Alsace comme allemande. Les combats durant l’automne 44 sont meurtriers.

L’Amalgame

Fait important : c’est ici qu’a lieu l’amalgame, c’est-à-dire la relève des soldats venus des colonies par les Résistants du continent. Les Artilleurs d’Afrique, les Tirailleurs Tunisiens ou Algériens, les Tabors Marocains, les Zouaves… ont beaucoup combattu. Certains ont même déjà participé à la campagne d’Italie. Épuisés, ils supportent mal les rigueurs du climat auxquelles ils ne sont pas habitués. Ils sont remplacés par les Résistants…

Uniformité et éternité

Dans ce cimetière, est inhumé le général Diégo Brosset, mort accidentellement lors de la Libération. Il commandait la 1re Division de la France Libre. Il avait déjà combattu les Allemands de 1916 à 1918. Il a rejoint le général de Gaulle à Londres pour participer à la Résistance…
À ses côtés, un Deuxième Classe, Emile Ernest Fuchs. Pas de signe distinctif entre les deux hommes. Égaux dans la mort.
Et pour l’éternité : en effet, ces tombes ne seront jamais relevées.
 
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