Saint-Vit : collège Jean Jaurès en souffrance, « on a 31 élèves dans une classe de 3e »

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Écrit par Vanessa Hirson

Suite à de nouvelles coupes budgétaires, le collège Jean Jaurès de Saint-Vit (Doubs) voit ses moyens horaires à nouveau amputés alors que dans le même temps les effectifs augmentent. Ce mercredi 6 avril, à midi, parents et enseignants se sont réunis devant l’établissement pour dénoncer les conséquences de ces choix.

Élèves "sacrifiés", professeurs en souffrance, parents consternés, le collège Jean Jaurès de Saint-Vit, dans le Doubs, affiche un zéro pointé, à en croire le corps enseignant. Et ce n’est pas la nouvelle dotation globale horaire annoncée pour la rentrée 2022 qui va faire augmenter la note, bien au contraire.

« On nous annonce la suppression d’une classe, soit 29 heures, alors que nos effectifs augmentent de façon conséquente et que 18 nouveaux élèves vont intégrer l’établissement en septembre prochain » explique dans un communiqué commun le collectif Parents et Personnels.

Cette année déjà, l’effectif des élèves dans les classes est à la limite de l’acceptable. Un peu moins de 30 par classe, sauf une classe de 3ème, qui bat des records avec 31 élèves. « À terme, cette norme s’appliquera à tous les niveaux si nous n’alertons pas dès maintenant sur les conditions de travail des enseignants et des élèves » s’alarme Céline Guarinos-Klein, professeure d’anglais, élue au CA et au SNES en CAPA (Commission Paritaire Académique). 

Faire toujours plus avec moins de moyens 

La crise sanitaire du Covid 19 a fragilisé certains élèves déjà en difficulté. Les classes surchargées et maintenant cette classe supprimée creusent encore un peu plus l’écart avec ceux qui réussissent. Pour les moins autonomes, il est demandé aux enseignants d’adapter et d’individualiser leur prise en charge. Ainsi des aménagements individualisés, des projets d'accueil individualisé (PAI) et des Plans d'Accompagnement Personnalisé (PAP), se multiplient mais leur mise en œuvre est rendue compliquée par le manque de moyens.

« Dans un système scolaire qui se veut de plus en plus différencié et inclusif, il n’est pas possible de faire plus avec moins de moyens. Saint-Vit fait encore les frais d’une politique d’économie d’échelle, malgré des salles de classe déjà totalement saturées. Nous dénonçons ces mesures qui, petit à petit, transforment le collège en simple lieu d’accueil où les apprentissages ne peuvent plus se dérouler dans des conditions satisfaisantes. De plus cette situation engendre chez les enseignants soucieux de leur mission un profond sentiment d’amertume et de dépit, face à l’accumulation d’injonctions souvent paradoxales et au manque croissant de moyens humains, horaires et matériels » dénonce Céline Guarinos-Klein. 

Soutien des parents aux enseignants

Par le biais de leur association, les parents d’élèves du collège Jean Jaurès expriment leur inquiétude et apportent leur soutien aux enseignants. Pour eux, cette situation n’est pas favorable à l’épanouissement et à la bonne réussite des collégiens.

« Les années collège sont, pour les enfants, des années difficiles, pendant lesquelles ils doivent apprendre à se socialiser hors de leur petite école tout en apprenant à devenir de plus en plus autonomes pour affronter le lycée et très vite leur vie d’adulte. Mais ce sont aussi quatre années de grands bouleversements et de grands questionnements pour les enfants. Comment prendre confiance, trouver sa place dans des classes à 30 quand on a 12 ou 14 ans ? » s’interrogent-ils dans un communiqué.

En outre, ils demandent à revenir à des effectifs à taille humaine. « 25 élèves par division est un effectif à ne pas dépasser selon eux si l’on prend en considération tous les enjeux des conditions d’enseignement. L’éducation est un investissement à long terme et non une charge à compresser en fonction d’impératifs budgétaires » poursuivent-ils.

Mobilisation ce mercredi 

A midi, ces parents étaient aux côtés des enseignants, rassemblés devant le collège de Saint-Vit pour demander à bénéficier d’une enveloppe suffisante pour favoriser la qualité de l’enseignement et d’avoir une classe supplémentaire par respect pour les élèves.

Une délégation de parents et d’enseignants a déjà rencontré les services du directeur des services départementaux de l'éducation (DASEN) afin d’obtenir une dotation à la hauteur des enjeux du collège, sans garanties suffisantes. Une prochaine rencontre devrait se tenir en juin.

Depuis 2017, plus de 7 000 postes d’enseignants ont été supprimés dans le secondaire, en France.