Sécheresse des rivières : quel impact pour la navigation sur les sites touristiques et les rivières de Franche-Comté ?

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Alors que les cours d'eau sont au plus bas, les vedettes touristiques s'adaptent et les professionnels des voies navigables de France optimisent les fonctionnements des écluses.

En Franche-Comté, deux secteurs d'activités nautiques sont à distinguer, à savoir la navigation de plaisance ou touristique, et la navigation de type transport de marchandise qui concerne notamment le canal Rhin-Rhône. Dans les deux cas les plaisanciers s'adaptent.

Bateaux et navettes touristiques du saut du Doubs

A Villers-Le-Lac deux entreprises proposent des ballades à proximité du saut du Doubs. Toutes les deux se sont adaptées compte-tenu de l'impossibilité de naviguer dans les méandres du Doubs et sur le lac de Chaillexon totalement asséché.  Les balades sont donc réduites en distance, elles passent de 14 kilomètres aller-retour en temps normal à 6 kilomètres actuellement mais sans modification de durée, le niveau bas permettant de consacrer plus de temps aux falaises des canyons, rendues plus spectaculaires. Avec de petites variantes selon les compagnies : 

Pour l'entreprise des "bateaux du saut du Doubs" l'embarquement a été déplacé. Il est désormais situé à l'entrée des bassins, première zone navigable en direction des canyons.

L'itinéraire aller-retour est de 6 kilomètres mais si la distance a été réduite, la durée reste la même. La croisière propose la traversée du canyon et la découverte des impressionnantes falaises. Une halte d'une heure à proximité de la cascade asséchée, permettant aux passagers de débarquer et de profiter d'une balade fraicheur dans la forêt qui borde la rive.

Du côté de l'entreprise voisine et concurrente des "vedettes panoramiques du saut du Doubs" la situation est identique mais le sens de la croisière est inversé. Toujours réalisée sur 6 kilomètres aller-retour, elle démarre à quelques centaines de mètres de la cascade asséchée et se poursuit dans le canyon, jusqu'aux grands bassins avant d'effectuer un demi-tour. Les falaises imposantes sont aussi au programme et les touristes apprécient toujours le calme des navettes électriques.

Certes nous n'embarquons plus à Villers-Le-Lac mais à cet endroit est facile, sans besoin de marcher longuement pour monter à bord. Les touristes sont de suite au coeur des falaises et avec le silence de nos bateaux électriques, ils profitent pleinement de la majestuosité du site.

Muriel Michel, PDG des vedettes panoramiques du saut-du-doubs.

A Besançon, les circuits de promenade dans la boucle du Doubs se poursuivent quasi normalement. Là aussi deux sociétés proposent des balades aux touristes. 

Les "vedettes de Besançon" avec le bateau "Le battant" et son commandant le capitaine Aziz qui se veut plutôt rassurant.

Je navigue depuis 30 ans mais je n'ai jamais vu une situation pareille aussi tôt dans la saison. Mais je ne suis pas inquiet car nous bénéficions de barrages qui régulent le niveau d'eau dans la boucle de Besançon. Tant que l'eau passe dessus, nous n'avons pas de problème.

Capitaine Aziz, commandant du bateau "Le battant"

Même sérénité affichée du côté du bateau concurrent "Le vauban", dont les croisières restent normalement assurées grâce à un chenal creusé dans la boucle sur un mètre trente de profondeur, permettant aisément aux bateaux à faible tirant d'eau de naviguer en sécurité.  

Côté rivière Doubs, voies navigables de France qui gèrent la navigation sur le canal Rhin-Rhône est en alerte. Les écluses sont placées en mode d'optimisation afin de limiter des ouvertures / fermetures inutiles et consommatrices d'eau en amont.

Aucune restriction de navigation n'est pour l'instant en vigueur, mis à part une limitation du mouillage (enfoncement des bateaux dans l'eau) à un mètre cinquante au lieu des deux mètres habituels.

Sur la Saône, et la petite Saône ( à partir de Gray et en direction de Lyon) la navigation reste normale mis à part l'organisation du regroupement des bateaux pour leurs passages dans les écluses.

En Bourgogne la situation est plus complexe, avec notamment la fermeture d'une partie du canal de Bourgogne.