Haute-Saône : Le loup aurait-il attaqué des bêtes ?

Des exploitants ont perdu deux agnelles et une génissse mercredi sur deux exploitations différentes en Haute-Saône près de Fougerolles. Il pourrait s'agir d'une attaque de loup mais rien est confirmé. Quatre caméras ont été installées pour identifier le prédateur. 

Le loup
Le loup © christels via Pixabay
C'est un stress pour l'éleveur de brebis. Avec son épouse Julie, Joseph Lopes élève un troupeau de 180 brebis et agneaux à Fougerolles, en Haute-Saône. Mercredi, l'éleveur a retrouvé deux agnelles attaquées par un prédateur. Venu sur place, un représentant de l'Office Français de la Biodiversité a pu constater que les traces laissées sur les bêtes pourraient être celles d'un "grand canidé" mais rien ne prouve qu'il s'agit d'un loup, cela pourrait être aussi un Chien loup Tchèque. 

Quatre caméras ont été posées sur l'exploitation pour tenter d'identifier l'animal. Joseph Lopes a bien vu un animal ressemblant à un loup roder près de son exploitation mais impossible de savoir si c'est un loup. Loup ou chien, l'exploitant a perdu deux animaux. Il a décidé de rentrer son troupeau à l'abri. Conséquence immédiate, il doit puiser dans son stock de fourrage pour les nourrir. 

La préfecture de Haute-Saône confirme ces attaques et précise "qu'un grand canidé est manifestement à l’origine de ces attaques. Il est aujourd’hui impossible d’affirmer s’il s’agit d’un loup ou d’un grand chien. L’expertise et le processus d’indemnisation sont engagés."

Comme le loup est une espèce protégée en France depuis l’arrêté ministériel du 22 juillet 1993, l’État doit donc veiller à sa conservation. Si sa présence en Haute-Saône est confirmé, il ne pourra pas être chassé en revanche si c'est un chien-loup, il pourrait être tué. 

Une exploitation voisine a été victime d'une attaque. Cette fois-ci, il s'agit d'une génisse qui a été attaquée sur la Ferme Jechoux La Marandine. Isabelle et Laurent Jechoux ont du euthanisié une de leurs génisses. Jeudi, sans doute au petit matin, elle a été attaquée par une bête sans être tuée. Là aussi, les spécialistes de l'OFB se sont déplacés et deux caméras ont été posées. 

Ces deux exploitations sont situées au pied du ballon des Vosges. Sur le site Loupfrance.fr, on peut suivre l'évolution de l'implantation du loup dans notre région. 
  C'est en 1992 que le premier loup a été observé en  France. Selon nos confrères de France 3 Bourgogne, il est arrivé dans notre région par le Jura. En 2019, 81 attaques et 222 victimes sont attribuées au loup en Bourgogne-Franche-Comté. En 2020, pour le moment,  au moins une vintaine d'attaques en 2020. "De telles attaques restent très rares en Haute-Saône. Seules deux autres attaques ont été déclarées depuis 2018. 4 avaient eu lieu en 2017. Sur ces 6 attaques, 4 expertises ont conclu de façon certaine à la non implication du loup. Pour deux autres, les indices concluaient à la prédation possible par un loup, comme par celle d’un grand chien errant, sans pouvoir distinguer l’un de l’autre." détaille la préfecture.

Dans le cadre du Plan Loup national, la préfète a signé le 10 avril 2020 un arrêté classant le département en « cercle 3 ». Ce classement permet aux éleveurs de la Haute-Saône de bénéficier d’aides publiques à l’investissement pour protéger leurs troupeaux. Par ailleurs, l’arrêté interministériel du 19 février 2018, rend possible la mise en oeuvre de mesures d’effarouchement aux fins d’éviter les tentatives de prédation du loup.
 
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