Jura : le "sherpa", l'invention pour porter les cagettes de raisin à la place des hottes, qui change les vendanges

Inventé par l’entreprise MDP à Dampierre (Jura), le « sherpa » est un porteur de cagettes de raisin qui pourrait remplacer les hottes pendant les vendanges. Ergonomique, cet outil est en cours de test, et les premiers retours des vendangeurs sont très positifs.

Une caisse devant, une caisse derrière, un harnachement en plastique rembourré aux épaules : le « sherpa », inventé par une entreprise jurassienne, s’enfile en quelques minutes. Et dans les vignes du domaine de Sainte-Marie à Arlay, c’est la nouvelle routine des porteurs. Depuis le début de ces vendanges 2021, ils testent en avant-première l’invention.

« L’entreprise qui s’appelle MDP a pris contact avec moi, comme nos deux sociétés font parties de l’association Made in Jura », se souvient Bertrand de Sainte-Marie, co-gérant du domaine, « on s’est concertés, et on a abouti sur ce prototype ». « On va faire des traces d’observations, et comme ça si tout va bien l’année prochaine MDP va pouvoir le commercialiser ». Le gérant est plutôt optimiste, car l’expérimentation est pour le moment une réussite : les retours de ses vendangeurs sont positifs.

« C’est beaucoup plus pratique », confirme Clément, qui vendange chaque année depuis maintenant quatorze ans. Le jeune homme portait chaque année les lourdes hottes, qui permettent de rassembler les récoltes des vendangeurs qui avancent dans chaque ligne de vigne. Avec le sherpa, « la charge est répartie, on a beaucoup moins mal aux dos le soir » affirme-t-il. « Il n’y a pas de différence de poids entre l’avant et l’arrière, et on a des bonnes protections donc franchement, c’est top, on est à l’aise » s’enthousiasme-t-il. Autre point positif : le vendangeur se dit moins inquiet dans les pentes les plus raides : « la hotte, on est tirés vers l’arrière. Là, on ne sent pas du tout la pente ».

Le vigneron y voit lui un autre avantage : « quand on vide une hotte, le raisin s’écrase au fond de la cuve », explique Bertrand de Sainte-Marie, « là, il ne s’écrase pas ». En effet, les deux caisses de raisins permettent de diviser par deux le poids du raisin amassé dans chaque contenant, et qui pèse sur les grappes du dessous.

Pour Hervé Talussot, directeur technique de MDP, cette réussite s’explique aisément : « le projet est né par un des collaborateurs, qui a développé ce produit au sein du domaine familial ». « Il l’a amélioré pendant une dizaine d’année », directement dans les exploitations. Le sherpa est en plastique, car c’est une matière légère et résistante, mais ce plastique est fabriqué à partir des sarments de vignes qui sont coupés chaque année. Une manière de réduire l’impact environnemental du dispositif. Dans l’exploitation Sainte-Marie, il n’y a en tout cas pas de doutes : dès que le produit sera commercialisé, « nous en serons forcément les premiers clients ».

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
vendanges agriculture économie viticulture