Covid-19: face à un protocole sanitaire jugé "insuffisant" dans les lycées, appel à la "grève sanitaire" mardi prochain

Comment respecter le protocole sanitaire dans les lycées ? Un casse-tête qui pourrait amener les chefs d'établissement à organiser prochainement des cours à distance et en classe. Le Snes-FSU  prévoit une "grève sanitaire le 10 novembre" pour demander en urgence des mesures. 
 
Manifestation des lycéens de Pasteur à Besançon, inquiets de la difficulté de respecter le protocole sanitaire
Manifestation des lycéens de Pasteur à Besançon, inquiets de la difficulté de respecter le protocole sanitaire © Fabienne Le Moing -Francetv
Depuis la reprise des cours après les vacances de la Toussaint, les chefs d'établissements des lycées et des collèges publics et privés de Franche-Comté doivent résoudre une équation particulièrement complexe : comment accueillir des élèves dans le respect du protocole sanitaire et assurer à la fois la continuité pédagogique, c'est à dire proposer le même enseignement à tous les élèves ?  Une quadrature du cercle. 

Au lycée Raoul Follereau de Belfort, le proviseur Dominique Balon assure avoir "anticipé les problèmes dès le début de l'année scolaire". A la cantine, la distanciation sociale serait respectée avec une chaise sur deux non disponible et un élargissement de la plage horaire des repas entre 11h et 13h30. Un sens de circulation a également été mis en place. 

Le brassage des élèves favorisée par l'enseignement des spécialités

Mais, comment faire lorsqu'une trentaine d'élèves se retrouvent dans une salle de cours pendant une heure et qu'au cours suivant, chacun côtoie d'autres élèves en raison de la récente réforme qui favorise des choix individualisés avec le développement des enseignements de spécialités ? Un vrai casse-tête pour certains établissements. Depuis la rentrée de novembre, le protocole sanitaire a été renforcé et les brassages entre élèves encore plus limités.

De son côté, le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, en charge des lycées pour tout ce qui ne concerne pas l'enseignement, a précisé que "le budget affecté au recrutement avait été réévalué pour parer à cette surcharge de travail et à l’absence des personnels vulnérables, grâce au renfort d’agents contractuels".

Pour l'enseignement professionnel, les plateaux techniques sont plus adaptés aux conditions actuelles d'enseignement : peu d'élèves et de l'espace. Idem pour les travaux pratiques qui accueillent généralement moins d'élèves.  

Des enseignants et des élèves s'inquiètent de cette impossibilité de respecter tous les gestes barrières. "Le Snes-FSU a proposé aux syndicats de l'éducation FSU et à l'intersyndicale éducation d'appeler les personnels à une "grève sanitaire le 10 novembre", et ce "partout où les conditions sanitaires ne seraient pas réunies pour assurer la sécurité", a expliqué à l'AFP Sophie Vénétitay.

Un passage à des demi-groupes ? 


Le syndicat demande notamment "le passage à des demi-groupes", la "réorganisation de la demi-pension", le "recrutement d'agents pour nettoyer davantage les salles" et une "réflexion pour renforcer l'aération".
    
Ce mardi, au lendemain de la rentrée, des élèves avaient manifesté au lycée Pasteur de Besançon et un peu partout en France devant leurs établissements pour dénoncer ce protocole sanitaire jugé insuffisant.
 
Pour Nathalie Faivre, professeur d'allemand au lycée Victor Hugo de Besançon et secrétaire académique du syndicat SNES-FSU à Besançon, le rectorat et les chefs d'établissement ont cette semaine pour trouver une organisation adaptée à cette double contrainte.

Eviter la fermeture des lycées


Certains responsables d'établissement l'envisagent clairement, d'autres refusent que des élèves restent chez eux pour suivre les cours alors qu'une partie de la classe serait en cours au lycée. Si les enseignants de collèges ou de lycées estiment que le protocole sanitaire n'est pas suffisamment respecté dans leur établissement, ils pourront faire grève ce mardi 10 novembre. La représentante du SNES-FSU demande que le rectorat et le ministère de l'Education prennent eux-mêmes cette décision d'"hybridation des cours" pour qu'elle puisse s'appliquer partout et non pas en fonction des établissements. 

Dans un courrier adressé aux parents d'élèves, un proviseur rappelle que "l'objectif principal est d'éviter la fermeture du lycée, sauf décision gouvernementale, bien entendu". Dans un contexte sanitaire de plus en plus délicat car le coronavirus circule activement dans la région. 
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