Lons-le-Saunier : des peines de prison ferme contre les incendiaires d'une antenne-relais et d'un restaurant McDonald's

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Deux hommes comparaissaient ce lundi 20 juillet devant le tribunal correctionnel de Lons-Le-Saunier dans le Jura. Ils étaient soupçonnés d'avoir incendié au printemps 2020 une antenne-relais à Foncine-Le-Haut (Jura). Un début d'incendie avait touché également début mai le McDo de Champagnole.

Les deux hommes de 39 ans et 58 ans étaient poursuivis pour "tentative de destruction par incendie". Ils encouraient des peines pouvant aller jusqu'à 10 ans de prison. Les deux hommes, opposés au déploiement de la 5G pour des raisons environnementales, sont soupçonnés notamment d'avoir incendié une antenne-relais le 15 avril à Foncine-le-Haut avec des cocktails Molotov. 


Une antenne-relais incendiée dans le Haut-Jura 


A la barre, le plus jeune des prévenus a reconnu l'ensemble des faits, dont l'incendie de l'antenne de téléphonie. Le trentenaire a également reconnu avoir incendié plusieurs engins de chantier utilisés pour la restauration d'une tourbière, car il estimait que ces travaux étaient "néfastes à l'environnement et dissimulaient en réalité l'installation d'un réseau 5G".

Il a reconnu également l'usage de cocktails Molotov, jetés dans le restaurant de Champagnole. Le procureur a requis contre lui une peine de 6 ans de prison et le maintien en détention. L'homme a été condamné par le tribunal à 5 ans de prison. 

"On avait déjà un terreau d'idéologie chez mon client. Lié à ce contexte de confinement et d'enfermement, tout a pris des proportions démesurées. S'il n'y avait pas eu le confinement, mon client tout en conservant ses croyances ne serait pas passé à l'acte. Il reconnaît la gravité des faits" a expliqué son avocate. "On est sur des faits graves, mais qui sont reconnus. On est sur une idéologie qui est expliquée, c'est quelqu'un qui assumera, ne récidivera pas. 6 ans de réquisition, c'est bien trop" ajoutait Sophie Lorimier Baudot, avocate du suspect. Pendant l'audience, il affiche ouvertement son rejet de la consommation de masse et une appartenance à l'ultra-gauche. 

A la barre, l'autre prévenu de 58 ans a bien reconnu être impliqué dans la tentative d'incendie du restaurant McDo de Champagnole, dans la nuit du 6 au 7 mai 2020. Mais il nie en revanche être impliqué dans la destruction de l'antenne de téléphonie mobile, sur la commune de Foncine-le-Haut. Le procureur avait requis 4 ans et demi de prison. Il a été condamné à trois ans de prison ferme.

L'homme avait déjà un lourd casier judiciaire. Porteur d'un bracelet électronique, celui-ci avait été coupé à la veille de la date de la destruction de l'antenne relais. Un hasard qui a intrigué les enquêteurs. 

Un restaurant McDo pris pour cible 


Dans la nuit du 6 au 7 mai 2020, vers une heure du matin, une tentative d'incendie avait eu lieu dans le fast-food de Champagnole.  Le sinistre avait été rapidement maîtrisé et les dégâts limités.  "Les deux suspects expliquent leur passage à l'acte par leur volonté d'empêcher la réouverture du fast-food, après avoir vu un reportage télévisé faisant état de files d'attente devant des restaurants McDonald's", avait indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Lons-le-Saunier, Lionel Pascal.

Les vidéos de surveillance avaient permis d'établir que des cocktails molotov ont été jetés à l'intérieur, après qu'une vitre ait été brisée. Un profil ADN avait été retrouvé sur place. 

Présent à l'audience, l'avocat de la société de fast-food s'est dit satisfait des réquisitions demandées par la justice. "J'espère que ce sera un signal envoyé à un certain nombre de personnes qui pensent pouvoir se faire justice elles-mêmes, et surtout qui prennent la liberté de brûler tout ce qu'elles peuvent brûler quand les conditions ne sont pas les leurs. On vit dans une démocratie, on ne peut pas faire n'importe quoi" a déclaré Hyppolite Marquetty, avocat de la partie civile.

Suite au jugement du tribunal correctionnel, les deux hommes ont été maintenus en détention. Ils avaient été incarcérés en attendant la date de leur procès.