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Meurtre de Christelle Maillery : 1er jour du procès en appel de Jean-Pierre Mura

Jean-Pierre Mura, au premier jour de son procès en appel.
Jean-Pierre Mura, au premier jour de son procès en appel.

Le procès en appel de Jean-Pierre Mura pour le meurtre de Christelle Maillery en 1986 au Creusot a débuté ce 16 juin 2016 à Dijon. En ce 1er jour d'audience, l'accusé, qui est diagnostiqué schizophrène, a une nouvelle fois clamé son innocence. Il y a un an, il avait été condamné à 20 ans de prison.

Par Maryline Barate

Si le conseil de Jean-Pierre Mura - Me Audrey Briffard a remplace Me Michel Grebot -, la stratégie de défense n'a pas changé. L'homme continue de se dire innocent. En ce premier jour d'audience de son procès en appel, il a martelé : "je ne connaissais pas Christelle Maillery. Même pas de vue."

Christelle Maillery avait 16 ans quand elle a été tuée de 32 coups de couteau le 18 décembre 1986, au Creusot, en Saône-et-Loire.
Christelle Maillery avait 16 ans quand elle a été tuée de 32 coups de couteau le 18 décembre 1986, au Creusot, en Saône-et-Loire.


Jean-Pierre Mura était un ancien habitant du quartier de la Charmille au Creusot. En ce mois de décembre 1986, il y revenait régulièrement, voire quotidiennement, pour y retrouver un ami avec qui il fumait des joints. Et bien que les jeunes se rassemblaient au pied de l'immeuble, il est catégorique. Il nie avoir même croisé la victime.

Des souvenirs confus, des déclarations incohérentes


La présidente de la cour, Caroline Podevin-Sanchez, revient sur les différentes versions données sur l'emploi du temps par Jean-Pierre Mura le jour du meurtre. Etait-il au foyer où il travaillait en contrat aidé à l'époque ce matin-là alors que Christelle Maillery était tuée dans le sous-sol de l'immeuble voisin où elle résidait ?

"J'étais bien là", affirme Jean-Pierre Mura. Pourtant, dans des dépositions précédentes, il avait reconnu qu'il était guère assidu à son travail et qu'il pouvait très bien ne pas y être.

Me Didier Seban, pour les parties civiles, revient sur ces contradictions. "Doit-on vous croire si un jour, vous dites une chose et un autre jour, une autre ?"

L'avocate de l'accusé précise que les faits sont anciens et que les souvenirs de son client sont assez logiquement confus sur cette journée de décembre. " Je donne des réponses parce qu'il faut en donner (ndlr aux enquêteurs et au juge d'instruction). Je ne me souviens pas de ce que j'ai fait ce jour-là. J'ai comme des flashs."

Quand il est en difficulté face à ses versions changeantes, Jean-Pierre Mura accuse presque les enquêteurs ou le juge d'instruction d'avoir déformé ses propos voire de lui avoir prêté des déclarations qui ne sont pas les siennes.
Le procès en appel de Jean-Pierre Mura, condamné à 20 ans de prison pour le meurtre de Christelle Maillery, s'ouvre à Dijon jeudi 16 juin 2016. / © Maryline Barate
Le procès en appel de Jean-Pierre Mura, condamné à 20 ans de prison pour le meurtre de Christelle Maillery, s'ouvre à Dijon jeudi 16 juin 2016. / © Maryline Barate


Un meurtre obsessionnel chez Jean-Pierre Mura


L'accusé a également été interrogé sur sa fixation sur ce crime. Plusieurs témoins affirment qu'il ressassait souvent cette affaire, qu'il consignait des informations sur un carnet. Il a dénoncé plusieurs personnes comme étant l'auteur de ce meurtre dans des appels téléphoniques et courriers anonymes.

Quelques années plus tard, il aurait avoué sa culpabilité à l'ancien petit ami de Christelle Maillery et proposait une somme d'argent pour le dédommager. Il n'y avait alors pas prêté attention sachant que Jean-Pierre Mura était fragile psychologiquement. Il avait diagnostiqué schizophrène en 1989-1990. Un psychiatre a également relevé son obsession. Ce médecin a entendu Jean-Pierre Mura se demandait s'il n'était pas l'auteur du crime comme s'il se parlait à lui-même.

“Jamais, je me suis accusé du meurtre. A qui que ce soit ! Ce n'est pas moi qui ai tué Christelle !”


Les témoins ? Ils mentent ou ne racontent que "des conneries", selon Jean-Pierre Mura. "Comment se fait-il que vous vous intéressiez à cette affaire ?", s'interroge la présidente de la cour. "Parce que ça s'est passé à la Charmille. Je pense au meurtre quand je bois, je fume du cannabis. Je fumais 400 joints par moi. J'ai plein de choses dans la tête.", s'explique l'accusé.


Le reportage de Pauline Ringenbach, Christophe Gaillard, Vincent Grandemange et Laurence Crotet-Beudet




Un goût prononcé pour les couteaux


Jean-Pierre Mura "avoue aimer les couteaux". Mais il réfute en avoir possédé une large collection comme en a témoigné son frère ou comme les perquisitions au domcile familial laissent le penser. Il reconnaît, en revanche, ne jamais sortir sans porter un couteau sur lui. "Pour se défendre", précise-t-il aussitôt.

Il reconnaît également avoir eu des accès de violence, avoir menacé des inconnus avec une arme dans les années 2000. Il met ces comportements sur le compte de sa consommation excessive d'alcool, sa toxicomanie ou encore sa maladie.  

Les proches de Christelle écoutent les dénégations de Jean-Pierre Mura

Sur le banc des parties civiles, la famille de Christelle Maillery suit les débats. Sa mère et ses deux soeurs ont été accompagnées par d'autres membres de leur famille, des amis, des membres de l'association Christelle. Ils écoutent stoïques les dénégations de Jean-Pierre Mura, ses confusions et ses contradictions.

 

Jean-Pierre Mura encourt jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu le vendredi 24 juin au plus tard.

Suivez et revivez le procès en appel de Jean-Pierre Mura, minute par minute, sur le site de France 3 Bourgogne.

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