Opération séduction : des agriculteurs invitent des étudiants vétérinaires dans le Morvan

Afin d'anticiper la baisse du nombre de vétérinaires en zone rurale, un groupe d'agriculteurs nivernais a invité pour le week-end du 24 au 26 mars, des étudiants à venir découvrir le Morvan et leur donner, pourquoi pas, l'envie de s'y installer.

Un agriculteur à Saint-Agnan (Nièvre) ouvre les portes de sa ferme à un groupe d'étudiants : Michel Loison dévoile son élevage de vaches charolaises allaitantes. Il est accompagné d'un vétérinaire du secteur. 

Prendre contact avec la réalité du métier

Les étudiants sont de futurs vétérinaires, ils sont venus se familiariser avec la réalité de leur métier en zone rurale. Par exemple, Romain Jay explique en quoi le métier a besoin de ruralité : "On vient de l'école de vétérinaires de Maisons-Alfort, donc pas forcément beaucoup de vaches à Paris, ça nous permet de ne pas trop déconnecter avec ce qui se passe à la campagne."

Pour Noélie Aubron, elle aussi étudiante vétérinaire, il faut se faire son idée du métier :  "ça peut faire peur quand même, pour des régions assez reculées comme ça, où on est un peu livrés à soi-même, parfois avec assez peu de vétérinaires, donc en plus, il va falloir être assez vite efficace sur le terrain, donc on aura assez peu de personnes sur qui se reposer. C'est  pour cela que ce genre de sortie, de rencontrer des vétos, c'est hyper-intéressant."

La Nièvre, désert vétérinaire ?

Dans la Nièvre, trouver un vétérinaire devient de plus en plus compliqué, en particulier pour s'occuper des animaux d'élevage. Michel Loison, éleveur, rappelle le rôle indispensable du vétérinaire pour les agriculteurs : "Le vétérinaire, jour et nuit, on l'appelle, il est là, il réagit. Une césarienne, le jour ou la nuit, il est là. Il faut garder des médecins-vétérinaires pour nos élevages."

Opération séduction pour les organisateurs

La vingtaine d'étudiants est invitée pour le week-end par un groupe d'éleveurs. Outre les échanges professionnels, des moments de détente sont aussi au programme : excursion au lac des Settons et VTT, rencontre avec élus et habitants du Morvan.

Une façon de leur faire découvrir un cadre de vie au vert et leur donner envie de poser leurs valises dans le Morvan.

Pierre Bobin est l'un des organisateurs du séminaire, ancien responsable professionnel à la retraite, il agit maintenant "dans l'intérêt des jeunes" : "Les vétérinaires deviennent de plus en plus rares. C'est une population qui vieillit, on a besoin de renouvellement, des générations pour assurer la continuité des soins dans les élevages de bovins. L'idée, c'est de leur faire découvrir tout le territoire et de les inciter à venir s'installer, on les soutiendra, pour ceux qui veulent venir, soit en salariés, soit en installation [...] On n'aimerait pas en venir avec les vétérinaires au point où on en est avec les médecins, on est dans un territoire où on n'a plus de soins à moins d'une heure des urgences, les gens sont moins bien soignés que les animaux." 

De même, l'assocation Groupement Technique Vétérinaire Junior est à la manœuvre pour vanter les mérites de la ruralité aux jeunes vétérinaires. Thierry Guy, est président de l'association 'Groupement Technique Vétérinaire Junior' : "Le but d''une telle opération est de faire prendre conscience aux jeunes vétérinaires du désert vétérinaire et du maillage vétérinaire. Au sein de l'Association, on veut aussi donner envie aux jeunes de s'installer en zone rurale [...] Quand on va s'installer dans une région, déjà il faut se plaire dans le cadre de travail. Au-delà de cela, il faut s'intégrer dans la région dans laquelle on arrive, donc ça passe par de la culture, des activités, oui c'est effectivement hyper-important de se sentir bien où on est."

L'initiative est une première, mais elle se pratique déjà dans le département de la Nièvre pour tenter d'attirer des médecins.

La crainte étant de se retrouver aussi dans les prochaines années dans une situation de désert vétérinaire.