"Plus belle la vie" : "c'est ma plus grande fierté professionnelle", livre Jérôme Bertin, alias Patrick Nebout

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Écrit par Auberi Verne avec Valentin Chatelier

Près de 20 ans après le début de "Plus belle la vie", France Télévisions a annoncé, jeudi 5 mai, l'arrêt de la diffusion de l'émission. France 3 Bourgogne a pu recueillir la réaction de Jérôme Bertin, alias le commissaire Patrick Nebout dans la série. Nous l'avons rencontré chez lui, dans la Nièvre.

Le glas a sonné pour "Plus belle la vie". Après 18 saisons et plus de 4 500 épisodes, France Télévisions a décidé d'arrêter l'émission, diffusée depuis 2004 sur France 3. L'annonce a été faite jeudi 5 mai.

À cette occasion, nous avons pu rencontrer Jérôme Bertin, l'acteur derrière le commissaire Patrick Nebout, dans sa propriété de la La Nocle-Maulaix (Nièvre). Le comédien a réagi à la fin de la série.

Quand on vous a dit que l'émission s'arrêtait, quelle a été votre première réaction ?

Jérôme Bertin : Déjà, moi je l’ai appris comme la plupart des gens : par la presse. Donc je n’étais pas très content de savoir que j’étais viré comme ça, évidemment. Je n’y croyais pas, jusqu’à l’annonce officielle par France Télévisions. Jusqu’au bout j’ai continué d’avoir un espoir que ça continuerait sur France 3. Mais je ne lâche pas, j’espère sincèrement que ça ira ailleurs. Ce serait dommage de perdre un programme qui fédère autant de personnes et qui véhicule des valeurs dans lesquelles moi je me retrouve.

C’est mon plus beau projet professionnel. Et pourtant, j’ai tourné avec Claude Chabrol. J’ai tourné avec Chantal Lauby. J’ai tourné avec Xavier Beauvois. J’ai fait des séries sur Canal +. Mais mon plus beau projet professionnel, ma plus belle réussite professionnelle, ma plus grande fierté professionnelle, c’est Plus Belle la Vie.

Depuis l’annonce de l’arrêt de la série, vous recevez beaucoup de messages ?

J.B. : Énormément. Ça n’arrête pas. Ça n’arrête pas. Je publie une photo sur Instagram, et là il y a plus de 5 000 personnes qui l’ont déjà likée. Ça veut dire qu’elle a été vue par je ne sais combien de milliers de personnes en plus. C’est considérable.

Je n’ai pas une seule critique. Tout le monde n’aimait pas forcément Plus belle la vie, mais c’est marrant parce qu’en fait, tout d’un coup, on a l’impression que la majorité silencieuse s’exprime. Souvent, sur internet, vous avez les spécialistes du bashing (pratique qui consiste à dénigrer une personne ou un sujet ; NDLR). Ceux qui vont dire du mal. Et là, ce sont tous ceux qui se taisaient, et qui pensent du bien, qui sont en train de s’exprimer. Ils sont tous tristes. Il y en a qui le disent, ils ont grandi avec Plus belle la vie, ils ont grandi avec les personnages de Plus belle la vie, comme nous on a grandi avec eux.

La famille de Plus belle la vie, elle ne s’arrête pas au plateau. Elle intègre aussi cette communauté de téléspectateurs de tous les âges, de toutes les religions, de toutes les catégories sociales, qui se retrouvaient dans Plus belle la vie, parce que la série ne racontait que leur histoire.

Ça fait quoi de voir tous ces messages ?

J.B. : Ça fait mal au cœur, parce qu’on sait que ça s’arrête. On savait que quand on jouait, ça procurait du plaisir, qu’on faisait vivre des émotions formidables aux fans.

Là, on sait qu’ils sont déjà tristes, de savoir que ça ne va plus exister. Et ce qui est très touchant de leur part, c’est l’espèce de solidarité dont ils font preuve à notre égard. Ils se disent : mais vous comment vous allez faire, etc ? On est triste pour vous, vous allez nous manquer.

Donc nous ça nous déchire, parce que la relation entre les gens de la série Plus belle la vie et les fans, elle est réelle. Nous, on ne refuse jamais de faire une photo, de faire des dédicaces ou quoi que ce soit. On est vraiment proches de notre public. Et je pense que c’est aussi une des forces de Plus belle la vie. C’est-à-dire que demain, si la série va ailleurs, on est sûrs que la communauté des fans va suivre. Et ça, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de programmes qui peuvent se vanter de ça.

Vous aussi, vous êtes triste ?

J.B. :  Bien sûr que je le suis. Moi je l’aime beaucoup Nebout. J’aime ma famille. Marie Réache, qui joue ma femme depuis neuf ans, c’est quasiment ma plus longue histoire d’amour. Les acteurs qui jouent mes enfants, je les ai vus grandir. Y en a, je les ai connus, ils avaient 16 ans. Et maintenant ils en ont 27. Celle qui joue ma fille, en ce moment elle est enceinte. Elle est arrivée alors qu'elle était en plein dans son histoire d’amour, maintenant je la vois devenir maman. Comment voulez-vous que je ne sois pas triste ?

On ne va pas totalement se séparer, mais cette quotidienneté, cette régularité de notre relation, ces appels, le travail qu’on faisait ensemble, les pots qu’on allait boire ensemble, les bouffes qu’on faisait, tout ça, ça va s’arrêter. Oui, je suis triste.