Régionales : Marie-Guite Dufay présidente PS tend la main à la gauche, qui va la saisir ?

La présidente sortante de la région est maintenant officiellement candidate. Elle a appelé toute la gauche à se rassembler au 2ème tour derrière elle. Le "Pôle Ecologiste" et "Le Temps des Cerises" posent leurs conditions, gentiment, mais quand même... 

Marie-Guite dufay, Stéphanie Modde et Bastien Faudot
Marie-Guite dufay, Stéphanie Modde et Bastien Faudot © Bastien Faudot Lionel Vadam Maxppp Stéphanie Modde et Marie-Guite Dufay : JC Tardivon, Maxppp

Au soir du premier tour, la présidente sortante, socialiste, espère bien faire l’union autour d’elle : « Je rechercherai l’union de toute la gauche. Je suis une femme de gauche. Si j’ai toute la gauche avec moi, j’en serai très heureuse. »

En attendant, au premier tour, la gauche part en ordre dispersé. Petit tour d’horizon des forces en présence.

A tout seigneur, tout honneur, commençons par la présidente sortante, candidate à sa succession, comme nous l’avons dit samedi 24 avril. Elle, toujours socialiste, s’entoure de membres de son parti, du PRG et du PCF. Face à Marie-Guite Dufay, deux listes à gauche : « Le Temps des Cerises » et le « Pôle Ecologiste ».

Dans le « Pôle Ecologiste », 4 formations politiques : EELV (Europe Ecologie – Les Verts), Cap 21 (de Corinne Lepage), Génération Ecologie (de Delphine Batho) et l’AEI (l’Alliance Ecologiste  Indépendante de Jean-Marc Governatori).

« Le Temps des Cerises », c’est 9, oui 9, partis politiques : GRS (Gauche Républicaine et Socialiste) LFI (La France Insoumise), GénérationS, Ensemble !, GDS (Gauche Démocratique et Sociale), Nouvelle Donne, Place Publique, PEPS (Parti Ecologiste Progressiste et socialiste) et LRDG(Les Radicaux De Gauche).

Et le Parti Communiste Français fait un mariage de raison avec le PS

Evelyne Ternant est la référente du PCF pour la Bourgogne – Franche-Comté et elle est chef de file pour les négociations. Elle explique que les communistes ont rencontré tout le monde à gauche car « on voulait créer une dynamique pour la victoire». Et elle poursuit : « On a toujours pensé qu’une division de la gauche en 3 listes est porteuse de menaces. Donc, nous sommes allés vers la liste qui avait le plus de chance de l’emporter. »

Ce mariage de raison ne s’est pas fait sans garantie : les communistes ont mis leur veto sur des noms de conseillers régionaux sortants susceptibles d’être à nouveaux candidats et trop « Macron-compatibles » selon eux. Autre condition : pas d’accord de deuxième tour ni avec LREM, ni avec le MoDem… Puis, ils se sont mis d’accord sur les grandes lignes d’un programme. Ils ont même accepté les deux conseillers régionaux sortant du Parti Radical de Gauche sur leur liste commune…

« Le Temps des Cerises » à l'offensive

Bastien Faudot, de GRS, élu belfortain, regrette le choix des communistes : « On a discuté longtemps avec eux. Je n’ai pas compris leur décision. On a été déçu. » Il insiste : « Notre liste est faite pour faire gagner la gauche, pas la faire perdre. »

Mais alors, pourquoi diviser la gauche ? « Nous voulons du renouvellement et de la clarification. Marie-Guite Dufay, c’est la continuité et elle a été ambigüe par rapport à Emmanuel Macron. Elle l’a soutenu en 2017 et jusqu’à l’an dernier. Elle est pour la réforme des retraites, pour la réforme du rail et, concernant General Electric, elle invite Macron à Belfort ! Comment ose-t-elle ? C’est lui le responsable de la situation de GE, comme conseiller de François Hollande puis ministre de l’économie. On ne veut pas d’une gauche sociale-démocrate qui gère, nous voulons faire de la région une institution de combat ! »

Le Pôle Ecologiste pour un projet radical

Stéphanie Modde conduira la liste « Pôle Ecologiste » et elle est claire : « On veut tous la même chose, la victoire de la gauche rassemblée. On rejoindra Marie-Guite Dufay, si elle est devant. Si c’est nous, elle nous rejoindra.»

Elle précise : « Nous ne sommes pas alliés dès le premier tour avec le PS, non pas que nous voulons nous compter en vue de la présidentielle de l’année prochaine, nous pensons que pour défendre un projet écologiste fort, radical, nous devons le porter seuls, sans les socialistes. Devant le dérèglement climatique, je n’ai plus le temps de perdre du temps. Soyons plus ambitieux !»

Au soir du dimanche 20 juin, faire barrage au Rassemblement National

Marie-Guite Dufay a été claire : elle attend de connaître les résultats du premier tour pour les négociations en vue d’une liste de rassemblement de toute la gauche pour le dimanche suivant, une liste qu’elle mènerait.

Stéphanie Modde espère « discuter un peu avant le soir du premier tour des modalités de fusion. » Bastien Faudot réaffirme : «Je n’ai pas d’adversaire à gauche, mais j’en ai 3 à droite : le RN, Les Républicains et LREM. On ne sera pas un obstacle à la victoire de la gauche… D’ailleurs, la diversité de la gauche n’a jamais été un problème dans notre société. »

Et tous de reconnaître que, leur meilleure raison de s’unir s’appelle… le Rassemblement National !

Le parti de Marine Le Pen est donné largement en tête dans des sondages sur la région de Bourgogne – Franche-Comté. Si les résultats du RN conduit par Julien Odoul au premier tour le donnent gagnant pour le dimanche suivant, certaines divergences, comme le nucléaire (le PCF est pour, EELV, contre), seront relayés au second plan.

Ces alliés n’ont aucune divergence sur un point : le RN ne doit pas conquérir la région. Tout le reste est négociable…

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