Sochaux : “Touche pas à mon usine”, les salariés de la fonderie MBF réclament des commandes à Stellantis

Une centaine de salariés de la fonderie aluminium MBF de Saint-Claude (Jura) se sont rassemblés devant l'usine Stellantis ce mardi 6 avril. Ils demandent aux constructeurs automobiles français de s'engager dans des carnets de commandes suffisants pour sauver l'emploi de cette fonderie en France.

Les salariés de MBF manifestent devant l'usine Stellantis de Sochaux.
Les salariés de MBF manifestent devant l'usine Stellantis de Sochaux. © Rémy Poirot - France Télévisions

Ils sont arrivés en cars depuis Saint-Claude dans le Haut-Jura pour tenter de bloquer l’usine Stellantis (ex-PSA). Sur le rond-point devant la principale entrée, l’intersyndicale CGT, CFDT, Sud, FO a déployé ses banderoles. 150 salariés de la fonderie du Haut-Jura sont présents.

PSA et Renault n’ont pas respecté leurs engagements, on n’a aucun repreneur. Si le 27 avril, il n’y a rien, c’est la liquidation judiciaire qui nous attend. C’est dur, moralement et physiquement. On prie, on veut y croire.

Une salariée de MBF

 

Les 280 salariés de cette fonderie en redressement judiciaire depuis novembre 2020 craignent de perdre leur emplois. Ils fabriquent des carters hybrides pour l’automobile et travaillent principalement pour deux constructeurs, Renault à 20% et PSA pour 75% devenu Stellantis. Devant l’usine, les salariés de la fonderie ont apporté les pièces qui faute de commandes suffisantes pourraient sceller leur avenir. 

La fonderie MBF Aluminium fabrique des carters hybrides pour Renault et PSA désormais Stellantis.
La fonderie MBF Aluminium fabrique des carters hybrides pour Renault et PSA désormais Stellantis. © Rémy Poirot - France Télévisons

Aucun repreneur pour la fonderie du Haut-Jura et ses 280 salariés

Les salariés de MBF sont en grève depuis le 31 mars, ils occupent leur usine de Saint-Claude dans le Haut-Jura, ils ont cessé leur production. En six mois, aucun repreneur ne s’est fait connaître.

Le 31 mars, l’actuel actionnaire italien a déposé un plan de continuation de l’activité devant le tribunal de commerce de Dijon. Un plan jugé insuffisant. Il permettrait de sauver 202 emplois, mais pour la justice, les garanties sur le carnet de commandes sont insuffisantes. Un nouveau délai a été fixé au 27 avril.

© Rémy Poirot - France Télévisions

Exiger des constructeurs français de nouvelles commandes

"Aujourd'hui, les constructeurs français sont en train de nous enlever des marchés, pour les faire produire dans d’autres pays” explique Koray Sukran, délégué Sud MBF Aluminium. “On est tous venus pour que notre entreprise survive, pour garder nos emplois Il suffit d’un petit effort de ces gens là pour que notre entreprise poursuive son activité, c’est quelques tonnes en plus, quelques milliers d’euros de chiffres en plus. C’est pas énorme, ils peuvent se le permettre au lieu d'envoyer la production vers des pays low-cost, en Espagne ou en Chine… PSA a 5 moteurs hybrides fabriqués en Espagne” ajoute l’élu.
 

C'est quand même les constructeurs français qui font la pluie et le beau temps. C'est leurs stratégies qui mettent à mal toute une filière fonderie en France et la nôtre dans le Jura.

Yalcin Nail, CGT MBF Aluminium

 

Du côté de Stellantis, un porte-parole de l'entreprise assure que sur le dossier MBF, Stellantis est en contact régulier avec l'administrateur judiciaire. "Dans le cadre d'un repreneur, Stellantis maintiendra les contrats existants, sans pouvoir s'engager sur des marchés supplémentaires" assure le groupe automobile à Sochaux.

Sochaux : manifestation des salariés de la fonderie MBF devant Stellantis

"Avant de réindustrialiser la France, il faut arrêter la désindustrialisation de la France"

Devant l’usine Stellantis, une délégation de General Electric Belfort est venue apporter son soutien. “C’est important d’envoyer un signal fort au gouvernement. Le gouvernement veut réindustrialiser la France, mais avant de réindustrialiser la France, il faut arrêter la désindustrialisation de la France. Là, on a une fonderie unique en France, il faut la défendre, il faut donner ce message aux grands donneurs d’ordre” explique Alexis Sesmat, élu SUD à GE Belfort.

Après Stellantis, les salariés de MBF ont prévu de manifester jeudi 8 avril devant Renault, au siège de Boulogne Billancourt. Une façon de placer publiquement les constructeurs devant leurs responsabilités en cas de casse sociale dans le Haut-Jura.

Une réunion entre l’Etat et les constructeurs prévue dans quelques jours

Le 9 avril, une visio conférence est prévue entre l'Etat et les constructeurs automobiles, a indiqué l’intersyndicale de MBF. Les salariés espèrent pouvoir y être représentés. Ultime espoir ? L’échéance du tribunal de commerce est fixée elle au 27 avril.

 

 

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