Covid-19 : "Le Ségur n'a rien réglé", à Belfort, la CGT de l’hôpital de Trévenans réclame plus de lits, de moyens

Une quarantaine de personnes ont répondu à l’appel du syndicat devant la Préfecture de Belfort ce jeudi 21 janvier. 

Une action de la CGT ce jeudi 21 janvier, devant la Préfecture de Belfort.
Une action de la CGT ce jeudi 21 janvier, devant la Préfecture de Belfort. © Rémy Poirot - France Télévisions

Ils, elles continuent à se battre. Pour leurs conditions de travail. Pour un meilleur accueil et prise en charge des malades. La CGT de l’HNFC, l’hôpital du Nord Franche-Comté, appelait ce jeudi à un rassemblement des salariés des hôpitaux, des Ehpad, des étudiants des métiers de la santé, mais aussi du secteur médico-social, de la psychiatrie ou de l’aide à domicile. Selon le syndicat, le Ségur de la Santé n’a rien réglé. 

Le ministre de la Santé Olivier Véran, s’était déplacé le 8 octobre 2020, à l'hôpital du Nord Franche-Comté près de Belfort où il avait pu rencontrer les personnels. Dans le cadre du Ségur de la Santé, Olivier Véran avait annoncé 50 millions d'euros supplémentaires pour l'ouverture de 4.000 lits à la demande dans les hôpitaux de France.

“A ce jour, on n’a rien vu de ces lits” dénonce Bruno Lemière, aide-soignant et délégué CGT à l’hôpital de Trévenans. “Les mesures du Ségur de la santé ne nous satisfont pas, on n’aura pas d’effectifs supplémentaires, pas de lits supplémentaires. Certes, on a eu une augmentation de salaires, mais ce n’était pas la revendication qu’on voulait. On n’arrive plus à recruter dans les hôpitaux, nos métiers ne sont plus attractifs, il faut que le gouvernement prenne des mesures, pour plus d’embauches, plus de lits, pour que les conditions de travail et celles de l’accueil des patients s’améliorent” estime le syndicaliste. 
Le Ségur de la santé avait accordé aux soignants une augmentation de 150 euros. La CGT réclame toujours 300 euros d’augmentation pour tous les personnels soignants. Elle demande 100.000 embauches dans les hôpitaux, 200.000 embauches dans les Ehpad de France.



“On ne pourra pas tenir encore longtemps”



Selon le syndicaliste, les soignants de l’HNFC sont usés, fatigués. “La crise sanitaire, on n’en voit pas le bout. Le variant anglais arrive, bientôt, on se dit que ce sera peut-être encore pire. Les politiques dont des annonces, de la communication, mais nous sur le terrain, on ne voit rien, on ne voit pas les moyens, on ne pourra pas tenir encore longtemps" dit Bruno Lemière.

© Eric Debief - France Télévisions


169 personnes hospitalisées pour Covid-19 dans le Territoire de Belfort



Déjà frappé par la première vague, l’hôpital du Nord France n’a pas soufflé lors de la seconde. Au 20 janvier, on compte toujours 169 malades hospitalisés dont 23 en réanimation pour des formes graves de Covid-19. La courbe est à la baisse, on comptait 200 personnes hospitalisées à Trévenans le 4 janvier. Le département connaît actuellement un taux d’incidence toujours au-dessus du seuil d’alerte maximale avec 304,7 nouveaux cas pour 100.000 habitants au 17 janvier.

Parmi les manifestants réunis devant la Préfecture, les Ehpad étaient également présents. Pour Bernadette Obermeyer, qui travaille au centre de long séjour de Bavilliers dans le Territoire de Belfort, les moyens ne sont pas suffisants. “Dans les Ehpad, on souhaiterait un soignant pour un résident. C’est loin d’être le cas, les conditions de travail sont de plus en plus difficiles. Il y a des arrêts, les gens craquent, et avec la crise sanitaire, cela s’est encore accentué” estime cette salariée. 

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