“Stop au massacre de l'industrie à Belfort par General Electric” : les salariés feront signer une pétition sur le FIMU

GE doit supprimer 985 emplois à Belfort et Bourogne dans sa division gaz. / © Alexandre Marchi - maxPPP
GE doit supprimer 985 emplois à Belfort et Bourogne dans sa division gaz. / © Alexandre Marchi - maxPPP

50.000 personnes sont attendues en cette fin de semaine à Belfort pour le festival International de Musique Universitaire. L'intersyndicale CFE-CGC, CGT et Sud de GE va profiter de l'évènement pour mettre la pression sur le groupe américain et l'Etat. 

Par Sophie Courageot

La pétition est en ligne ici. "On voulait faire vite et la faire paraître avant le Fimu" explique Philippe PetitColin du syndicat CFE-CGC. L'intersyndicale sera présente sur le festival avec des banderoles sur plusieurs scènes du festival indique Alexis Sesmat délégué Sud qui se félicite de cette visibilité offerte aux salariés de GE.

"L’état français a donné son accord en 2015 pour le rachat de la branche Energie d’ALSTOM par GENERAL ELECTRIC pour un développement de l’emploi industriel en France. Aujourd’hui, devant le désastre industriel engendré par ce rachat , nous demandons à l’état français de stopper ce plan massif de délocalisation d’activités hors de France et de travailler avec les organisations syndicales sur leurs propositions de développement de filières industrielles d’avenir sur notre territoire" indique la pétition lancée par l'intersyndicale.

Multiplier les signatures, maintenir la pression alors que le groupe américain a annoncé 1.044 suppressions de postes en France dont l'essentiel à Belfort et Bourogne en Franche-Comté.  GE emploie quelque 4.300 salariés à Belfort, dont 1.900 dans l'entité turbines à gaz, la plus durement touchée par le plan, avec 800 suppressions de postes envisagées. Les syndicats de General Electric Belfort (GE) et les élus locaux ont appelé à une manifestation de soutien aux salariés (de GE) le samedi 22 juin 2019 à 14H00" place de la Résistance, dans le centre-ville de Belfort. Ils maintiennent la pression et refuse de voir la cité industrielle perdre des milliers d'emplois avec les retombées forcément sur les sous-traitants ou les commerces.

Lors de sa venue lundi à Belfort, le ministre de l'économie et des finances Bruno Le Maire a exhorté  le groupe américain à revoir à la baisse le nombre de suppressions d'emplois. Les syndicats redoutent eux une liquidation déguisée du site belfortain.


Une autre pétition citoyenne initiée par la parti communiste

  
Une seconde pétition appelle à constituter un «Comité de défense de la turbine à gaz dans le territoire de Belfort ». Son initiateur est le Parti Communiste français persuadé que cette activité a encore de l'avenir sur Belfort. 
"Non seulement le marché de la filière des turbines à gaz ne s'effondre pas, mais il a un bel avenir, avec la montée en puissance des énergies renouvelables. La décision de General Electric est motivée uniquement par l'exigence de rentabilité financière immédiate du fond d'investissement Trian qui en a pris le contrôle en 2016. Nous appelons à constituer un «Comité de défense de la turbine à gaz dans le territoire de Belfort », pour faire entendre la voix des citoyen.ne.s, agir collectivement et peser sur un avenir qui nous concerne tou.te.s." indique la pétition en ligne qui avait receuilli ce matin un peu plus de 400 signatures. 

Evelyne Ternant secrétaire régionale du PC en Bourgogne-Franche-Comté précise que ce futur comité se veut citoyen et qu'il est destiné à devenir autonome. "Les pistes de diversification évoquées ne nous paraissent pas réalisables à court terme. Le marché des turbines à gaz doit doubler d'ici 2040 avec notamment la transformation des centrales à charbon de l'Allemagne et de l'Europe de l'Est" ajoute-t-elle déplorant que GE veuille se désengager du secteur énergétique. La parti communiste pourrait également créer un comité national de soutien avec l'aide de personnalités, et l'appui probable de France Nature Environnement.

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