Une coopérative ferroviaire veut rouvrir une ligne Le Croisic-Bâle via Dijon et Besançon

Les habitants de Bourgogne-Franche-Comté pourront-ils bientôt rallier la côte atlantique en train sans passer par Paris ? C'est en tout cas le souhait de Railcoop, une coopérative ferroviaire qui ambitionne de rouvrir et d'exploiter une dizaine de lignes, dont plusieurs traversent notre région.

Elle mise sur le retour en grâce des voyages en train, en réhabilitant des lignes délaissées par la SNCF.

La coopérative Railcoop a obtenu le 22 septembre 2021 sa licence d'entreprise ferroviaire. Elle attend désormais son certificat de sécurité, délivré par l’Etablissement Public de Sécurité Ferroviaire (EPSF), pour proposer des services de transport de voyageurs et de marchandises.

Railcoop a prévu de lancer le 15 novembre sa première liaison fret, entre Figeac et Toulouse. Viendra ensuite le temps des lignes voyageurs, permis par l'ouverture à la concurrence, en décembre 2020, du transport domestique de passagers.

Si tout va bien, la coopérative basée à Figeac (Lot) entend rouvrir la ligne Bordeaux-Lyon, fermée en 2014, à l'été 2022. Le trajet durerait un peu plus de 7h, en passant par le Massif central. Le prix du billet ? autour de 40 euros. "Nos tarifs sont basés sur le covoiturage ou le bus, nous précise Ludovic Grandjacques, chargé du processus capacitaire à Railcoop. Notre objectif est de capter des voyageurs qui circulent sur la route. Notre seul concurrent, c’est la route."

Ensuite, les quelque 9000 sociétaires ont identifié une dizaine de lignes, notifiées à l'Autorité de régulation des transports . "Ce sont des lignes pour lesquelles nous avons identifié un fort potentiel de voyageurs, en fonction de critères démographiques, touristiques, et de dynamisme des territoires.", détaille Ludovic Grandjacques.

Nous voulons redynamiser des lignes en sommeil ou desservies uniquement par des TER

Ludovic Grandjacques, chargé du processus capacitaire à Railcoop

Dans ces lignes "à fort potentiel", une liaison Le Croisic - Bâle permettra de relier la Suisse à la côte atlantique. La ligne passe par Nantes, Angers, Tours, Vierzon, Bourges, avant de traverser la Bourgogne-Franche-Comté via Nevers, Le Creusot, Beaune, Dijon, Dole, Besançon et Belfort. "Il y a des travaux programmés entre Chagny et Montchanin en 2023, qui entraîneront une fermeture complète pendant huit mois. Ce serait donc plutôt à partir de 2024", imagine Ludovic Grandjacques.

Railcoop espère pouvoir faire rouler ses trains sur d'autres lignes traversant la Bourgogne-Franche-Comté : Strasbourg - Clermont-Ferrand, Thionville-Grenoble et Thionville - Saint-Etienne. 

On y va tout doucement. Le but, c’est de ne pas être dans le rouge, comme toute entreprise. Le développement du Bordeaux-Lyon permettra de développer notre offre

Ludovic Grandjacques, chargé du processus capacitaire à Railcoop

Railcoop prévoit d'utiliser des autorails X72500 à moteur thermique sur la ligne Bordeaux Lyon, non électrifiée pour partie. Quand c'est possible, la coopérative aimerait acquérir du matériel électrique, ou au moins bi-modes. 

Des tests d'équilibre financier ont été demandés par certaines Régions traversées suite aux notifications à l'ART. A noter que plusieurs collectivités ont pris des parts dans la coopératives, à l'image du Département de la Creuse ou des intercommunalités de Libourne, Montluçon ou Vichy.

 

 

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