Affaire Anaïs : la petite fille de 9 ans tuée par sa mère ?

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Écrit par Gaël Simon

Ce mercredi 6 avril, le parquet de Reims (Marne) organisait une conférence de presse, deux jours après la découverte du corps d'Anaïs et de sa mère. Selon les premiers éléments de l'enquête exposés, la fillette de 9 ans aurait pu être tuée par sa mère avant qu'elle ne se suicide. C'est en tout cas la version avancée par le père de la victime au cours de sa garde-à-vue.

Deux jours après la découverte du corps d’Anaïs, la fillette de 9 ans enlevée il y a un mois et demi par ses parents à Auxerre (Yonne), le procureur de la République de Reims (Marne), Matthieu Bourrette organisait ce mercredi 6 avril une conférence de presse afin de faire le point sur l’enquête.  

Après 48 heures, la garde à vue pour homicide, du père de la victime, Jérôme M., a été levée. "Je ne dispose pas de suffisamment d’éléments pour envisager de le présenter devant un magistrat instructeur et de solliciter à ce stade sa mise en examen", justifie le procureur dans un communiqué.  

Pour autant, à la fin de ces 48 heures, le père d’Anaïs a été placé à nouveau en garde à vue pour enlèvement en bande organisée. Une détention pilotée par le juge d’instruction d’Auxerre.  

Par ailleurs, une plainte contre X a été déposée par le procureur de Reims pour homicide volontaire et homicide sur mineure de 15 ans.  

Ce que l’on sait de l’enquête

Après avoir interrogé Jérôme M., les enquêteurs s’orientent sur trois hypothèses pour déterminer le scenario de la mort d’Anaïs et de sa mère.

  • La fille de 9 ans aurait été tuée par sa mère Nathalie L., qui se serait suicidée ensuite.
  • L’enfant et Nathalie L. auraient été tuées par Jérôme M.
  • Nathalie L. aurait tué sa fille avant d’être à son tour tué par son époux Jérôme. "Cette hypothèse parait la moins solide des 3", précise le procureur de Reims.  

Entendu par les enquêteurs, le père d’Anaïs a rapidement expliqué que son épouse lui confiait depuis plusieurs semaines qu’elle ne souhaitait pas se laisser appréhender vivante et que leur fille soit à nouveau placée. Une témoin, connaissance des parents d’Anaïs, a été entendue par les forces de l’ordre et a confirmé les dires de Jérôme M. 

Les parents sont de marginaux, socialement très défavorisés, sans activité professionnelle connue ou déclarée, vivant d’expédients, et appartenant à la communauté des gens du voyage.

Matthieu Bourrette, procureur de la République de Reims

Le lundi 4 avril, jour des faits, Nathalie L. aurait alors pris l’arme à feu du couple chargée en entendant les forces de l’ordre arriver selon la version de Jérôme M. Elle aurait alors tué sa fille d’une balle dans la tempe avant de retourner l’arme contre elle.

"Il disait ne pas avoir eu le temps d’intervenir, que jamais il n’aurait pu passer à l’acte et qu’il n’avait pas manié l’arme utilisée", précise le procureur de Reims.  

Les autopsies réalisées sur les deux corps ont révélé la présence d’une blessure par arme à feu sur la tempe d’Anaïs ainsi qu’une importante blessure à la tête et des traces de sang au niveau des poignets et des avant-bras sur la mère de la victime.  

Des traces de poudre sur les mains de la mère

En parallèle des autopsies, plusieurs analyses techniques ont également été menées. Des traces de poudre ont alors été retrouvées sur les deux parents.

"Toutefois, il apparaissait que des traces beaucoup plus importantes étaient relevées sur les deux mains de Madame L. que sur les mains de Monsieur M". Sur l’une des mains du père, aucune trace n’a été relevée ajoute Matthieu Bourrette dans son communiqué.  

L’information judiciaire en cours va permettre de poursuivre les recherches techniques afin de vérifier les différentes hypothèses des enquêteurs.