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Yonne : le procès des deux ex-gendarmes de Joigny pour harcèlement sexuel aggravé a été reporté

Le Tribunal correctionnel de Paris / © France 3 Paris
Le Tribunal correctionnel de Paris / © France 3 Paris

Les deux militaires devaient être jugés par le Tribunal correctionnel de Paris ce jeudi 15 octobre 2015, mais l'affaire a été renvoyée au 2 février 2016. Les deux trentenaires sont soupçonnés de harcèlement sexuel aggravé sur l'une de leurs subordonnées. 

Par ES avec AFP

Les deux gendarmes étaient des gradés de la brigade de Joigny, dans l'Yonne au moment des faits : l'un adjudant et l'autre maréchal des logis.

Ils devaient comparaître jeudi 15 octobre 2015 devant le tribunal correctionnel de Paris pour harcèlement sexuel aggravé sur l'une de leurs subordonnées.

Mais l'audience a été renvoyée et devrait se tenir en février 2016. Le juge de la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris était juge d'instruction à Sens au moment où l'enquête a été menée dans l'Yonne. Le magistrat a estimé qu'il ne pouvait donc pas juger cette affaire.

Reportage de Théo Souman et Christophe Gaillard avec : 

  • Me Elodie Maumont, avocate de la plaignante
  • Me Véronique Costamania , avocate d'un des deux prévenus
Harcèlement dans l'armée : le procès des 2 gendarmes de Joigny est reporté

La jeune femme, aujourd'hui âgée de 26 ans, affirme avoir été l'objet de la part de ses supérieurs, entre octobre 2012 et novembre 2013, de plaisanteries graveleuses, de commentaires vulgaires sur son physique ou de demandes de faveurs sexuelles en échange d'un service.

Les deux prévenus de 36 et 37 ans ont été suspendus de leurs fonctions en décembre 2013 et ils sont visés par une procédure disciplinaire. S'ils reconnaissent des "plaisanteries" pour l'un ou des "blagues salaces" pour l'autre, tous deux contestent farouchement le caractère de "harcèlement sexuel".

Mais, selon une source proche de l'enquête, plusieurs témoins confirment les dires de la jeune femme, qui a autant souffert de cette situation dans sa vie professionnelle que dans sa vie privée.
"La vérité doit être faite sur ce qui s'est passé dans cette caserne", a déclaré l'avocate de la victime, Me Elodie Maumont. 
"Cette jeune femme a fait face à un véritable parcours du combattant" pour se faire entendre, a poursuivi Me Maumont, qui dénonce la "négligence voire la complaisance" de la hiérarchie vis-à-vis des mis en cause.
L'avocat de l'un des gendarmes, Me Franck Princet, n'a quant à lui pas souhaité faire de commentaires, tandis que la défense de l'autre n'a pu être jointe avant le procès.

Reportage tourné par Nathalie Baffert et Christian Mirabaud en mars 2014 avec : 

  • Michel Bavoil, vice-président de l'association de défense des droits des militaires
  • Me Elodie Maumont, avocate de la gendarme
  • Colonel Patrick Gens, commandant en second
Harcèlement sexuel à la gendarmerie de Joingy

Une cellule spéciale pour ce genre d'affaires.

A la suite de ces révélations, l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) avait diligenté une enquête, et relevé les "carences du commandant d'unité dans le domaine du contrôle des personnels".
Aujourd'hui, la jeune gendarme exerce toujours mais elle a quitté l'Yonne pour la région parisienne. Selon son avocate, cette affaire l'a "détruite" et ce procès doit lui permettre de continuer à se "reconstruire". 
Depuis avril 2014, la cellule Themis a été mise en place par le ministère de la Défense pour recueillir les témoignages de victimes de harcèlement, discriminations ou violences sexuelles. Elle a déjà été saisie de plus d'une centaine de cas.

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