1er mai : privés de défilé, les syndicats font entendre leur voix sur les réseaux sociaux et aux balcons !

Pas question de déroger à la tradition du 1er mai pour la fête internationale du travail ! Malgré le confinement, les syndicats lancent un appel unitaire pour la défense des droits des salariés. Les réseaux sociaux sont mis à contribution. Sans compter des manifestations " au balcon" !

Une affiche syndicale du 1er Mai,  dans le contexte du Covid-19
Une affiche syndicale du 1er Mai, dans le contexte du Covid-19

Alors que la rue est traditionnellement le lieu d'expression des syndicats lors de la journée internationale du travail du 1er mai, il a fallu en cette année 2020 frappée par la pandémie du Covid-19, trouver d'autres modes d'expression. C'est donc vers une version inédite de lutte, version 2.0 via les réseaux sociaux, que la parole des travailleurs se fera entendre. Dans les quatre départements bretons, des appels unitaires à manifester sur la toile ont été lancés.
 

Communiqué intersyndical du 1er MAI 2020.


Dès 10h, la toile va s'animer pour manifester sur les réseaux sociaux !


Chaque syndicat a créé pour ses comptes Twitter, son propre hashtag et son slogan pour permettre aux salariés de s'exprimer :
 

#1maiCGT avec le slogan "transformons le monde demain"  pour la FSU  #OnNeVaPasSeDéfiler
 
Sur les pages facebook de la CGT d'Ille-et-Vilaine et de FO, dès 10 h 00 ce 1er mai, des vidéos seront mises en ligne avec des messages enregistrés, comme celui de Fabrice Le Restif (secrétaire départemental FO 35) .
 

De son côté, la CGT Bretagne a enregistré un texte lu par 16 salariés de différents secteurs de la fonction publique et de retraités, pour qu'ils adressent en direct leur message au plus grand nombre et que la vidéo soit partagée sur la toile.
 
Un slogan sur une banderole entre deux balcons  à Rennes
Un slogan sur une banderole entre deux balcons à Rennes


Chacun est invité à fabriquer banderoles et affiches afin de manifester à domicile ou depuis son balcon. Ou bien encore pour marquer un peu le territoire en extérieur.
 

À Rennes, Sud PTT a même pris l'initiative d'adresser une déclaration de manifestation à la Préfecture, fixée à 11h, qui est restée lettre morte.
 

Déclaration de manifestation 1 mai 2020 Sud PTT 35


Paroles de syndiqués et de manifestants 


Joël Mariteau est professeur d'histoire-géographie au Lycée Freyssinet de Saint-Brieuc. Adhérent du Snes FSU, il veut être présent symboliquement cette année pour le 1er Mai.


Enseignants : défendre nos acquis collectifs !


"Il faut rappeler collectivement que nous ne renonçons pas aux droits sociaux des travailleurs. C'est une journée inter-catégorielle, qui n'est pas spécifique à l'éducation, même si on se pose des questions sur les conditions dans lesquelles les enseignants reprendront les cours."  Il se dit inquiet des propositions du Medef, favorable à l'allongement du temps de travail et craint que la crise sanitaire ne remette en cause certains acquis. 


Routiers : obtenir de la reconnaissance ! 


Kévin Téolan est chauffeur routier ( CGT). Il habite à Rennes mais part à la semaine avec son 44 tonnes pour des livraisons sur toute la France. "Si j'avais manifesté,  j'aurais mis en avant mes conditions de travail et la reconnaissance de l'image de ma profession!" dit-il.

"Même si en ce moment avec la crise du Covid-19, les gens disent que nous avons un métier utile et difficile, je pense que cela ne va pas durer. Sur la route, on est mal aimé, on est trop lent, on gêne les automobilistes, ils ne nous aiment pas ! Quant au salaire, il faut savoir que nous gagnons le SMIC. S'il y a des plus sur la fiche de paie, c'est grâce à nos heures supplémentaires. Des heures où l'on est loin de chez nous, loin de nos familles !"


Postiers : Attention aux conditions de travail !


Guillaume Faligot (Sud Solidaires PTT) travaille de nuit sur la plateforme de colis du Rheu, près de Rennes. Le site n'a jamais été à l'arrêt. Le 30 avril et le 1er mai, Guillaume sera sur le site. Une journée symbolique pour évoquer les conditions de travail dans l'entreprise.

Il explique : "D'habitude, on ne travaille jamais la veille d'un jour férié en équipe de nuit ! Mais depuis le confinement, il y a eu des réorganisations de cycle et des horaires de travail ! La direction utilise les ordonnances Macron du projet de loi sur l'état d'urgence sanitaire. En ce moment, la plateforme tourne à plein régime. Le trafic des colis est équivalent à la période de Noël ! Avec près de 30 % des salariés absents pour cause d'arrêt maladie, la direction a fait appel à de la sous-traitance et à des intérimaires ! Demain, on sera peut-être incité à faire des heures supplémentaires ! " 


Fonctionnaires : "Défendre un service pubic fort !"


Marc Corbel (CGT) est fonctionnaire territorial. Il est gardien d'une déchetterie à Morlaix. Il a ressorti ses drapeaux, ses autocollants et la sono, dont il la charge lors des manifestations syndicales. Tout sera installé sur sa terrasse le 1er mai pour faire retentir "la Marseillaise".
 
À Morlaix : Marc Corbel a ressorti toute sa panoplie pour manifester sur sa terrasse le 1er MAI.
À Morlaix : Marc Corbel a ressorti toute sa panoplie pour manifester sur sa terrasse le 1er MAI. © Marc Corbel


Prêt à reprendre le travail dès que possible, cet agent sait qu'il pourra être appelé à donner un coup de main dans d'autres services de la ville, pour faciliter le redémarrage de l'activité : une priorité pour ce fonctionnaire qui a le sens de sa mission. "C'est pour ça que je manifeste ! il faut défendre un service public fort et la reconnaissance du rôle de ces agents. On a un message à faire passer pour inverser l'image qu'ont les gens des personnels de la fonction publique !"  
 

L'année dernière, des cortèges avaient défilé un peu partout en Bretagne. A Rennes, pour éviter des heurts, un millier de personnes s'était rassemblé de façon bon enfant, dans le quartier Sud du Blosne,  pour défendre "l'urgence sociale", sous la bannière FO/CGT/FSU.
Sud Solidaire avait organisé de son côté une manifestation dans le Centre-Ville.

Pour la première fois, des Gilets Jaunes étaient également  descendus dans la rue, comme à St Brieuc, où ils étaient près de 300.


 
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