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Agroalimentaire : comprendre la crise en 4 points

© FRED TANNEAU / AFP
© FRED TANNEAU / AFP

Doux, Gad et plus récemment Marine Harvest, l'agroalimentaire breton subit depuis 2012 d'importants coups durs. La viande est l'un des secteurs les plus emblématiques de cette série noire. Plusieurs éléments sont en cause. 

Par Anais Huet

1. Une concurrence "déloyale"

Bon nombre de professionnels du secteur de l'agroalimentaire fustigent la concurrence exacerbée au sein même de l'Union européenne. Le coût du travail est largement plus faible en Allemagne, qui exerce de fait une pression sur les prix. 
Dans le Panorama des Industries Agroalimentaires, le Ministère de l'agriculture concède : "Force est de constater que la France recule dans le classement mondial des pays exportateurs sur le secteur agroalimentaire, passant de la première place, au coude-à-coude avec les États-Unis, au début des années 2000 à la quatrième aujourd’hui après les Etats-Unis, les Pays-Bas et l’Allemagne".

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Nathalie Marchand
Nathalie Marchand est Secrétaire Générale FDSEA 35


2. L'augmentation du coût des matières premières

La flambée du coût des matières premières, des céréales (blé, soja) et de l'alimentation animale, est une des explications de l'agroalimentaire en Bretagne. Et pas seulement pour la viande. Ces dernières années, le prix du beurre et de la farine a pratiquement doublé, au grand dam des industries de biscuits et de boulangerie-pâtisserie.

3. L'obsolescence des outils de production

Les outils de production, dans les abattoirs notamment, vieillissent et deviennent moins performants au regard de la concurrence. Nouvelles conséquences d'une situation économique à la peine, les entreprises n'innovent pas et investissent avec parcimonie. 

4. Les fluctuations des marchés

Un élément sur lequel il est difficile d'agir. L'"effet yoyo" ou la volatilité des prix conduit à des baisses et des hausses régulières du prix du lait, par exemple.

"Ne pas être fataliste"

Les annonces successives et cauchemardesques pour quelques entreprises de l'agroalimentaire breton sont sources d'une angoisse croissante. Pour atténuer cette "sinistrose", Jean-Paul Simier, directeur Filières Alimentaires chez Bretagne Développement Innovation, rappelle contre vents et marrées : "On perd moins d’emplois dans l’agroalimentaire que dans les autres secteurs de l’industrie, comme l’automobile par exemple. En 2012, 1 000 emplois (CDI) ont été perdus, ce qui revient à 1,5% du total des emplois dans l’agro-alimentaire en Bretagne, selon l’INSEE. Ce chiffre est parallèlement atténué par une hausse des effectifs intérimaires. Nous sommes très préoccupés par le sort des employés de Gad, Doux ou Marine Harvest, mais il faut aussi rappeler qu'il y a 400 entreprises agroalimentaires de plus de 20 salariés en Bretagne. Chaque année, des emplois y sont créés, même si le solde est aujourd'hui négatif".

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