L'appel au secours de Jérôme Kerviel

Jérôme Kerviel à son arrivée au Palais de Justice de Paris en juin 2012 / © BERTRAND GUAY / AFP
Jérôme Kerviel à son arrivée au Palais de Justice de Paris en juin 2012 / © BERTRAND GUAY / AFP

"Je suis condamné à mort socialement". Dans un message vidéo mis en ligne sur le site de 20 minutes, l'ex-trader Jérôme Kerviel en appelle aux ministres et aux députés dans l'affaire qui l'a vu condamné à rembourser 4,9 milliards d'euros à la Société générale.

Par Sylvaine Salliou

Jérôme Kerviel déclare à 20 minutes que depuis près de six ans, sa vie est un enfer. "Mon nom a été donné en pâture par la Société générale et ma vie sacrifiée pour préserver les intérêts de cette banque, de ses dirigeants et plus largement du système financier. Je suis condamné à mort socialement." Il demande une enquête parlementaire sur la déduction fiscale de 1,7 milliard d'euros accordé à la Société Générale, dans un courrier adressé aux parlementaires et ministres. L'ancien trader déclare dans une interview à 20minutes, que "l'affirmation" de la banque faisant état de cinq milliards de pertes "n'a jamais été vérifiée ni par les instances judiciaires ni par qui que ce soit d'autre" et dénonce le fait qu'aucune "expertise financière indépendante" n'ait été réalisée pendant la longue procédure. "Je m'adresse donc aux parlementaires et au gouvernement parce qu'une commission d'enquête parlementaire peut exiger cette expertise financière. Il se trouve que chaque citoyen français est concerné dans la mesure où l'État a accordé 1,7 milliard d'euros de déduction fiscale à la Société Générale quand celle-ci a annoncé ses prétendues pertes. Ce chèque de Bercy n'est absolument pas dû. J'aimerais bien que les élus s'interrogent sur pourquoi cet argent public a été attribué", déclare Jérôme Kerviel.

Jérôme Kerviel lit sa lettre aux parlementaires et membres du gouvernement
Une vidéo de 20 minutes

Kerviel en appelle aux politiques

Début juillet, le conseil des prud'hommes, devant lequel Jérôme Kerviel conteste son licenciement pour faute lourde, a rejeté la demande d'expertise indépendante faite par l'ancien trader. Alors qu'on lui fait remarquer qu'une commission d'enquête parlementaire ne peut être créée tant que la procédure judiciaire est en cours, il répond que "les parlementaires peuvent enquêter sur le crédit fiscal d'1,7 milliard que l'État a offert à la Société Générale, en 2008. Et pour enquêter là-dessus, ils auront donc besoin de vérifier l'existence de prétendues pertes subies par la banque". Déjà jugé au pénal, Jérôme Kerviel a été condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, ainsi qu'à verser 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts à son ancien employeur. Le jugement de première instance rendu en octobre 2010 a été confirmé en appel en octobre 2012. L'ancien trader s'est pourvu en cassation. Il a été laissé libre dans l'attente de l'examen du pourvoi qui devrait intervenir dans les prochains mois.

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