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La Cecab, un géant de l'agro-alimentaire devenu fragile

La Cecab est spécialiste dans les conserves de légumes / © CC Sébika
La Cecab est spécialiste dans les conserves de légumes / © CC Sébika

La Cecab compte 50 usines et 7 000 salariés encore aujourd'hui. La coopérative, créée en 1968 à Theix, près de Vannes, regroupe diverses marques comme les conserves de légumes D'Aucy. Mais après 40 ans de croissance, ce géant de l'agro-alimentaire accumule les difficultés.

Par Sylvaine Salliou et Stéphane Grammont

Difficile d'avoir des chiffres, difficile d'avoir accès aux responsables, difficile de parler à quelqu'un du groupe Cecab en ce moment. Quand vous demandez des renseignements sur la coopérative, c'est un attaché de presse parisien qui vous rappelle : "les dirigeants vous rappelleront plus tard, quand la situation sera plus apaisée, toute intervention risque de mettre de l'huile sur le feu..."


Spécialiste des conserves de légumes, pas du cochon

Le coeur de métier de la Cecab, Centrale coopérative agricole bretonne, c'est la conserve de légumes, pas le cochon. C'était jusqu'il y a quelques mois l'un des premiers groupes agro-alimentaires français. Aujourd'hui, la Cecab se présente encore, comme le deuxième producteur européen de légumes surgelés. Mais depuis 2011, elle s'est séparée de plusieurs usines ou marques, donc bien avant les abattoirs de Gad SAS. Son chiffre d'affaire en 2012 était de deux milliards d'euros reposant sur cinq grands secteurs, de la conserve de légumes (D'Aucy) à l'agro-fourniture, en passant par les oeufs, qui jusqu'en avril dernier faisaient de la coopérative et de la marque Mâtines, le leader du secteur. 

40 ans de croissance

Le champion de l'agro-alimentaire jusqu'en 2012

La Cecab a été jusqu'en 2011 un champion toute catégorie de l'agro-alimentaire, avec des marques fortes comme d'Aucy, bien sûr, mais aussi Mâtines ou Gamm Vert. Outre Gad, le groupe Cecab est constitué de l'UFM, Union Fermière Morbihannaise pour la transformation de légumes (marque d'Aucy) et de la Coop de Broons, pour l'alimentation animale. L'ensemble pèse 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, pour un résultat d'exploitation positif à hauteur de 18,2 millions d'euros en 2011, mais un résultat net en perte de 26,6 millions d'euros. En 2012, la Cecab est implantée dans plusieurs usines européennes, en Italie, en Angleterre, en Espagne, en Allemagne. Elle est aussi au Brésil et en Russie. C'est en Russie, que la coopérative essuie ses premières pertes. Après avoir investi 60 millions d'euros en 3 ans, la Cecab vend sa conserverie russe à son concurrent Bonduelle. Il n'arrivait pas à l'équilibrer.



Le groupe contraint de recentrer ses activités 

Ces derniers mois et ces dernières semaines, le groupe aencore été contraint de se concentrer sur ses activités les plus rentables. La conserve de légumes qui représentait 27 % de ses activités. Or, le groupe coopératif a vendu 8 sites de surgélation de légumes en juillet 2013, au groupe belge Pinguin NV. Quatre sont situés en Pologne, deux en Hongrie et deux autres en France à Comines dans le Nord et Moréac dans le Morbihan.  En France, il ferme ses usines aux capacités de production jugées insuffisantes. Sont concernées, la conserverie Boutet Nicolas située à Rosporden (Finistère) et celle de la commune de Ciel en Saône-et-Loire. 244 postes vont y être supprimés entre 2013 et 2015 avec des possibilités de reclassement dans d’autres usines du groupe également présent dans la transformation d’œufs (10% de ses activités) et les produits agricoles (21 %).


Une branche porcine déficitaire

Sa branche porcine se porte mal depuis déjà quelques années. Selon les Echos, la Cecab cherchait à se débarrasser de Gad en 2011, soit trois ans, après l'acquisition. Elle n'a jamais trouvé de repreneur. La coopérative a dû garder sa filiale déficitaire. Elle a alors lancé le plan "Oré" (objectif retour à l'équilibre). Elle a obtenu le feu vert des banques pour recapitaliser l'entreprise et réaliser 4 millions d'euros d'investissements par an, jusqu'en 2014. Aujourd'hui, le principal actionnaire de l'entreprise d'abattage de porcs Gad SAS est très endetté. Son endettement atteignait 203,3 millions d'euros au 31 décembre 2012, selon les Echos. "En soutenant à bout de bras sa filiale porcine depuis plusieurs années, la coopérative Cecab aurait perdu les trois quarts de ses fonds propres, tombés à 24,6 millions d'euros au 31 décembre 2012, contre 72,3 millions d'euros un an plus tôt", explique le quotidien économique. Les légumiers ont mis régulièrement au pot, pour soulager les comptes de Gad. La pression était forte, ces derniers mois pour régler au plus vite le sort de cette filiale.



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