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Disparition Guingamp : Les soirées cartables doivent-elles être interdites ?

Suite au décès de Marie, retrouvée dans le Trieux à Guingamp, après une "soirée cartables", l'avenir de ces soirées lycéennes particulièrement arrosées se pose à nouveau. Ces soirées qui marquent le début des vacances, inquiètent les autorités.
En Bretagne, les "soirée cartables" sont très alcoolisées. Elles ont lieu à chaque veille de vacances. A Guingamp (22), elles font débat depuis déjà longtemps, et ça n'a pas empêché le drame. Le corps d'une jeune lycéenne de 16 ans, disparue lors d'une soirée cartable dans la nuit du 28 février au 1er mars, a été retrouvé dans le Trieux, la rivière qui coule à Guingamp. Elle s'appelait Marie. La jeune fille avait été vue pour la dernière fois dans la nuit de samedi à vendredi. Cette élève de 1ère ES au lycée Auguste-Pavie fêtait le début des vacances avec ses copains, lors d'une de ces fameuses "soirées cartables".

Un phénomène qui inquiétait

Les "soirées cartables" sont une institution à Guingamp et à Rennes. À la veille des vacances, les jeunes traînent dans les rues du centre-ville avec des bouteilles d'alcool dans leur cartable. En 2009, le sous-préfet de Guingamp, Marc De la Forest-Divonne, s'inquiétait déjà du phénomène. Il considérait que ce type de manifestation méritait d'être encadré par la collectivité. A l'époque la mairie n'avait pas suivi tout de suite. Finalement, une soirée cartable avait été organisée en 2010 à Kergoz, comme le sous préfet l'avait préconisé. Mais il y avait peu de jeunes, "l'expérience n'a pas été réitérée", affirme Philippe Le Goff, adjoint au maire de Guingamp, candidat PS à la mairie. Depuis, la municipalité de Guingamp tente de sensibiliser les jeunes et les patrons de bar avant ces soirées. Regardez ce reportage tourné en 2009 sur ces soirées cartables organisées à Guingamp
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Soirées cartables à Guingamp/ reportage tourné en 2009

Des courriers aux parents pour sensibiliser, des bouteilles confisquées

Quelques jours avant les vacances, à Guingamp, un courrier est adressé à tous les parents d'élèves pour les sensibiliser sur ces soirées lycéennes fortement alcoolisées. Les commerçants et les débits de boissons de la ville sont aussi sensibilisés sur l'interdiction de vente d'alcool aux mineurs. La ville prend également un arrêté à la veille des vacances pour interdire la consommation d'alcool sur la voie publique dans le centre-ville. Vendredi dernier, une dizaine de gendarmes étaient postés dans le centre-ville pour faire de la prévention. Ils étaient accompagnés d'un policier municipal, de 3 éducateurs du service jeunesse de Guingamp Communauté et de 5 ou 6 élus de Guingamp.

Difficile d'interdire ces soirées

Ce soir-là, ces élus étaient allés à la rencontre des jeunes à la sortie des supermarchés, encore pour sensibiliser. Selon Philippe Le Goff, les services de la ville avaient dressé un premier bilan positif de cette nouvelle soirée, avant d'apprendre la disparition de la jeune fille. Pour le candidat à la mairie de Guingamp, il est difficile d'interdire ces "soirées cartables" : "il n'y a pas d'organisateur, c'est comme si on interdisait le samedi soir...." La sous-préfecture de Guingamp et la préfecture de Saint-Brieuc, sollicitées par nos soins, n'ont pas communiqué pour le moment. A Rennes, ces soirées existent depuis moins de deux ans. Elles réunissent entre 1000 et 1200 jeunes chaque veille de vacances scolaires, selon la préfecture. Les autorités essaient d'encadrer les lycéens. Deux arrêtés préfectoraux et municipaux interdisent le transport et la consommation d'alcool dans l'hypercentre de Rennes. Des contrôles ont lieu dans les rues et à l'entrée des bus. En cas d'infraction constatée, l'alcool est saisi. 1200 bouteilles ont été confisquées en décembre dernier. 50 policiers sont mobilisés lors de ces soirées cartables à Rennes. Regardez ce reportage tourné en avril 2013.

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Soirée cartables à Rennes avril 2013


L'interview de Jean-Luc Ricordel, addictologue

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interview addictologue


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