Le nid des phoenix : un documentaire au coeur de Kerpape

Jacques et Marie, pendant une séance de kinésithérapie à Kerpape. Ils sont les protagonistes du documentaire "Le nid des phoenix" / © Ruwenzori
Jacques et Marie, pendant une séance de kinésithérapie à Kerpape. Ils sont les protagonistes du documentaire "Le nid des phoenix" / © Ruwenzori

Pendant plus d'un an, le réalisateur Richard Bois a installé ses studios de production au sein même du centre de Kerpape pour y tourner un documentaire. Un long-métrage en deux volets intitulé "Le nid des phœnix". Le premier "Genèse" est diffusé sur France 3 Bretagne le 11 octobre.

Par Eric Nedjar

Richard Bois connaît bien la plage de Kerpape. Son grand-père y a acheté une maison en 1940 et le réalisateur y a passé depuis sa naissance toutes ses vacances. Il connaît également, forcément, le centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelles. Mais pour lui, enfant, et même adolescent, "Kerpape était une sorte de repaire de corsaires et pirates, un lieu étrange habité d'hommes en chaises roulantes, d'autres qui n'avaient qu'un bras ou un grand bandage autour la tête et qui sortaient de maisons perdues au milieu d'un grand parc". Et puis un jour de décembre 2011, Richard Bois devenu adulte a été invité à pénétrer dans ce monde mystérieux pour y rencontrer l'équipe du service d'ortho-prothèse. Son regard a peu à peu changé.

"Tout d'un coup la lumière se faisait sur ce que j'avais refoulé depuis tant d'années par peur, peur de l'autre, peur de la différence. Ce changement m'a posé question et m'a donné envie d'en savoir plus pour mieux comprendre."

L'idée de faire un film sur Kerpape s'impose et très vite le réalisateur gagne la confiance de la Mutualité et du centre. 

En juillet 2013, Richard Bois commence ses repérages. Il prend son temps, il veut connaître, comprendre, rencontrer les patients, les soignants, ceux d'aujourd'hui, les anciens aussi. "Je voulais sentir les histoires, leurs histoires, comment ils ont vécu ici, ce qu'ils en ont gardé...".  

Cette longue phase d'observation, de prises de contact, le réalisateur dit en avoir besoin. Elle va durer jusqu'au mois de décembre au cours duquel débute tout doucement les premières prises de vue.
En février 2013, tout s'accélère.

Pour mener à bien son projet, Richard Bois a également voulu délocaliser ses studios de production parisiens pour s'installer au sein même du centre de Kerpape. Une immersion totale au cours de laquelle explique-t-il :

"Ma vision du handicap a radicalement changé. Je ne vois plus les choses de la même manière. Les gens qui arrivent ici sont cassés, ils perdent beaucoup de leur ancienne vie, mais comme le phœnix renaissent souvent plus fort. J'ai voulu filmer cette renaissance, le retour à l'autonomie, ce monde clos, les liens qui unissent patients, soignants, et ceux de l'extérieur. Sont-ils les mêmes qu'en 1914 quand Kerpape était un sanatorium et où l'on soignait la tuberculose ?"


C'est tout cela, et plus encore, que veut raconter "le Nid des phoenix". Cent ans d'histoire(s), des témoignages. Un long-métrage en deux volets de 52 minutes. Le premier "Genèse" a été projeté cette semaine à Kerpape pour les patients et le personnel du centre. Trois séances étaient prévues mais devant l'engouement une quatrième a dû être organisée. Le second "Envol" est toujours en montage et déjà Richard Bois projette de lui donner une suite...

Le nid des phoenix : la bande annonce



 

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