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L'armateur du Bugaled Breizh assigne l'Etat en justice

© L'épave du Bugaled Breizh, le jour de son renflouement
© L'épave du Bugaled Breizh, le jour de son renflouement

L'armateur du Bugaled Breizh, ce chalutier breton naufragé de manière inexpliquée en 2004 au large de la Grande-Bretagne, vient d'assigner l'Etat en justice, estimant que des éléments du dossier n'avaient pas été pris en compte par la justice, a-t-on appris jeudi.

Par Sylvaine Salliou

"J'ai assigné l'Etat en justice car les juges, et donc l'Etat, ont dénaturé les faits et les éléments du dossier", a indiqué Michel Douce, confirmant une information du quotidien régional Ouest-France. L'armateur du navire, dont le naufrage a couté la vie à cinq marins, a également assigné, devant le Tribunal de grande instance de Paris, le ministère de la Justice. "Il y avait deux radeaux de survie sur zone le jour du naufrage", a expliqué M. Douce, indiquant qu'un sauveteur anglais avait, lors de trois dépositions, assuré avoir crevé et coulé un radeau de survie, tandis que l'autre était récupéré par un chalutier français.

Dossier refermé

Mais, lors du renflouement du navire, "on a retrouvé le deuxième radeau du Bugaled près de l'épave, dans son conteneur", a poursuivi M. Douce, soulignant que le chalutier
ne disposait que deux radeaux. Par ailleurs, selon lui, sur ceux du Bugaled, orangés et noirs, on pouvait lire le nom du bateau et son numéro d'immatriculation. Or, selon le sauveteur anglais, celui qu'il aurait coulé, rouge, ne portait aucune inscription. "Le jour où on saura d'où vient ce radeau, on saura que l'accident a eu un témoin", a estimé M. Douce, regrettant que la justice n'ait jamais pris en compte ces éléments. Au terme d'une longue enquête qui n'a pas permis d'établir formellement les causes de l'accident, la justice a décidé fin mai de refermer le dossier, en prononçant un non-lieu dans cette affaire.

Rassemblement samedi à Quimper

Le chalutier immatriculé au Guilvinec (Finistère) avait sombré en moins d'une minute au sud-ouest de l'Angleterre, le 15 janvier 2004, entraînant la mort des cinq marins qui se trouvaient à bord. Les proches des victimes soutiennent que le navire a été accidentellement happé par un sous-marin, alors que se déroulaient dans la zone des manoeuvres navales de l'Otan avec la participation de sous-marins de diverses nationalités. Clôturée le 3 juillet 2013, l'instruction du dossier, qui s'est à plusieurs reprises heurtée au secret-défense de certains des pays concernés, n'a cependant pas pu valider cette thèse. Un rassemblement est prévu samedi à Quimper, "contre l'oubli et pour la poursuite du combat" dans cette affaire.

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