Après la crise sanitaire, les cliniques privées de Bretagne veulent disposer de lits de réanimation pérennes

Avec 162 places de réanimation, la Bretagne est l'une des régions les moins dotées de France. Seuls les hôpitaux publics disposent de ces services spécialisés. Mobilisés pendant la crise du covid-19, les établissements privés réclament l'autorisation d'ouvrir également des lits.
En Bretagne, le nombre de places en service de réanimation est inférieur à 5 lits pour 100 000 habitants contre 7,6 lits pour la moyenne nationale.
En Bretagne, le nombre de places en service de réanimation est inférieur à 5 lits pour 100 000 habitants contre 7,6 lits pour la moyenne nationale. © Y.M. Quémener / Maxppp

"En 2019 en Bretagne, environ 230 patients ont dû être transférés depuis une clinique privée vers un hôpital public pour y être admis en service de réanimation. (...) Notre région est sous-dotée", explique Nicolas Bioulou, président de la Fédération hospitalière privée (FHP) de Bretagne . "4,85 lits pour 100 000 habitants en Bretagne contre 7,6 pour la moyenne nationale.

Les 162 lits de réanimation dont dispose la Bretagne se situent tous dans des établissements publics. "Or c'est insuffisant", constate le représentant des cliniques et hôpitaux privés. "Voilà quatre ans, que nous demandons à l'Agence régionale de santé l'autorisation d'ouvrir des places supplémentaires dans nos établissements. En vain.(...) Historiquement, l'A.R.S. de Bretagne a toujours montré une certaine réticence à accorder des autorisations aux établissements privés", estime-t-il, "ce qui n'est pas le cas dans la quasi-totalité des autres régions."

 

46 ouvertures temporaires

 

En avril dernier, dans la perspective d'un afflux de patients gravement touchés par la crise du covid-19, l'ARS a néanmoins autorisé pour six mois la création de 46 lits supplémentaires en services de réanimation sur quatre sites privés de Bretagne, à savoir:

Ajoutées aux autorisations accordées pour d'autres places supplémentaires dans les hôpitaux de la région, cela devait permettre de porter à 400 lits environ la capacité d'accueil en réanimation. Sur le papier, il était prévu que les cliniques absorberaient les débords de patients qui ne pouvaient plus être pris en charge dans les hôpitaux.

 

 

En réalité, tous ces lits n'ont pas été utilisés, la vague de malades tant redoutée n'ayant jamais vraiment déferlé en Bretagne. 

 

200 professionnels du privé en soutien en Ile-de-France

 

Au 1er octobre prochain, "les autorisations temporaires arriveront à échéance et nous retomberons dans le schéma sanitaire d'avant-crise", regrette Nicolas Bioulou qui demande donc que les 46 lits de réanimation soient pérénisés dans les établissements privés de Bretagne. "Cela permettrait de rééquilibrer l'offre sur la région."

"Par ailleurs, nos praticiens ont largement prouvé, au cours des ces dernières semaines, leurs compétences en matière de réanimation. La plupart des médecins ont été formés et ont exercé en CHU. Au plus fort de la crise, plus de 200 professionnels des cliniques privées de la région sont partis dans les hôpitaux sous tension notamment en Ile-de-France. Ils savent faire et l'ont démontré."

L'Agence régionale de santé, que nous avons sollicitée, n'a pas donné suite.

 

La réanimation: un service à part
Ces unités accueillent des patients qui présentent, ou sont susceptibles de présenter, plusieurs défaillances viscérales aiguës mettant directement en jeu le pronostic vital et impliquant le recours à des méthodes de suppléance (par exemple : ventilation mécanique, transfusion de dérivés sanguins voire circulation extra-coroprelle, hémodialyse).
Les patients sont intubés et le respirateur (ou ventilateur) est un élément constant, présent dans toutes les chambres de réanimation. Les services de réanimation sont les seuls habilités à prendre en charge les personnes intubées au delà de 48 heures.

2 infirmières pour 5 patients

En unité de réanimation, compte tenu de la lourdeur et la technicité de la prise en charge, en plus d'un médecin anesthésiste-réanimateur, il est prévu deux infirmières pour cinq patients (au lieu d'une douzaine dans un service dit classique) et une aide-soignante pour quatre patients.

 
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