Les auto-écoles au point mort n'attendent que de redémarrer

© AFP - J.F. Monnier
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Mi-mars, la mise en place du confinement a stoppé net l'activité des auto-écoles. Cours suspendus, examens reportés ou annulés, l'apprentissage de la conduite est mis en pause Les professionnels du secteur espèrent un retour à la normale au plus tôt. 

Par Corentin Bélard


Parmi les nombreuses professions ayant dû arrêter leur activité suite au confinement, les auto-écoles. La plus grande partie de leur activité se fait au contact du public. Les cours de conduite, notamment, sont inadéquats avec le principe de distanciation sociale.
 

"Notre métier a changé en trois semaines"


Fermée depuis le lundi 16 mars, l'auto-école Relou, à Rennes, compte 34 salariés. "Dès le 15 mars, notre cabinet comptable nous a demandé de mettre les salariés en arrêt de travail ou chômage partiel" explique Rémi Le Quéré, l'un des gérants de l'auto-école. 

"Notre métier a changé en trois semaines, il a fallu gérer toute cette partie sociale pour nos salariés, mais aussi la partie bancaire avec les crédits en cours. De plus, nous avions prévu de changer une partie de notre flotte de voitures début juin" détaille-t-il.

L'auto-école Relou a la chance d'avoir une trésorerie saine qui peut "tenir en prévisionnel jusqu'en juillet" mais il ne faut pas que la situation dure trop longtemps.

D'autant que des inconnues demeurent. "Notre clientèle est grandement composée d'étudiants et apprentis, dont les plans peuvent changer à cause du confinement s'ils ne se situent plus sur Rennes pour passer leur permis."
 

Examens annulés


"Notre inquiétude première est la disponibilité des inspecteurs. Si pas d'examen, pas de cours de conduite." Pour le moment, les examens de passage du permis de conduire sont tous annulés, dans l'attente de la reprise de l'activité. 

"En attendant, on propose des cours de code à la maison. Pour ceux qui devaient passer le permis, on essaie de remplacer au mieux la pratique par la théorie avec des cours d'entretien, toujours à distance", précise Rémi Le Quéré. Une dynamique encouragée par la Sécurité Routière.
 
 

Un manque à gagner important


Du côté du Finistère, l'auto-école Pôle Position est également à l'arrêt depuis le 16 mars. "Mes deux salariés sont au chômage partiel", explique Stéphane Burgaud, gérant de l'entreprise.

"Mon moniteur et moi-même travaillons d'ordinaire environ 85 heures par semaine. Sur chaque heure facturée 45 euros, nous gagnons 6,80 euros de bénéfice net." En huit semaines de confinement, la perte est donc de 4.624 euros pour l'auto-école. 

"Pour l'heure, notre trésorerie tient le coup, mais il ne faut pas que la situation dure trop longtemps. Nous avons essayé de négocier avec les assurances pour changer le statut de nos véhicules, sans succès" regrette Stéphane Burgaud. Les loyers de ses voitures ont eux pu être décalés de deux mois.
 

Une profession habituée aux gestes barrières


Les espaces clos des habitacles, et le passage continu des élèves dans les voitures font que la tenue des cours "demande une hygiène particulière. Nous avons déjà l'habitude des épidémies de grippe saisonnière, cela fait 20 ans que nous utilisons du gel hydroalcoolique !" veut rassurer Rémi Le Quéré. 

Depuis la fin février, "les locaux sont nettoyés toutes les heures, et nous avons renforcé les équipements sanitaires, comme les distributeurs de savon" selon lui. 

Mais des solutions sont recherchées pour permettre une reprise de l'activité en accord avec les dispositions du déconfinement. "Nous avions pensé à des cloisons de PVC entre l'élève et le moniteur", du côté de l'auto-école Pôle Position. "Mais cela empêcherait le moniteur d'accéder au volant et levier de vitesse, et c'est problématique."

La conduite se fera "avec des masques et du gel hydroalcoolique" estime Stéphane Burgaud.

Un retour à la normale semble encore loin pour les moniteurs et leurs élèves. Les dispositions propres à l'exercice des leçons de conduite restent encore inconnues.
 

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