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A quoi sert l'Europe ? Qui défend les intérêts des Bretons et comment ? Direction Bruxelles, pour rencontrer ceux qui nous représentent pour tenter de comprendre le fonctionnement des ces institutions. Le voyage était aussi l'occasion d'aller rencontrer des Bretons engagés dans l'Europe.

 

Le Parlement européen : lieu de pouvoir des citoyens

L’Union Européenne est dirigée par trois institutions qui se partagent le pouvoir : 

Il y a le Conseil de l’Union Européenne qui représente les Etats membres. Le Conseil adopte la législation et coordonne les politiques de l’Union Européenne.

On trouve ensuite la Commission Européenne qui est l’organe exécutif de l’Union Européenne. C’est elle qui prépare et met en œuvre les décisions du Conseil de l’Union Européenne et du Parlement Européen. La Commission élabore les textes législatifs et le soumet au Parlement Européen et au Conseil en fonction des matières concernées. C’est l’administration européenne en quelques sortes.

Enfin le Parlement Européen est composé des députés élus au suffrage universel direct par les citoyens européens. Il est composé de  751 députés qui exercent le pouvoir législatif, budgétaire et contrôlent les politiques des institutions.
Strasbourg est le siège officiel du Parlement mais c’est à Bruxelles que les députés travaillent trois semaines sur quatre. Les élus y ont leurs bureaux et c’est aussi là que se déroulent toutes les réunions des commissions parlementaires.
 
 

Nos représentants

La Bretagne appartient à la circonscription Ouest tout comme les Pays de la Loire et l’ancienne région Poitou-Charentes. Neuf élus représentent cette circonscription jusqu’en juin 2019.
 


A quoi servent les députés européens ?

Afin de mieux appréhender le travail et le rôle des députés nous avons passé une journée avec une députée européenne.

Isabelle Thomas, ancienne conseillère régionale de Bretagne déléguée à la pêche est députée européenne de la circonscription ouest depuis 2014. Elle siège au sein des commissions budget et pêche du Parlement.
 

Les questions maritimes c’est ma passion


S’investir au sein de la commission de la pêche était une évidence pour l’élue bretonne. « J’avais porté des amendements sur la politique commune des pêches au nom de la région et je suis arrivée au Parlement au moment où la politique commune des pêches était en débat. C’était une évidence et les questions maritimes c’est ma passion » explique l’élue.

Les journées d’Isabelle Thomas commencent tôt et se terminent tard et sont le plus souvent une succession de réunions : réunion des commissions, réunion de préparation des textes législatifs, réunion des groupes politiques.

Depuis deux ans et demi la députée bretonne travaille sur le contrôle des bateaux des pêches pour les bateaux de moins de 10 mètres. Elle souhaite proposer un nouveau règlement visant à harmoniser le contrôle de ces bateaux qui représentent 80 % de la flotte européenne. Le sujet est délicat. Dans ce domaine, les clivages politiques et les intérêts nationaux semblent parfois au dessus de l'intérêt communautaire.

« Les pêcheurs bretons comme les pêcheurs espagnols d’ailleurs, ils pensent que de l’autre côté, la mer est plus bleue, qu’il y a moins de contrôle, que c’est plus laxiste et qu’eux, ils trichent. C’est le ressenti. Le but de ce règlement c’est justement d’harmoniser le contrôle, de faire en sorte qu’il soit exécuté partout de la même manière ! » insiste la rapporteuse du texte. Par cette nouvelle réglementation, la députée assure vouloir préserver la ressource tout en assurant une égalité de traitement de tous les pêcheurs européens.

Un rythme de travail intense mais passionnant

La mission de rapporteuse de texte est un travail particulièrement chronophage mais la députée et son équipe se doivent aussi de suivre les dossiers brûlants de l’actualité européenne, tels que le Brexit. Sur ce sujet, Isabelle Thomas ne cache pas sa colère vis-à-vis du commissaire Michel Barnier « avoir négocié un accord avec le gouvernement britannique sans avoir inclus un accord de pêche est une faute absolue ! » 

Les dossiers épineux sont nombreux et le travail législatif nécessite une veille permanente. Un rythme de vie intense pour l’élue bretonne qui passe désormais trois semaines par mois à Bruxelles et une semaine à Strasbourg.

« C’est une course permanente mais une course de fond passionnante » explique Isabelle Thomas mais c’est aussi selon elle un travail essentiel à la démocratie : « Si on veut maintenir de la citoyenneté face aux multinationales, à la finance et aux États continents comme les Etats-Unis ou à la Chine il faut s’organiser pour être puissant. L’union fait la force ».

Ce mois de mars 2019 Isabelle Thomas vient de recevoir le prix du député européen de l’année dans la catégorie affaires économiques. Une reconnaissance de son travail de négociation mené sur le futur budget.

La députée originaire de St Malo aimerait bien poursuivre son travail en s’engageant pour un nouveau mandat. Cela est désormais entre les mains des citoyens qui décideront de son renouvellement à ce poste ou non lors des élections du 26 mai prochain. Après avoir quitté le PS, Isabelle Thomas a rejoint Benoît Hamon au sein du nouveau parti Génération.s en 2017.
 


 

Les lobbies bretons à Bruxelles


C’est à Bruxelles que sont élaborés les règlements et directives européennes qui s’appliquent aux citoyens et aux entreprises partout en Europe.

La Bretagne se trouve à plus de 650 kilomètres de là. Alors, pour se faire entendre, la Région, les associations et les entreprises se doivent d’être présentes à Bruxelles.
 

La maison de la Bretagne Europe

La Bretagne a été l'une des premières régions françaises à ouvrir une permanence dans la capitale belge. La maison de la Bretagne Europe a en effet ouvert ses portes dans les années 90. Aujourd’hui quatre personnes y travaillent à plein temps.

Ses missions :
  • être une passerelle d’information entre le parlement, la commission et la région Bretagne
  • défendre les intérêts de notre régionr et la représenter
  • accueillir les élus et les élèves bretons lors de leur venue à Bruxelles
 

La réforme de la PAC au coeur des priorités

Fédérico Sgarbi est un des chargés de mission de la maison de la Bretagne. Il a notamment en charge le suivi des dossiers agriculture, pêche et environnement. Des domaines d’activité stratégiques pour la région.

Le quotidien de Fédérico consiste à assister à toutes les réunions possibles des commissions parlementaires qui portent sur ses dossiers de prédilection, mais aussi à entretenir des liens avec les assistants parlementaires, les commissaires européens ainsi que toutes les associations et lobby professionnels des secteurs concernés. L’objectif est simple : être informé en temps réel des discussions en cours afin d’anticiper les futures lois et orientations des politiques européennes.

En cette fin de mandature la priorité de Fédérico est de suivre l’évolution des débats concernant la réforme de la politique agricole commune (PAC). Un enjeu de taille pour les agriculteurs puisque 35 000 exploitations bretonnes se partagent plus de 450 millions d’euros de la PAC.

« Tout ce qui peut nous aider à mieux comprendre la réforme en cours va nous aider à nous préparer en région » explique le chargé de mission.

 

CRPM : une association pour défendre les régions périphériques et maritimes

L’Europe compte 276 régions qui ont toutes des particularités mais aussi des problématiques communes. Partant du constat que l’union fait la force, la Bretagne a initié en 1973 la création d’une association des régions périphériques et maritimes. Son nom : la CRPM, la Conférence des Régions Périphériques et Maritimes.

Aujourd’hui, la CRPM rassemble 160 régions issues des états membres de l’Union Européenne mais pas seulement. Certaines régions de Norvège, de Turquie ou du Maghreb sont aussi adhérentes de l’association.

Au total la CRPM représente donc les intérêts de plus de 200 millions de citoyens.
 

Le rôle de la CRPM

Ses principaux axes d’actions et d’influences concernent la cohésion sociale, économique et territoriale, les politiques maritimes et la croissance  bleue, mais aussi l’accessibilité des territoires. La gouvernance européenne, l’énergie et le changement climatique, le voisinage et le développement, représentent également d’importants domaines d’activités de l’association.

Le siège de la CRPM se trouve à Rennes mais l’association compte deux autres bureaux permanents, l’un à Bruxelles et l’autre à Barcelone. Eleni Marianou est l’actuelle secrétaire générale de la CRPM.
 

Les entreprises défendent aussi leurs intérêts auprès du Parlement et de la Commission européenne. Le plus souvent elles se regroupent par secteur d’activité et mandatent des représentants qui travaillent pour elles à Bruxelles. C’est le cas des coopératives et des entreprises de l’agroalimentaire réunies au sein de l’association Breiz Europe.

 

Breiz Europe : lobby de l’agroalimentaire breton

Ce lobby fût créé en 1987 par Alexis Gourvennec pour faire entendre la voix de l'agriculture et de l'agro-alimentaire bretons auprès des instances Communautaires Européennes à Bruxelles.
 

Son rôle

Selon son président actuel Patrick Fairrier, Breiz Europe est un organe de veille et de conseil aux entreprises. Son travail consiste à suivre les discussions européennes sur les dossiers qui intéressent les adhérents. L’association doit permettre aux entreprises de s’adapter aux nouvelles directives européennes. Elle les conseille sur les actions à mener.
 

Les adhérents

Aujourd’hui les principaux adhérents de Breiz Europe sont presque tous les gros groupes du secteur agro-industriel : coopératives d’éleveurs, légumiers, abattoirs, fabricants de nutrition animale ou transformateur. Parmi eux on trouve notamment la Cooperl, Agrial, Bigard, le Gouessant, Triskalia, Avril (ancien groupe Glon), ou encore la SICA Saint Paul.
 

Les dossiers suivis par Breiz Europe

Les dossiers européens qui intéressent Breiz Europe actuellement sont notamment : la réforme de la politique agricole commune, les questions de distorsion de concurrence avec l’Allemagne qui est accusée de subventionner indirectement ses éleveurs à travers des réductions de TVA.  L’application des mesures environnementales à travers l'Europe est également suivie de près. Breiz Europe considère en effet que tous les pays européens n’appliquent pas les directives européennes de la même façon et que la France est un trop bon élève.


 

Les investissements de l’Europe en Bretagne


L’Europe reste un concept assez flou pour de nombreux citoyens pourtant l’Union Européenne mène des actions très concrètes qui ont de vraies applications sur nos territoires.
 

La Bretagne investit 900 millions d’euros en Bretagne

L’Union Européenne met à la disposition des régions des fonds structurels et d’investissement. Ce sont des enveloppes qui permettent de financer des projets locaux dans les domaines très divers comme : la pêche et l’aquaculture, le développement rural, l’environnement et la transition énergétique, l’inclusion sociale, l’éducation et la formation, l’innovation et le numérique, ou encore la culture et la citoyenneté...

Au total ce sont 900 millions d’euros qui ont été mobilisés pour la Bretagne sur la période 2014 et 2020

L’Europe a notamment participé au financement du tramway de Brest, au développement des énergies marines et les éoliennes ou encore au déploiement de la couverture haut débit.
 

FEADER : des fonds pour développer la campagne bretonne
 

Adrien Poirrier cultive une quarantaine de variétés de plantes aromatiques en agriculture biologique dans le pays de Redon. Le jeune paysan s’est installé à Sixt-sur-Aff, près de la Gacilly il y a maintenant cinq ans après une reconversion professionnelle. Son initiative a été soutenue par les collectivités locales et le fond européen Feader.

Adrien vend ses infusions à des épiceries, des restaurants mais aussi sur place dans le café-librairie de l’Amante verte. Ce lieu complémentaire a été créé par l’association Micamot pour faire vivre ce petit coin de campagne. La structure compte une vingtaine de membres actifs qui se réunissent régulièrement pour organiser des animations autour des plantes, de l’agro-écologie, de la gastronomie. Ils proposent aussi des spectacles et évènements culturels.

Tamara est savonnière à quelques kilomètres de Sixt-sur-Aff : « c’est une proposition originale. On a des cafés mais pas de librairie. C’est une belle idée, et on est content de pouvoir s’y investir ».

Le projet agri culturel de l’Amante verte associe des dimensions sociales, économiques et environnementales. A ce titre, il a pu bénéficier d’aides financières du département, de la Région mais aussi de l’Europe à travers le programme Leader.

« Le montant de l’Europe a été de 44 000 euros. Ça peut paraitre peu mais pour nous c’était très important. Sans cela nous n’aurions pas pu aller au bout de notre projet » explique Claire Poirier Présidente de l’association.

En Bretagne, le programme Leader, c’est une enveloppe de 36 millions d’euros mis à la disposition du développement rural. Mais à ce jour, seuls 10% des fonds ont été utilisés et 240 projets sont encore en cours d’instruction par la région Bretagne.
 

La gestion française pointée du doigt

Thibault Guignard, Président de Leader France ne cache pas sa colère "le programme Leader est dans la panade. Seulement 13 % des fonds sont alloués au niveau national et 4% payés. Cela veut dire que tout le système d’instruction à la française et ce partage des rôles entre le Conseil Régional et l’Etat est grippé et ne permet pas le versement des subventions aux porteurs de projet".

Le logiciel Osiris mis en place pour gérer les dossiers a longtemps été défaillant, participant ainsi au blocage de nombreux dossiers
 

Les conséquences

Selon Thibault Guignard les conséquences sont que « des projets n’ont pas pu voir le jour car ils n’ont pas été financés. Il y a aussi des projets réalisés avec des porteurs de projet qui sont en difficulté car ils n’ont pas touché leurs subventions depuis plusieurs années [...] tout cela participe  à la défiance vis-à-vis de l’Union Européenne. On dit trop facilement « c’est Bruxelles, c’est compliqué » alors que le problème est franco-français. Dans d’autres pays européen, ça fonctionne bien ! ». Ajoute le maire de Ploeuc-sur-Lié (22).

Le Président du programme Lader demande donc aux Présidents des Régions et à l’Etat français de simplifier les procédures pour que les financements Leader soient réellement utilisés.

Heureusement, après négociations, la France a obtenu un délai supplémentaire. Les projets relevant du fond Leader pourront désormais être instruits jusqu’en 2022.
 


 

Les Bretons de Bruxelles


Avec sa Grand Place, son Manneken-Pis et ses musées Bruxelles ne manque pas d’attrait pour les touristes du monde entier. Les institutions européennes font également partie des circuits de visite. Les Bretons sont nombreux venir visiter la capitale belge et les institutions européennes. Ils sont aussi nombreux à vivre là-bas.
 

Un Breton à la Commission Européenne

De nombreux Bretons ont choisi de venir s’installer à Bruxelles pour s’investir dans le projet européen. C’est le cas de Mathieu Briens, quadragénaire originaire de Saint Brieuc. Voilà 10 ans qu'il travaille à la Commission européenne. Depuis quatre ans, il est directeur de cabinet du commissaire Européen délégué à l’aide humanitaire et à la gestion des crises.
 
Mathieu Briens  / © FTV
Mathieu Briens / © FTV

Le service gère le centre opérationnel de crise de l’Union Européenne. Ici, on surveille les catastrophes qui surviennent à travers la planète et on dépêche des moyens de secours communautaires, comme l’année dernière lors des incendies qui ont ravagé la Suède. « En Suède, on a envoyé presque 400 pompiers de différents pays, de France, d’Allemagne, de Lituanie et de Pologne. Le centre organise la solidarité européenne pour permettre une réponse urgente, rapide, efficace pour venir en aide à un pays qui ne peut pas faire face tout seul » explique Mathieu Briens.
 

Une mission au cœur de l’Europe

Gestion des incendies, des inondations, des cyclones, mais aussi suivie de l’épidémie Ebola en Afrique, de la crise des réfugiés en Syrie, ou de la guerre au Yémen, le cabinet du commissaire Christos Stylianides intervient sur de nombreuses crises humanitaires dans le monde. Cette équipe d’une quinzaine de personnes originaires des quatre coins de l’Europe est la représentante de l'Union Européenne sur tous ces terrains.

« C’est un métier très prenant en même temps. C’est là qu’on élabore les politiques européennes, c‘est là qu’on se pose 10 000 questions sur comment être utile aux citoyens européens, au projet européen » confie Mathieu.
 

Etre tout à la fois européen, français et breton

Originaire de Saint-Brieuc, ce haut-responsable de la Commission a commencé par des études de droit européen à Rennes, qu’il a poursuivies à Edimbourg avant de terminer son master en Pologne. Un parcours épanouissant qui a scellé ses convictions pro-européennes. « C’est un parcours autant professionnel que personnel. Pour moi, se sentir européen français et breton tout ça à la fois, c’est plusieurs identités qui se renforcent les unes les autres. C’est plusieurs identités qui se renforcent ».

S’il a quitté depuis longtemps sa Bretagne natale, Mathieu Briens n’oublie pas pour autant ses racines. Chaque vendredi d’hiver il prépare religieusement des galettes « ça me rappelle la maison ! » dit-il tout sourire.
 
 

Crêpes et An Dro à Bruxelles !

Les Bretons sont présents aux quatre coins de la planète et ils sont aussi nombreux à vivre en Belgique. On estime qu’ils seraient 15 000 à vivre dans le plat pays. Mais ce chiffre ne tient pas compte des Bretons de cœur qui sont aussi très nombreux !

L’Union des Bretons de Belgique a été créée en 1969. Cette association regroupe les Bretons expatriés en Belgique mais aussi tous les amoureux de la Bretagne. Marylise Lemerle en est la Présidente : « on se retrouve une fois tous les deux mois pour fêter la gastronomie autant que l’esprit de la Bretagne à Bruxelles »

Jérémie lui, n’a pas d’attache familiale particulière en Bretagne mais il est passionné de musique celtique. Depuis quelques années il préside le cercle Triskell de Bruxelles. « c’est un cercle de danses bretonnes qui existe depuis 35 ans » explique-t-il. Chaque lundi, le cercle Triskell propose des cours de danses bretonnes. Une fois par an l’association organise aussi un Fest-noz et font venir des musiciens bretons.

« En novembre 2018 nous avons aussi organisé le premier festival interceltique de Bruxelles ! » dit fièrement Jérémy. Huit groupes de musique celtique de Bretagne mais aussi de l’île de Mann et de Belgique ont pu faire danser le public !

Chaque jeudi soir, Ronan installe son camion-crêperie sur le parvis Saint Gilles de Bruxelles. Dans sa crêperie mobile magnifiquement décorée avec un portrait de Tabarly et une carte du Finistère, Ronan élabore des crêpes comme au pays. Par soucis d’authenticité, il importe d’ailleurs une partie de ses ingrédients comme le beurre ! Le cidre est aussi commandé en terre bretonne. S’adapter à la Belgique, OK, mais pas question d’oublier ses racines pour autant !