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La Bretagne vent debout contre le retour d’une taxe pour les poids lourds

Un camion traverse un portail "écotaxe" à Montauban-de-Bretagne (mars 2014) / © FRANK PERRY / AFP
Un camion traverse un portail "écotaxe" à Montauban-de-Bretagne (mars 2014) / © FRANK PERRY / AFP

Le ministre de l’écologie François de Rugy a annoncé hier l’introduction éventuelle d’une vignette-écotaxe pour taxer les poids lourds étrangers. Les transporteurs et les entrepreneurs bretons s’opposent fermement à cette mesure.
 

Par Louise Cognard

Cette fois il ne s’agirait pas d’instaurer des portiques "péages" pour taxer le passage des camions mais de mettre en place une "forme de vignette" visant notamment à taxer les "camions étrangers", dont certains "ne font que traverser la France" a indiqué le nouveau ministre de l’écologie François de Rugy, dimanche sur BFMTV.  
 

Une taxe qui ne toucherait pas que les transporteurs étrangers


Pourtant le même problème se pose qu’à l’époque des portiques : la directive européenne sur les transports routiers interdit la création de taxes ou de prélèvements qui varieraient selon la nationalité du transporteur, de son origine ou de sa destination. Si les camions étrangers étaient obligés d’acheter une vignette, alors les transporteurs français le seraient également.


Pas question pour les transporteurs bretons de payer une nouvelle taxe


Les professionnels bretons du transport sont unanimes : pas question de payer une nouvelle taxe. Depuis janvier 2015 en particulier, les entreprises s'acquittent d'une nouvelle taxe au titre des produits pétroliers, qui serait d'ailleurs plus rentable pour le gouvernement, que ne l'aurait été l'écotaxe.

Selon François Baudoin, président de la Fédération Nationale des Transports Routiers Bretagne (FNTR), les transporteurs "contribuent déjà à hauteur de 7 milliards d’euros par an au budget de l’Etat et seulement une infime partie est consacrée à l’entretien des réseaux". Pour lui, plutôt que d’instaurer une nouvelle contribution, le gouvernement devrait mieux gérer ses recettes existantes.
 


"S’il y a une taxation nouvelle, nous ne ferons plus de résultats, voire nous perdrons de l’argent et si nous perdons de l’argent, nous dégraderons l’emploi, nous dégraderons le matériel roulant, et in fine, l’entreprise disparaîtra, c’est mécanique." François Baudoin, président de la FNTR-Bretagne.


Vers un prochain blocage ?


Cette opposition des Bretons à l’instauration d’une taxe sur les transporteurs n’est pas nouvelle. En 2013, le mouvement des Bonnets rouges en Bretagne avait érigé en symbole la lutte contre l’écotaxe. Frédéric Duval, délégué général Medef Bretagne, rappelle que la taxation des poids-lourds pénaliserait encore plus la Bretagne, région en "périphérie" éloignée des grands centres de consommation français et européens. Instaurer une écotaxe, ce serait "dégrader la compétitivité bretonne".
 


La FNTR se réunit en congrès à Paris le 10 octobre prochain où elle ne manquera pas l’occasion de faire entendre. Et elle a déjà annoncé la couleur : en cas de création de cette taxe, les blocages seraient de retour.

 

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